PRATIQUES


Module de formation sur la petite enfance
En préambule, quelques définitions "psy"

 

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En préalable, quelques définitions "psy" (màj 2011):

Psychologie, psychiatrie, psychanalyse, psychothérapie : 4 termes, qui correspondent à 4 métiers différents et spécifiques, et maintenant un 5e terme: psychopraticien.

Psychologie:

La psychologie est l'étude de l'esprit (du grec "psyché", esprit, âme, et "logos" discours raisonné sur). Différentes approches étudient l'esprit et le comportement humain sous des angles différents:
- le comportement et sa genèse,
- les processus de la pensée,
- les émotions et le caractère
- la personnalité
- les relations humaines, etc.

Les différentes branches de la psychologie se distinguent soit par la méthode utilisée (clinique ou expérimentale), soit par l'activité humaine considérée (travail, mémoire, perception, apprentissage, soin, comportement en groupe, etc.), soit par grand domaine d'investigation (psychologie cognitive, psychopathologie, psychologie sociale, psychologie de l'enfant et du développement, psychophysiologie, psychologie animale).
Les psychologues ont une formation universitaire (bac + 5 en France, post-graduate aux US...).

Psychothérapie
la psychothérapie est le traitement des problèmes et souffrances psychiques comme la dépression, le trouble panique, l’anxiété, les troubles de l’alimentation, isolement, stress, chômage, conflits conjugaux ... (Du grec, Psyché = esprit, âme, thérapie = traitement).

En France le titre de « psychothérapeute » ayant été pour une large part vidé de son contenu fondamental par la loi d’août 2009 et le décret de mai 2010, l’ensemble des syndicats et fédérations représentatifs de la profession en France (FF2P, AFFOP, SNPPsy, Psy’G, Psy en Mouvement) se sont entendus sur un nouveau titre : « psychopraticien » – éventuellement assorti d’un qualificatif : « certifié » ou « relationnel ». Ce titre a été déposé à l’INPI par les diverses organisations professionnelles représentatives, dès octobre 2009.

Ce titre protégé de « psychopraticien » garantit une formation complète en psychothérapie – conforme aux normes européennes – incluant les six éléments suivants :
- une psychothérapie personnelle approfondie ;
- une formation théorique, méthodologique et pratique à une méthode reconnue[1] ;
- une formation en psychopathologie clinique ;
- une supervision permanente tout au long de la pratique professionnelle ;
- un engagement à se conformer à la charte déontologique de la profession ;
- une accréditation par une commission  nationale de pairs.
En France, les psychopraticiens certifiés ou relationnels figurent sur les annuaires des fédérations ou syndicats ci-dessus.
Les Pages jaunes (en France) n’ont pas accepté, à ce jour, cette nouvelle dénomination, mais ont ouvert une rubrique : « Psychothérapie  (pratiques hors du cadre réglementé) ».
(Sources : Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse, lettre d'information n° 79, juillet 2011)

[1] Psychanalyse, TCC, thérapie familiale ou de couple, approches humanistesGestalt-thérapie, Analyse Transactionnelle, Approche centrée sur la personne, PNL-thérapie humaniste, analyse psycho-organique, hypnose ericksonnienne, psychothérapie de la motivation, psychosynthèse, sophia-analyse, somatothérapie, végétothérapie caractéro-analytique, approches psychocorporelles, approches transpersonnelles, approches intégratives.(Sources : Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse, lettre d'information n° 79, juillet 2011)

En France, "Le nouveau titre légal de « psychothérapeute », défini par la loi d’août 2009 et le décret de mai 2010, implique une formation en psychopathologie clinique, ainsi qu’un stage en service spécialisé, mais il ne prévoit pas l‘obligation d’une psychothérapie personnelle, ni la formation à une méthode explicite de psychothérapie, ni une supervision continue. Ainsi, il ne présente pas l’ensemble des garanties traditionnelles exigées des praticiens".(Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse, lettre d'information n° 79, juillet 2011)

En Europe, le Certificat Européen de Psychothérapie est délivré par l'Association Européenne de Psychothérapie sous les conditions suivantes:
- avoir effectué une formation adéquate (3200 heures: "la formation est considérée comme intégrale, si elle comporte les quatre composantes suivantes : expérience sur soi (analyse ou thérapie personnelle, etc.), la théorie (connaissances), le travail avec des patients ou clients (pratique) et contrôle (supervision))
- avoir fait une psychothérapie personnelle (250 heures minimum soit +/- 6 années)
- être supervisé tout au long de la pratique.

