PRATIQUES - urbain - synthèse micro-finance 1

RENCONTRE SUR LA MICRO-FINANCE en INDE novembre 2001
Synthèse des discussions
Initiative Développement - Inter Aide - Entrepreneurs du Monde

1.Introduction
2. Les préoccupations et attentes actuelles des participants
3. Pour un développement durable, quelle stratégie de management choisir?
4. Approche groupe ou approche individuelle?
5. Services + (formation, accompagnement des familles, épargne, collecte à domicile....)
6. Accompagnement des familles (AF)
7. Comment mesurer la réussite d'un projet de microfinance?
8. Viabilité institutionnelle et les cadres réglementaires de la micro-finance
9. Quels indicateurs suivre pour gérer un projet?
10. La viabilité financière est-elle une fin en soi?
11. Mauvais payeurs
12. Formation des bénéficiaires
13. Formation des équipes locales
14. Transferts des responsabilités aux équipes locales
15. Échanges futurs
16. Conclusion

Compte-rendu rédigé par Anne Carpentier- Déc.2001
diffusion mail janvier 2002 - mise en ligne 7.2.2002


un emprunteur à Malwani, Malad (Bombay), programme de Navnirman
Retour au sommaire crédit
Retour au sommaire Urbain

Biblio
Annexe 1: fiches pratiques prévues pour le 31.03.2002 (!!)
Annexe 2: Liste des participants

Les fiches signalétiques des projets sont à la disposition des membres de Pratiques sur demande.

Introduction (26.11.01)

Cette rencontre a été organisée sur l'initiative de Franck Renaudin avec l'appui d'Isabelle Roche, Anne-Claire et François-Xavier Hay. Elle s'est faite sous l'égide de Pratiques, dont l'objectif est de favoriser les échanges pour contribuer à améliorer les actions terrain.


L'objectif général de cette rencontre était de permettre des échanges concrets entre opérateurs terrain ayant, a priori, une approche commune de la micro-finance.

Plus particulièrement, l'objectif de cette rencontre était :

  • de faire le point sur les objectifs de chaque programme et les différentes approches mises en œuvre,
  • de voir en quoi ces approches sont compatibles avec les objectifs annoncés, en analysant leurs forces et leurs faiblesses,
  • d'échanger sur les spécificités de chaque programme, sans occulter les difficultés rencontrées, et les solutions apportées
  • et à partir de là, de discuter de stratégies communes, que ce soit en matière de méthodologie et/ou d'échanges d'expériences.

Cette rencontre a eu lieu en Inde du 23 au 30 novembre 2001. Elle a réunit 22 personnes dont 12 responsables de programme crédit d'Initiative Développement, Entrepreneurs du Monde et Inter Aide, le directeur de Cefor (l'ONG partenaire malgache) et l'assistant béninois du programme de Cotonou. Les équipes de deux partenaires indiens, Navnirman et Annapurna, ont été rencontrées lors des visites sur le terrain.

Malwani (Malad, Bombay)

2. Les préoccupations et attentes actuelles des participants

Les attentes des participants concernaient les thèmes suivants :

  • le transfert d'un projet de l'ONG Nord à l'ONG Sud,
  • la viabilité et l'autonomisation des projets,
  • comment mesurer l'impact des projets,
  • quelle est la vocation et l'objectif de nos projets
  • quels services proposer pour atteindre nos objectifs ? ces services doivent-ils être intégrés ?
  • la gestion des mauvais payeurs, les indicateurs et outils de suivi.


Après une description de chaque projet (cf. fiches signalétiques remises en début de rencontre,
à la disposition des membres de Pratiques sur demande.), un tour de table permet de donner une réponse à la question : quelles sont les convictions (personnelles) qui motivent nos actions de micro-finance ?

La micro-finance est vue comme un moyen qui permet aux familles les plus pauvres de prendre en charge leur propre développement.

Pour Inter Aide, nous dit Franck, la micro-finance est un moyen parmi d'autres de toucher les plus pauvres, et présente l'avantage de créer une dynamique. C'est une locomotive à laquelle on peut raccrocher beaucoup de choses. Mais nous sommes est loin d'avoir atteint notre but, et il est possible de faire beaucoup plus pour toucher les plus pauvres.