La psychanalyse est une discipline fondée par Sigmund Freud qui propose un modèle théorique du psychisme impliquant l'inconscient, ainsi qu'une méthode d'investigation de ce dernier.
Freud précise que si la psychanalyse est "une méthode de traitement des désordres névrotiques", son but ultime n'est pas de guérir en abrasant le symptôme, mais d'aboutir à «la récupération de ses facultés d'agir et de jouir de l'existence». Dès lors, il n'est pas possible de comparer la psychanalyse à une psychothérapie, ni le psychanalysant à un malade, même si l'expérience d'une psychanalyse produit des effets qui pourraient être considérés, du point de vue social, comme thérapeutiques.
(Les psychanalystes sont formés dans des Sociétés de psychanalyse privées; ils ont effectués une psychanalyse personnelle et leur pratique est supervisée).

Psychiatrie: Définition ; Spécialité médicale concernant les maladies mentales

La psychiatrie est la médecine des maladies mentales, quelles que soient leurs causes, psychiques, neurologiques ou psychosociologiques. Le psychiatre n’est pas psychanalyste ou psychothérapeute (sauf s’il a une formation complémentaire), mais en France, la loi d’août 2009 et le décret de mai 2010 lui donne accès au titre de psychothérapeute même sans formation à la pratique de la psychothérapie.
Son diplôme de médecin lui permet de prescrire des médicaments ou de décider d'une hospitalisation psychiatrique.

 

Ces métiers différents (psychiatre, psychologues, psychopraticiens et psychanalystes) sont complémentaires.


Courant des psychothérapies humanistes:

Les psychothérapies humanistes sont nées aux U.S.A. à partir des années 50, sous l'impulsion d'Abraham Maslow, Carl Rogers et plusieurs autres. Elles sont au carrefour de nombreuses influences et courants de pensée et sont donc intégratives par nature. En particulier, elles sont fortement influencées par les existentialistes allemands et français : Husserl, Heidegger, Buber, Sartre, Merleau- Ponty... Il s'agit de remettre l'homme au centre de la psychologie, devenue de plus en plus scientifique, froide et déshumanisée, afin de créer une 3e force, se démarquant des deux courants de la psychanalyse et du comportementalisme. La psychothérapie humaniste n'a pas de définition restrictive, il s'agit d'une orientation, d'un courant de pensée qui demeure ouvert:

Ainsi, la liste des méthodes humanistes varie parfois d'un auteur à l'autre. Les plus connues et les plus employées sont :

la Gestalt-thérapie (Fritz Perls) , l'Analyse Transactionnelle ( Eric Berne), L'approche centrée sur la personne, la PNL (Richard Bandler et John Grinder), le psychodrame (Moreno), la psychosynthèse (Roberto Assagioli) - l'hypnose ericksonienne (Milton Erickson) et certaines approches psychocorporelles (A.Lowen, S.Grof...).


Gestalt-thérapie (Sources : Société Française de Gestalt)

La Gestalt-thérapie a été conçue par Frederick Perls (1893-1970), neuro-psychiatre et psychanalyste allemand, et Laura Perls (1905-1990), docteur en psychologie (Gestalt-psychologie) et psychanalyste allemande, dans le livre "Le Moi, la Faim, l'Agressivité" publié en 1942 à Durnand (Afrique du Sud) et contenant les prémices de la Gestalt-thérapie. Celle-ci naquit vraiment en 1951 avec la parution à New York de "Gestalt Therapy" (Traduction française, Tomes 1 et 2, Montréal, Stanké, 1979 - 2e traduction française, Tome 2, édition L'Exprimerie, 2000), le livre fondateur contenant les concepts essentiels de la Gestalt-thérapie. Cet ouvrage princeps fut écrit avec Paul Goodman (1911-1972), philosophe et écrivain de la mouvance anarchiste nord-américaine, qui fut également l'un des penseurs de la Gestalt-thérapie.