A la lueur de ses expériences, Initiative Développement considère désormais que l'accès au crédit est un besoin élémentaire des hommes et des familles et que le micro-crédit permet de remettre les familles exclues dans une situation de choix.

Mardi 27 novembre 2001 matin: 3 ateliers de travail

3. Pour un développement durable, quelle stratégie de management choisir ?

Jocelyn Leclerc, Laurent Biot, Xavier Lesaffre, FX Hay, Valérie Dumans, Bruno Montariol .
Animation: Brigitte Marboeuf

L'atelier devait répondre en priorité aux questions suivantes : comment rendre un projet autonome? Quel management choisir?

L'atelier a commencé par définir les termes utilisés :

L'autonomie : c'est la capacité d'un groupe à fixer ses propres objectifs, à planifier lui-même son développement à court et moyen terme, et sa capacité à mobiliser les ressources et moyens à mettre en œuvre pour atteindre ses objectifs.
(L'autonomisation étant donc le processus menant à l'autonomie).

En terme de management, l'atelier considère que le contrôle d'une structure par ceux à qui elle est destinée permet de limiter les risques de dérives.

Les grandes " lignes de conduite " pour rendre un projet autonome ont été définies comme suit :

  • Intégrer dès l'étape exploratoire la volonté d'autonomie
  • Favoriser l'émergence d'un leader, d'une équipe, d'une structure, à travers des formations de tout ordre.
  • Favoriser la construction d'une identité de la structure (adhésion à des valeurs / maintien de l'objectif de base).
  • L'ONG Nord doit évoluer progressivement vers une position de conseil aux cadres et à l'équipe

L'atelier s'étant attaché avant tout à la définition des concepts et des grandes étapes à suivre, il a manqué de temps pour rentrer dans les détails concrets du type de management à mettre en place, comment transférer et suivre le transfert de responsabilité aux équipes locales? ... Quels sont les circuits de décision ?
Une partie de ces questions a été traitée lors de deux autres ateliers " Cadre réglementaire : avantages et inconvénients des différents statuts possibles " et " transfert des responsabilités aux équipes locales".

 

4.Approche groupe ou Approche individuelle ?

Maurille Couthon (rapporteur), Emmanuel Bor, Isabelle Roche, Franck Renaudin, Jérémy Hajdenberg, Gilles Baube
Animatrice: Anne Carpe

Prêts individuels, prêts individuels avec caution d'un groupe ou prêts collectifs ? Pourquoi un groupe ? Cet atelier tâchera de faire partager les expériences, d'en discuter les avantages et les inconvénients en se référant, si nécessaire, aux objectifs fixés par le projet. (FX Hay, extrait du "programme de la rencontre")

L'atelier est arrivé au consensus suivant : en milieu urbain, les prêts productifs individuels permettent de toucher les plus pauvres et d'adapter au mieux les autres services proposés.

Dans les zones urbaines où nous travaillons, l'exode rural est généralement récent. Il y a peu de lien social et de solidarité permettant de développer les prêts de groupe. (Le prêt individuel est une des principales spécificités de la "méthode Uplift" développée à Manille).

Toutefois, on reconnaît que le prêt de groupe, si la solidarité interne joue, peut permettre de toucher beaucoup de monde à un coût moindre.

Les projets continueront donc à privilégier les prêts individuels, mais ils pourront être couplés à des prêts de groupes, pour les emprunteurs menant le même type d'activité par exemple (cf. Bénin), tout en gardant une approche individualisée (de manière à ce que chacun des prêts individuels accordé à chacun des membres du groupe soit adapté aux besoins de l'emprunteur).

L'approche groupe est donc limitée à son minimum (caution solidaire + épargne commune). Avantage des groupes pour le projet = coûts moins élevés (une partie de la gestion du prêt étant déléguée au groupe) et meilleur taux de remboursement (du fait de la caution solidaire).
Avantage pour les emprunteurs : taux d'intérêt plus bas (puisque les coûts pour le projet sont moins élevés que dans le cas de prêts individuels).

L'inconvénient des groupes est qu'ils semblent avoir tendance à limiter la progression des emprunteurs.

____________________

note 1 : Les spécificités de la méthode Uplift développée à Manille sont :

  • Une très grande flexibilité pour pouvoir toucher les plus pauvres: aucune garantie, aucune épargne ou formation préalable ne sont exigées. C'est l'emprunteur qui choisit le montant du remboursement et de l'épargne. Il peut les modifier en cours de contrat, sans pénalités.
  • Une responsabilité individuelle et non collective. Les bénéficiaires ne sont pas solidaires du prêt de leurs voisins.
  • Une très grande proximité avec les bénéficiaires: le personnel est recruté autant que possible au sein des communautés appuyées par le projet. Les agences de crédit sont implantées au sein des quartiers d'intervention.
  • Un suivi informatisé pratiquement en temps réel: chaque paiement est saisi dans les 24 h. Les principaux indicateurs financiers sont ainsi réactualisés. La situation individuelle des bénéficiaires est reconnue en permanence.
  • Le prêt est un service parmi d'autres: d'autres activités susceptibles d'améliorer les conditions de vie des bénéficiaires sont également proposées.

5. Services " + " (formations, AF, Épargne, collecte à domicile...)

Sylvie Lewden, Jean-Luc Galbrun, Anne-Claire Hay, Samuela Andrianome, Audrey Vignau et Luc Roullet, Anne Carpentier

Nous avions d'abord prévu deux ateliers différents sur les services financiers d'une part et les services non-financiers d'autres part. Puis les deux ateliers ont été fondus en un seul recouvrant tous les services. Les participants à l'atelier ont finalement décidé de le recentrer sur la question suivante: quels sont les services primordiaux qui doivent être associés à l'épargne et au crédit pour permettre d'atteindre notre objectif (le développement des familles les plus pauvres)?


Les deux services primordiaux sont évidemment le prêt et l'épargne.

A la quasi unanimité, l'atelier pense que le micro-crédit doit être complété par une approche sociale. L'accompagnement des familles est considéré par l'atelier comme le service primordial pour permettre au crédit d'atteindre les plus pauvres.

Comment intégrer les services non-financiers au système de crédit ?

Les indicateurs financiers du projet doivent être accompagnés d'indicateurs du développement de la famille afin que les équipes locales gardent en tête l'objectif de développement des familles (et ne se limite pas aux objectifs financiers).
Ces indicateurs permettront également de mieux évaluer l'impact des services.

L'accompagnement est un travail dans lequel il faut se donner du temps : la durée de l'accompagnement ne doit pas dépendre de la durée du prêt. A l'inverse, le développement social ne doit pas limiter l'accès aux prêts successifs.

Les équipes d'accompagnement des familles et de crédit doivent être différentes et spécialisées parce que le crédit et l'accompagnement des familles sont deux métiers différents.

Les responsabilités de chacune des équipes (social / crédit) doivent être clairement définies.

Cependant, les équipes doivent aussi travailler ensemble, puisqu'elles travaillent au même objectif bien que de manière différente.

Est-ce au projet crédit de financer tout ou partie de ces services ?

Uplift prévoit à terme de financer une partie des services non-financiers sur le crédit. L'exemple de Navnirman montre que c'est possible.
Cependant deux calculs de l'autonomie financière doivent être faits : avec et sans les services non-financiers - et l'on peut continuer de financer les services non-financiers sur des subventions spécifiques tant que l'autonomie financière n'est pas atteinte.

La première partie de l'atelier ayant été consacrée à échanger sur les différents services proposés par les projets, nous avons manqué de temps pour :

  • définir les services primordiaux : qu'entend-on par accompagnement des familles ? Par formations ? Quels contenus pour quelles formations ?
  • comment mettre en œuvre ces services primordiaux (avec quel niveau d'intensité) ?
  • et répondre à une autre question qui se pose sur plusieurs projets : quels autres services proposer ? (prêts à l'habitat ? prêts scolaires ? assurance ? ….)
Pour les autres types de prêts, il faut se garder de surendetter les familles et promouvoir avant tout l'épargne et l'utilisation de cette l'épargne.