C'est aux États-Unis, dans le bouillonnement de création de nouveaux courants psychanalytiques et de nouvelles psychothérapies que la Gestalt-thérapie se développa dès 1952, à partir de la création d'Instituts de formation. Après avoir eu quelques difficultés à prendre son essor, elle fut rendue célèbre avec son créateur Frederick Perls, par le courant de la contre-culture nord-américaine, dans les années 70.

Dans l'élan des années 70, la Gestalt-thérapie a traversé l'Atlantique pour arriver en Europe. En France, elle s'est développée au début des années 80 avec la création de plusieurs écoles et instituts de formation.

Aujourd'hui, la Gestalt-thérapie est pratiquée sur tous les continents.

Quelques caractéristiques théoriques

La théorie de la Gestalt-thérapie (de l'allemand gestalten « mettre en forme ») s’appuie sur une conception de l'être humain en tant qu'organisme en contact avec l'Autre et avec son environnement, et vivant une expérience indissociable de son contexte (théorie du champ).

Dans une situation donnée, l'être humain est considéré dans toutes ses dimensions indissociables (biologiques, corporelles, sensorielles, mentales, spirituelles, affectives, relationnelles et sociales), un tout unifié différent de la somme de ses parties en contact permanent et fluctuant avec son environnement.

Dans l'approche gestaltiste, l'être humain est une personne ayant une responsabilité dans la construction de sa vie et non un être prédéterminé par ses expériences passées. La gestalt-thérapie a privilégié le concept de responsabilité (l'Homme responsable développé par l'existentialisme) délaissant la primauté de la culpabilité de la psychanalyse freudienne.
L'agressivité est placée du côté de l'élan vital, comme force qui permet d'aller vers l'autre, à sa rencontre, à la découverte de l'environnement ; dans son fondement, c'est une force de vie et non une force de destruction, de mort.

La santé se définit comme la capacité d'une personne à s'ajuster de manière fluide et créative aux autres et à l'environnement avec lesquels elle entre en contact.
La pathologie n'est pas considérée comme perturbation de la personne par excès ou insuffisance, en rapport à une normalité présupposée. Elle est une perte pour la personne, de sa capacité à choisir ses interactions et d'organiser ses expériences de contact.

L'intention de la Gestalt-thérapie, est d'accompagner la personne ("thérapisant"), être unique et différencié, à construire sa vie dont elle se sent responsable quant à ses choix, à se vivre comme créatrice de son existence, être autonome. Non-conformiste par essence et de part ses inventeurs, son intention n'est pas la "correction" de la personne dans la perspective d'une adaptation à une normalité sociale. En ce sens, la gestalt-thérapie s'inscrit dans la continuité de la maïeutique socratique.

La focalisation sur le processus de la personne en train de contacter son environnement, ici et maintenant, est l’innovation de la Gestalt-thérapie ; cette caractéristique fait que le gestalt-thérapeute est plus centré sur la prise de conscience du "comment" des situations que sur le savoir "pourquoi", du comment de la présence corporelle, émotionnelle et cognitive. L’attention, au cours des séances de travail, sera ainsi plus portée sur le processus que sur le contenu. Elle se démarque ainsi de toutes les autres thérapies et psychanalyses qui se centrent avant tout et essentiellement sur le sujet et son organisation psychique.

L’ici et maintenant constitue le support privilégié du travail thérapeutique. Le Gestalt-thérapeute est attentif à l’expérience de contact de la personne, dans les dimensions corporelles, affectives, sensitives, mentales et à ses besoins, désirs, fantasmes, ressentis, émotions. Cette expérience de contact contient simultanément la présence du passé (souvenirs, expériences antérieures positives ou négatives, …) et du futur (anticipations, projets, …). Cette attention, portée sur l’ici et maintenant et le comment, permet d’éclairer le sens de nos comportements, de comprendre leur construction, leur histoire et ainsi de réinterroger les fondements profonds de l’être. Le travail thérapeutique consiste aussi à insérer de la nouveauté porteuse de changement et de remaniement en profondeur de l’être.

Le Gestalt-thérapeute est présent: il est un participant-observateur-commentateur actif du processus se déroulant dans la dynamique de la relation thérapeutique ; dans le processus, le Gestalt-thérapeute est un intervenant engagé et attentif. Il travaille avec son éprouvé et fait part de sa propre expérience dans le contact avec le thérapisant dans l’intention de favoriser des prises de conscience et d'une amorce de changement.

Le Gestalt-thérapeute travaille avec le thérapisant à la restauration de ses capacités à mobiliser ses ressources afin de créer de la nouveauté dans sa manière d'organiser son expérience de contact avec les autres et son environnement ; lui donner les moyens d'accroître ses possibilités de choix (et de renoncements...) dans sa manière d'interagir dans des situations présentes connues ou inconnues, permettant ainsi la continuité du développement qui a pu être entravé par des interactions répétées ou inadaptées.

La recherche du sens est le résultat d'une co-construction du sens de l'expérience par le dialogue entre le Gestalt-thérapeute et le thérapisant.

Pour permettre la prise de conscience, dans l'ici et maintenant du travail thérapeutique, des perturbations dans le cycle de l'expérience d'une personne (manifestation des contacts insatisfaisants, répétition de scénarios souffrants, inhibition, peur…), le Gestalt-thérapeute peut utiliser, en plus du mode d'intervention verbale, différents supports "techniques" et des mises en actes qui peuvent favoriser des prises de conscience globales et fulgurantes ("Insight" – W. Kölher, Gestalt-théorie).

sources : Société Française de Gestalt

Pour aller plus loin :

La Gestalt-thérapie
, Jean-Marie Robine, 61 pages. Editeur : Bernet-Danilo (1999) Collection : Essentialis, 6 € - Le plus synthétique.

Manuel de Gestalt-thérapie
Fritz PERLS , Paris, ESF, 2005. (titre original: The Gestalt Approach) par le fondateur de la Gestalt-thérapie

Découvrir la Gestalt-thérapie Martine Périou InterEditions, Paris, 2008. 176 pages, 11,90 € - Clair et accessible, illustré de cas cliniques, ce livre développe l’histoire de la Gestalt, ses principaux concepts et sa pratique.

Comprendre et pratiquer la Gestalt-thérapie
Chantal Masquelier-Savatier InterEditions, Paris, 2008. 260 pages, 26 €
Cet ouvrage constitue un manuel théorique et pratique d'une des thérapies les plus utilisées en France, la gestalt-thérapie. Ce livre explicite les principes fondateurs de la Gestalt-thérapie et recense les différents courants actuels. Sa lecture permettra aux professionnels de la relation d'aide, aux psychothérapeutes et au grand public intéressé, d’en percevoir le caractère novateur.
Chantal Masquelier-Savatier est Psychologue clinicienne, gestalt-thérapeute formée à l'Ecole parisienne de Gestalt-thérapie et à l'Institut français de gestalt-thérapie, superviseur en Gestalt-thérapie, rédactrice de la , didacticienne et superviseur.

La Gestalt Aujourd'hui Gonzague Masquelier Retz, Paris,1999, 3e édition 2008 143 pages, 20 € - Un ouvrage écrit pour un large public, avec une vision claire et accessible de la Gestalt. Cinquante années d’histoire de la Gestalt, les principaux concepts illustrés par des cas cliniques ; regards sur la Gestalt en entreprise.
La Gestalt comme art du contact,
(Gonzague Masquelier) dans Guide des méthodes et Pratiques en formation, Ed. Retz
Une description claire et synthétique de la Gestalt et de ses utilisations possibles dans les entreprises et organisations.http://www.gestalt.asso.fr/documents/Article_GTentreprise.pdf

La Gestalt, une thérapie du contact Serge et Anne Ginger - Hommes et Groupes Éditeurs, Paris, 1987. 8e édition 2006, 550 pages, 33 €
Ouvrage de référence sur la Gestalt, traduit en six langues. Un livre théorique et pratique, illustré de témoignages et d’exemples cliniques, assorti d’annexes techniques (index, tableaux, glossaire, bibliographie).