___________________

Note 2: deux services indiens retiennent l'intérêt: le "partners' networking" (Navnirman) qui met en rapport les emprunteurs (les producteurs et les revendeurs par exemple) et les "common interest groups" (Pune) : des emprunteurs peuvent par exemple se regrouper pour acheter leur stock en gros à un meilleur prix.

Mercredi 28 novembre 2001 MATIN : (9 h 30 - 11 h en plénière)

6. Accompagnement des familles (AF)


L'objectif de l'accompagnement des familles est de responsabiliser les familles les plus démunies et de les mobiliser sur des objectifs précis, de renforcer leur confiance en leurs propres capacités et de les encourager à faire appel aux services publics ou privés existants.
A travers la résolution de problèmes concrets de santé, d'éducation et d'accès à l'emploi, l'accompagnement familial vise à remobiliser les familles afin qu'elles s'impliquent dans une démarche de changement.

Après identification des familles à travers une enquête domiciliaire, l'essentiel de la méthode repose sur de fréquentes visites domiciliaires (hebdomadaires ou bi-hebdomadaires) pendant lesquelles l'animatrice établit une relation de confiance avec la famille.

L'accompagnement des familles est une tâche délicate et les animatrices doivent être solides, spécifiquement formées à ce travail d'écoute " responsabilisante ", et suivies régulièrement.

A Pune comme à Bombay, 85% des problèmes perçus par les familles sont résolus au bout de 4 mois. Les visites hebdomadaires sont stoppées et on ne fait plus que des visites mensuelles pour vérifier que les résultats se maintiennent : 6 mois après l'arrêt de l'accompagnement, 80% des familles ont maintenu ou amélioré leurs résultats.

L'objectif de l'accompagnement des familles est de dynamiser les familles, de leur donner confiance en elles pour qu'elles puissent devenir autonomes. Navnirman évalue le niveau d'autonomie de la famille ("sustainability") en mesurant :

  • la capacité de la famille à résoudre ses problèmes
  • sa capacité à faire des projets
  • sa capacité à aider les autres

En complément des visites domiciliaires, des actions spécifiques peuvent être organisées pour mobiliser les bénéficiaires dans un cadre élargi (clubs de mamans, clubs des pères, ateliers jeunes, ateliers d'éveil pour les tout-petits…). Des " permanence sociale ", (lieux d'accueil implantés au sein des quartiers, où les familles peuvent obtenir conseils, références, ou demander un accompagnement plus appuyé) ont également été ouvertes à Tana, Manille et Bombay.

Les liens entre l'accompagnement familial et le crédit :

Le programme crédit-épargne de Cotonou (PCE) a essayé de garder une approche sociale (formation de l'équipe crédit , formation sociale des emprunteurs… ). Mais de plus en plus, le suivi social se réduit à l'analyse de la situation initiale de la famille. Pour être pleinement efficace, le référencement à Racines pour l'accompagnement des familles devra être formalisé.
Le programme crédit épargne de Cotonou considère que le crédit est une clé d'entrée dans un quartier où les emprunteurs constituent en quelque sorte le " peloton de tête ". Le projet, qui a actuellement une approche minimaliste, est clairement en train de se poser la question de la place du social au sein du PCE. Pourtant, pour ID, le crédit est au cœur d'un travail social.

Les programmes de Pune et de Tana font le même constat : le lien entre le crédit et l'AF est difficile à mettre en place car ces deux actions ne s'adressent pas aux mêmes populations. L'AF touche les familles les plus pauvres des plus pauvres, qui ne sont pas éligibles (pas prêtes) pour un crédit. C'est une limite du projet AF que de ne pas pouvoir proposer de solutions aux problèmes économiques des familles. (A Bombay, l'équipe d'accompagnement des familles de Navnirman encourage les mères des familles à faire à domicile des petits travaux rémunérés pour augmenter leurs revenus, et les incite à épargner).