Revue Gestalt publiée par la SFG


Analyse transactionnelle: (Sources : Institut Français d'Analyse Transactionnelle. http://www.ifat.net/ )

Définition selon l'Association Internationale d'Analyse Transactionnelle (ITAA) "L'Analyse Transactionnelle est une théorie de la personnalité et une psychothérapie systématique en vue d'une croissance personnelle et d'un changement personnel."

Dans les années 50, Eric Berne (1910 - 1970), médecin psychiatre, élabore un modèle du fonctionnement psychologique et interpersonnel pour réduire la durée de la psychothérapie et la rendre accessible à tous, y compris aux personnes économiquement défavorisées.

Ses travaux sont marqués d'un double mouvement : l'un s'inscrivant dans la filiation de la pensée freudienne, l'autre s'en démarquant. Berne, médecin, a pour objectif la guérison rapide des patients. C'est dans cette perspective qu'il base ses recherches sur l’observation et vise à rendre le traitement plus opérationnel. Sur le plan intra-psychique, il met l'accent sur la responsabilité de la personne dans la mise en place de son histoire de vie et dans sa capacité à changer.

Principaux concepts

Le concept des « ETATS DU MOI »

L'A.T. propose un modèle de la personnalité qui est une extension de la fonction du moi : selon Eric Berne, «un état du moi est un système cohérent de pensées et de sentiments mis en évidence par un type de comportement correspondant». L'ensemble de ces états du moi constitue la personnalité de l'individu : ce sont le Parent, l'Adulte et l'Enfant (qui s'écrivent avec une majuscule).

L'état du moi Enfant d'une personne représente la vie telle qu'elle l'a vécue à une étape de son développement : il est activé lorsque la personne pense, sent et agit comme elle le faisait quand elle était enfant.

L'état du moi Parent d'une personne représente la vie telle qu'on l'a lui a enseignée. Il est activé lorsque la personne pense, sent et agit comme le faisaient ses parents ou ses figures parentales influentes.

L'état du moi Adulte représente la vie telle que la personne l'a expérimentée à une étape de sa vie en termes de pensées, de sentiments et de comportements avec les conclusions logiques qu'elle en a tirées. Il se manifeste chaque fois que la personne pense, sent et agit de manière cohérente avec la situation du moment.

Le concept des « TRANSACTIONS »

On appelle transaction un échange entre deux états du moi, constitué d'un stimulus et d'une réponse à ce stimulus. L'analyse des transactions permet de comprendre comment nous communiquons, de repérer et de traiter les dysfonctionnements dans la communication.

Le concept de « BESOIN DE RECONNAISSANCE ET DE STRUCTURE »

S'appuyant sur les travaux du médecin analyste René Spitz, Eric Berne a mis en évidence trois besoins essentiels à tout être humain : les besoins de stimulation, de reconnaissance dans la relation à l'autre et de structure. Ces besoins doivent être satisfaits pour qu'une personne se maintienne dans un état d'équilibre physiologique et psychologique sain. Au cours d'un traitement, la prise de conscience d'un manque dans la gestion de ces besoins peut aider le client à changer et à envisager de nouvelles options allant dans le sens de sa santé et de sa guérison.

Le concept de « POSITION DE VIE »

Pour Berne, la position de vie est la manière fondamentale et constante à partir de laquelle une personne se situe face à elle-même et face aux autres. La position de vie est déterminée dans l'enfance à partir du sens que l'enfant donne à ses expériences et aux conclusions qu'il en tire sur sa propre valeur et sur celle des autres et du monde. Ce concept permet de comprendre la dynamique existentielle à partir de laquelle une personne a construit son identité et comment elle établit aujourd'hui des relations positives ou négatives de façon cohérente avec son histoire. La mise en évidence de la position de vie est un élément déterminant dans le traitement du scénario et l'orientation vers la guérison.

Le concept de « SENTIMENTS PARASITES ET DE RACKET »

Les quatre sentiments de base sont la joie, la tristesse, la colère, la peur. Le petit enfant apprend quelquefois à réprimer l'un de ces sentiments qui n'est pas accepté dans sa famiIle pour le remplacer par un autre sentiment qui est autorisé. Il utilise alors ce sentiment dit «parasite ou racket» pour obtenir les gratifications et signes de reconnaissance dont il a besoin. Plus tard, il pourra entretenir des relations confuses en continuant inconsciemment à utiliser ses «sentiments-parasites» dans la relation aux autres. En thérapie, la mise en évidence et l'analyse des "rackets" permet au client de prendre conscience du sentiment refoulé et de se le réapproprier.

Le concept de « SCENARIO DE VIE »

Beme définit le scénario comme «un plan de vie inconscient reposant sur des décisions prises dans l'enfance, renforcées par les parents, justifiées par les événements ultérieurs, aboutissant à une fin prévisible et choisie». Ce concept est fondamental pour saisir la dynamique intrapsychique et interpersonnelle. Il permet de comprendre que les gens prennent dans l'enfance des décisions pour survivre et répondre à leurs besoins immédiats d'amour, de sécurité et de protection, et que plus tard ils continuent inconsciemment à se conformer à ces décisions même si elles sont dommageables et les limitent dans leur croissance et leur épanouissement. La prise de conscience et le changement de ces décisions précoces constituent l'objectif central du traitement en A.T.

Le concept du « JEU PSYCHOLOGUE »

Berne décrit le Jeu psychologique comme la répétition d'une séquence du scénario que l'enfant a appris à jouer dans sa famille lorsqu'il n'a pas trouvé d'autre moyen que la manipulation pour satisfaire ses besoins de stimulation de reconnaissance et de structure. Devenu grand, il peut inconsciemment chercher à satisfaire ses besoins dans la relation avec les autres sur ce même mode de communication manipulatoire. Ce concept permet de mettre en évidence et d'analyser les dysfonctionnements dans la communication, et d'aider la personne à trouver une manière différente et saine de satisfaire ses besoins dans la relation.

Le concept « d'AUTONOMIE »

Depuis Eric Berne, le but du traitement en AT est orienté vers la guérison du scénario et l'autonomie. L'autonomie correspond à l'utilisation par la personne de ses capacités de conscience, de spontanéité et d'intimité. La personne autonome accepte la responsabilité de ce qu'elle vit, prend ses décisions en fonction de ses critères personnels et non plus pour s'adapter, vit ses sentiments authentiques et les exprime selon ses choix, perçoit l'autre et elle-même comme une personne qui a le droit d'exister et mérite d'être respectée.

Sources : Institut Français d'Analyse Transactionnelle. 22 rue Saint Augustin – 75002 PARIS Tél. : 01 47 70 22 62
http://www.ifat.net/

Pour aller plus loin :

Que dites-vous après avoir dit bonjour? Eric Berne, Ed. Tchou

Des jeux et des hommes Eric Berne, Stock, 1988


Découvrir l'analyse transactionnelle
Christine Chevalier, Martine Walter - InterEditions Mai 2008 - (11,90 EUR )

(Martine Walter a animé la journée sur l'AT lors de l'atelier social organisé en 2005 par Gaspard Schlumberger d'Inter Aide et Anne Carpentier pour le Réseau Pratiques)

Autres lectures en AT


Approche centrée sur la personne (sources http://www.afpacp.fr/)

La psychothérapie centrée sur la personne, fondée par Carl Rogers est

- UNE PHILOSOPHIE DE LA PERSONNE :
La Confiance dans la Personne. Il y a en elle "un courant inné qui l'entraîne vers la réalisation positive de ses propres possibilités" : c'est la "Tendance Actualisante", qui suit le tracé d'un "Processus Directionnel", propre à chaque personne.
Le Respect de la Personne. Celle-ci se doit d'être respectée, tant dans les forces subtiles de son processus de croissance, que dans ses convictions ou ses choix d'existence.