En revanche, Navnirman à Bombay et Uplift Manille à l'échelle d'une agence crédit ont chacun de manière différente réussi à faire un lien entre le crédit et l'accompagnement des familles:

à Manille, après deux tentatives de rapprochement AF / crédit qui ont échoué faute de préparation et de formation des équipes, un projet pilote reliant l'accompagnement des familles au projet Uplift a démarré en janvier 2001 en collaboration avec Cécile Bizouerne (psychologue, RP en appui à Lingap): 2 conseillères familiales, intégrées à l'agence de crédit de Road Ten, suivent les familles qui leurs sont référées par les collectrices (les conseillères ne s'occupent absolument pas du prêt).

Sur cette agence, les deux actions (Uplift et AF) fonctionnent en harmonie. Pour l'instant, ce projet ne touche que des familles bénéficiant déjà d'un crédit mais l'ambition initiale est de toucher aussi d'autres familles parmi les plus pauvres pour les amener progressivement au stade où elles peuvent avoir un prêt. Deux questions se posent maintenant: comment autonomiser ce projet AF et comment l'étendre?

Pour Navnirman, à travers la résolution de problèmes concrets, l'objectif de l'accompagnement des familles est de dynamiser les familles, de leur donner confiance en elles pour qu'elles puissent devenir autonomes. Dans ce sens là, l'accompagnement peut être vu comme le "tronc de l'arbre du développement" dont les branches sont les services proposés : crédit, éducation, référence vers les services publics.

A Navnirman, les liens entre les projets AF et crédit sont systématisés : la "family form", l'outil d'évaluation utilisé par toutes les équipes (AF, Crédit, éducation, TB), stimule les équipes à travailler sur tous les problèmes de la famille. Les coordinateurs de chaque volet se réunissent chaque semaine pour référer les familles d'un volet à un autre et suivre les référencements qui ont déjà été faits.

Environ 20% des familles accompagnées sont référées au projet de micro-finance . Il y a des cas où l'accompagnement des familles d'emprunteurs a permis d'améliorer leurs remboursements.

Il est important de former les équipes crédit à l'approche sociale et de former l'équipe sociale au fonctionnement du volet crédit et aux conditions d'octroi du prêt.
Par exemple, l'équipe AF de Navnirman travaille maintenant sur la préparation au prêt avec la famille avant de référer les familles au volet crédit (auparavant, elle référait trop vite au projet crédit des familles qui n'étaient pas prêtes). La clé est dans l'organisation des équipes, à travers des formations et des rencontres régulières.

Débat

Un débat suit ces 5 présentations : Florence a noté que Maurille présente le crédit comme une "clé d'entrée", comme le fer de lance tandis qu'Isabelle pense que l'accompagnement des familles est le "tronc du développement". Les directeurs d'ID, Philippe et Bruno ne sont pas certains qu'il faille commencer sur un quartier par le crédit ou par l'AF. Quelle est la position d'Uplift ?

Uplift Manille démarre par des actions de crédit mais avec dès le départ une volonté d'ajouter d'autres services (en commençant par la formation des emprunteurs).

Jean-Luc Galbrun pense pour sa part qu'en intégrant l'accompagnement des familles au sein d'un projet crédit, on risque de ne toucher que les familles des emprunteurs. Le référencement a un projet extérieur lui semble plus efficace, en tout cas pour le Bénin ; pour lui, les projets intégrant les deux services sont dans la schizophrénie.

Cependant Bidlisiw aux Philippines et Navnirman à Bombay donnent de bons exemples d'intégration des activités et Shridar pense que les projets d'accompagnement des familles peuvent être financés par le crédit avec au moins 4 ou 5 agences de crédit.

_____________________

note 3. Lingap fut une ONG philippines créée pour reprendre des projets sociaux initiés avec Inter Aide à Manille.
Bidlisiw est l'ONG philippines qui a repris les projets sociaux initiés avec Inter Aide à Cebu.

Projet AF Antananarivo : voir les fiches pratiques URBAIN-1.1.1 à URBAIN-1.1.6

Jeudi 29.11.01 am : 3 ateliers sur la viabilité d'un projet de micro-finance

7. Comment mesurer la réussite d'un projet de micro-finance ? (28.11.01)

L'objectif général de nos projets de micro-finance est le développement des familles. Tous nos projets cherchent donc à évaluer l'impact de leur action au niveau des familles.