- UNE PRATIQUE THÉRAPEUTIQUE :
C'est "une relation structurée de façon précise, offrant au client un climat d'ouverture, de non-jugement et de compréhension, qui lui permet une profonde expérience de soi, le rendant capable de réaliser son potentiel".
C'est une psychothérapie expérientielle : la source de toute "connaissance de soi" est "l'expérience immédiate" de soi.
Le thérapeute ne traite pas une maladie, mais il rencontre une personne. Le client n'est pas identifié à une pathologie. Il est écouté et aidé sans passer par le prisme de la normalité.
C'est la relation entre le thérapeute et le client qui est considérée comme transformatrice. Le professionnalisme du thérapeute consiste à ne pas se protéger derrière un rôle de spécialiste ou d'expert du psychisme, mais d'être là "en tant que personne" Le savoir être requis par le thérapeute consiste en trois attitudes : l'Empathie, la Congruence (être vrai), le Regard Positif Inconditionnel (absence de jugement).

CARL ROGERS (1902-1987) est un psychologue américain, un psychothérapeute, un universitaire, un pédagogue, un chercheur, et l'auteur de nombreux livres. Il est le fondateur de l'Approche Centrée sur la Personne et de la Psychothérapie Centrée sur la Personne.
Son enseignement universitaire, dès 1940, a introduit des conceptions révolutionnaires dans le monde de la psychologie, marqué par les seuls courants existant alors - comportementalisme, expérimentalisme et psychanalyse.
Pratiquant, au début de sa carrière, la méthode analytique et puis expérimentant d'autres approches, il l'a progressivement abandonnée pour fonder sa propre méthode thérapeutique, validée par des centaines d'entretiens enregistrés qui en démontrent l'efficacité pour un processus de croissance.
Ses idées, d'abord contestées, furent ensuite reconnues comme singulièrement intéressantes et novatrices : en 1946-47, il fut nommé président de l'American Psychological Association, puis, en 1956, il fut titulaire d'une distinction de celle-ci pour l'intérêt de ses recherches dans le champ de la psychothérapie. Sa pensée imprègne une grande partie de la psychologie actuelle, en particulier le courant de la Psychologie Humaniste, puis devient le président de la nouvelle Association Humaniste.
Son livre le plus connu, On Becoming a Person (USA: 1961) fut édité en France en 1966, sous le titre: Le Développement de la Personne, et il est régulièrement réédité depuis lors chez Dunod. De son domaine d'origine, la Psychothérapie, l'APPROCHE CENTRÉE SUR LA PERSONNE s'est largement étendue à tous les domaines du champ social (pédagogie, travail social, organisations, relations interculturelles, etc.). A la veille de sa mort, Carl ROGERS fut officiellement pressenti pour être Prix Nobel de la Paix.

sources http://www.afpacp.fr/

Pour aller plus loin :

Le développement de la personne (On becoming a Person) Carl Rogers, (1961), Dunod, 2005, 270 p.
La relation d'aide et la psychothérapie Carl Rogers (1942), ESF éditeur, 2008, 235 p.


PNL (Programmation Neuro-Linguistique)

La PNL n’est pas une thérapie, c’est une méthodologie éducative. Seule la PtNL (Psychothérapie Neuro-Linguistique) elle, est une méthode de thérapie (formation en 6 années incluant une psychothérapie personnelle).

Fondée sur les travaux de John Grinder et de Richard Bandler, la PNL est issue de la pratique de trois thérapeutes: Milton Erickson (Fondateur de l’hypnose ericksonnienne), Fritz Perls (Fondateur de la Gestalt-thérapie), Virginia Satir (Fondatrice de la thérapie familiale). ainsi que d’autres professionnels. À partir de l'observations de ces trois thérapeutes, John Grinder et Richard Bandler créent des modèles d'excellence, partant du point de vue que ceux-ci peuvent être appris et enseignés pour que chacun puisse les reproduire de façon à obtenir les mêmes résultats. La modélisation fait naître la PNL. la PNL a également puisé dans de nombreux courrants, notamment l'empirisme, le constructivisme, la sémantique générale, l'idéalisme et le pragmatisme.