La plupart des projets sont confrontés aux mêmes problèmes :

  • complexité de l'élaboration de l'outil d'évaluation
  • formation du staff,
  • temps,
  • complexité de mise en œuvre,
  • et complexité du traitement et de l'exploitation des données.
  • Une autre difficulté évoquée est d'obtenir une information vraie, en évitant les biais.
Un point commun se retrouve sur la plupart des projets: on ne peut pas se contenter de mesurer les aspects financiers ; l'aspect social doit être pris en compte.

Deux types d'outils permettent de mesurer l'impact d'un projet :

  • Les études d'impact donnent une vision à un moment t. Elles peuvent être intéressantes mais sont très chronophages. Uplift Manille vient de réaliser une étude pour mesurer l'impact du programme, voir si on touche les plus pauvres et tester les indicateurs (qui seront repris dans l'outil de mesure permanent). 600 personnes ont été interviewées. Pour concevoir cette étude d'impact Xavier Lesaffre s'est beaucoup inspiré du " Guidelines for Microfinance Impact Assessments " du CGAP( http://www.cgap.org/html/p_cg_working_group_papers.html et http://www.cgap.org/assets/images/Cgap3.pdf ).

    Les 600 enquêtes sont remplies et attendent d'être saisies… La leçon tirée de cette expérience est qu'il faut réfléchir à la base de données et anticiper sur la saisie au moment où on élabore le questionnaire!

    Ce type d'enquête est si chronophage qu'une question demeure : ne faudrait-il pas mieux externaliser tout ou partie de ce travail ?

  • Outils de suivi permanent : les projets de Pune, Manille et Bombay travaillent actuellement sur des outils de suivi / évaluation permanent (" family form ", " leveling form ")

5 indicateurs se retrouvent dans les outils présentés :

  • revenu et épargne
  • équipement et capital
  • santé & éducation
  • et " psycho-social " : la proposition de Navnirman de mesurer les capacités de la famille à faire des projets, à résoudre ses problèmes et à aider les autres semble judicieuse.

La "family form", qui permet de mesurer la progression des familles, doit permettre aussi d'adapter au mieux le montant du prêt successif (elle ne remplace pas pour autant la "business monitoring form"). Un outil de mesure d'impact permanent doit pouvoir capter l'utilisation du prêt. (A Manille, les prêts sont officiellement " productifs " mais on sait qu'au bout du 3ème ou 4ème prêt une partie est affectée à d'autres types de dépenses. Il faut vérifier alors que les revenus générés par le business augmentent toujours et permettront le remboursement, cf. note Jérémy Hajdenberg sur la politique de prêts successifs à Manille).

L'outil d'évaluation permanent doit également favoriser le référencement entre les projets.

Mesurer l'impact de notre action et l'impact des services proposés sur le développement des familles doit pouvoir nous aider à améliorer notre action, à mieux adapter nos services. Mesurer l'impact social sur les familles est également une source de motivation pour les équipes terrain.

8. Viabilité institutionnelle et les cadres réglementaires de la micro-finance
9. Quels indicateurs suivre pour gérer un projet ?
10. La viabilité financière est-elle une fin en soi?
11. Mauvais payeurs
12. Formation des bénéficiaires
13. Formation des équipes locales
14. Transferts des responsabilités aux équipes locales
15. Échanges futurs
16. Conclusion

Annexe 1: fiches pratiques à rédiger avant le 31.03.2002
Annexe 2: Liste des participants

Les fiches signalétiques des projets sont à la disposition des membres de Pratiques sur demande.

Anne Carpentier, responsable du Réseau PRATIQUES

Voir aussi la biblio Pratiques crédit, et la page de liens vers des sites traitant de microfinance.

Vous pouvez donner VOTRE AVIS, faire part de vos idées et suggestions, par mail ou sur le forum. Merci !

Retour au sommaire crédit
Retour au sommaire Urbain

AVIS IMPORTANT

Les fiches et récits d'expériences "Pratiques" sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de la "charte Inter Aide".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives et ne prétendent en aucun cas dire ce qu'il faudrait faire"; elles se contentent de présenter des expériences qui ont donné des résultats intéressants dans le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient, au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à la condition expresse que les informations qu'elles contiennent soient données intégralement y compris cet avis .