À partir de modélisations, des techniques et des procédures émergent. Elles permettent entre autres de communiquer avec son inconscient, de se défaire d’habitudes indésirables, de traiter un traumatisme, de gérer ses émotions, d’apprendre des nouveaux savoir-faire, de savoir poser les bonnes questions, de construire un projet professionnel...

Les postulats de la PNL

- La carte n'est pas le territoire

Chacun de nous a une carte mentale qui nous indique comment voyager sur le territoire de la vie. Cette carte n'est pas le territoire, elle est là seulement pour nous guider. Aucune carte du monde est plus "réelle" ou "vraie" que l'autre. En fait, la carte du monde la plus "sage" ou "compatissante" est celle qui met à disposition le plus de choix possible, plutôt que celle qui est la plus "précise" ou "réelle".

Ce n'est pas la réalité qui est limitée, mais les choix que nous percevons comme disponible à travers notre concept du monde. Notre représentation du monde détermine quelle sera notre expérience de la vie, comment nous percevons les choses et quelles sont les possibilités qui nous sont disponibles.

- Chaque personne possède ou peut acquérir les ressources dont elle a besoin

Chaque personne possède ou peut acquérir les ressources dont elle a besoin pour faire les changements qu'elle désire ou atteindre ses objectifs. Un changement est produit en activant la ressource appropriée dans un contexte particulier et en enrichissant sa carte du monde. Parmi nos ressources, l'une des plus fondamentales est la capacité d'apprendre, donc de progresser. S'il est possible pour une personne d'apprendre ou d'acquérir une capacité ou un comportement, toutes les personnes ont cette possibilité.

La mémoire et l'imagination utilisent les mêmes circuits mentaux. Ils ont potentiellement le même impact. Le talent d'un individu dépend du résultat des séquences et des combinaisons de son système sensoriel. Chaque personne ayant accès à son système sensoriel a donc accès à toutes les ressources nécessaires pour créer un changement.

- Le sens de la communication est donné par la réponse qu'elle produit

Le sens de la communication est donné par la réponse qu'elle produit, quelle que soit l'intention du communicateur. On évalue une communication par rapport au résultat qu'elle produit. Cela place la responsabilité sur celui qui exprime un message. C'est à lui de trouver un moyen de rendre son message compréhensible. S'il a été compris, il faut éviter d'en déduire qu'il a trouvé le moyen universel de se faire comprendre : les situations changent, le même comportement ou la même stratégie ne produira pas forcément le même résultat, même si l'interlocuteur est identique.

- Dans la communication, il n'y a pas d'échec, seulement du feed-back

Dans la communication, il n'y a que des objectifs, les erreurs n'existent pas. Ce que nous nommons erreur ou échec est une étape sur le chemin de l'apprentissage, donc de la réussite. Cela nous permet de repérer ce que nous ne savons pas. Sans ce feed-back, nous n'aurions peut-être jamais eu l'occasion de savoir ce que nous ne savions pas. Une erreur ou un échec équivaut donc à gagner une occasion d'apprendre.

Pour en savoir plus:

Bandler R., Grinder J. (1975) The Structure of Magic Tome 1- Science et Behavior Books, Inc, Palo Alto (CA)
Bandler R., Grinder J. (1976) The Structure of Magic Tome 2- Science et Behavior Books, Inc, Palo Alto (CA)

Cayrol A., de Saint Paul Josiane (2005) Derrière la magie, La Programmation Neuro-Linguistique (PNL) - InterEditions, Paris

Esser M. sous la dir. (2004) La Programmation Neuro-Linguistique en débat - L’Harmattan, Paris

Anne Carpentier, Appui technique aux programmes d'accompagnement social et psychosocial, Inter Aide - Responsable du réseau Pratiques