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Une fois les deux lignes en quinconce mises en place avec les pierres
de calage et le concassage, une deuxième rangée de pierres
peut être mise au-dessus pour donner du volume à la diguette
et bloquer les pierres les unes par rapport aux autres. Mais le plus souvent,
une seule ligne de pierres suffit.
Pierres de calage:
Les pierres de calage servent à bloquer les débris végétaux
tandis que le concassage empêche l'eau de creuser et de provoquer
l'effondrement de la diguette sur elle-même.
Les pierres de calage doivent être mises à plat, c'est la
condition de réussite de cette méthode.
Concassage:
Il doit être irrégulier de texture et a pour rôle
de filtrer l'eau des premières pluies et de la conserver une fois
colmaté (3ème à 4ème pluie). Il provoque le
nivellement de l'espace inter-diguette en quelques pluies.
Contreplantation d'arbustes:
Sur pente faible de 1 à 5%: en aval
Sur pente forte de 5 à 10% et plus: en amont.
Contreplantation tous les 50 cm en ligne, mettre une poignée de
fumier sec ou bon compost par trou, quand cela est possible.

- On ne peut pas faire plus simple,
- ne demande aucun instrument de mesure de niveau,
- demande trois fois moins de travail pour sa mise en place que d'autres
types de diguettes,
- simple de construction, ce type de diguette autorise le nivellement
du terrain en jouant sur les deux paramètres de base pour sa
mise en place (système des deux pentes: pente principale et pente
secondaire),
- demande peu de maintenance,
- selon les pentes de 1 à 10%, l'intervalle entre deux diguettes
est de 100 à 25 mètres,
- l'arbuste choisi pour la contreplantation peut être un arbuste
de rapport :
henné (lawsonia alba), bouturage facile
moringa oleifera: arbuste utile par ses feuilles et ses fruits,
gesho (rhamnus prinoides), base du tedd avec le miel,
leucaena SP, utile pour l'ombre, les graines sont mangées au
Mexique; cuire les graines une minute, laisser refroidir et drainer
l'eau pour les faire germer,
pois d'Angole (cajanus indica), vétiver (vetiveria zizanoides),
- le coût d'installation est environ 3 fois moindre que pour
les autres types de diguettes;
- peu de pierres suffisent et un homme seul peut les construire.

| 3. Limites et contraintes |
Olivier Michel, qui a succédé à Patrice Mérillet
sur le programme agricole de Mure de avril 96 à avril 98, confirme,
s'il le fallait, l'intérêt et l'efficacité de cette
méthode. Mais il relève quelques contraintes, dues pour
l'essentiel au contexte local.
- La diguette de pierre prend de la place et réduit ainsi la
surface cultivable d'environ 50 cm, ce qui est parfois difficile à
faire accepter aux paysans dans une zone comme le Wolayta où
la pression foncière est forte et la surface des champs très
réduite. Sur d'aussi petites surface, quand la culture est attelée,
les diguettes peuvent aussi poser problème en réduisant
l'espace pour tourner la charrue.
- Les diguettes doivent être construites après la récolte,
en saison sèche, uniquement quand la terre est nue (entre novembre
et février dans le Wolayta).
- Les paysans étant peu enclins à repasser une seconde
fois sur la diguette, il vaut mieux que la première structure
soit la plus complète possible (deux lignes de pierres + pierres
de calage) afin de s'assurer de son efficacité. Mais cela demande
plus de travail, pour un résultat qui ne sera confirmé
qu'après une première pluie.
- On ne peut être sûr du résultat de la diguette
qu'une fois qu'elle a été fixée par la pluie (une
fois la première couche de sédimentation posée)
ou que la contreplantation est fixée. Si l'eau passe encore,
il faudra rajouter des pierres de calage ou du concassage - ce qui constitue
une forme d'entretien.
- Les diguettes sont parfois des réservoirs de mauvaises herbes
(surtout quand elles sont contreplantées) et sont dans ce cas
mal acceptées par les paysans.
- Pour éviter au maximum l'excès d'eau, les diguettes
doivent être associées à d'autres techniques: drain
principal en cime de champ ou de versant, bande de fossés-talus.
- A l'évidence, cette technique n'est pas applicable dans les
zones où il n'y a pas de pierres. Dans ce cas, on peut faire
des lignes de vétiver, (qui ont l'avantage sur les diguettes
de prendre très peu de place et de pouvoir être plantées
en saison des pluies et implantées au milieu de culture) et des
bande de fossés talus (le fossé se remplit en une seule
saison des pluies et le vétiver planté sur le talus en
aval pousse au fur et à mesure du dépôt de sédiment).
Dans tous les cas, la contrainte majeure à respecter est la contrainte
du paysan. Si l'emplacement de la diguette ne lui convient pas, il la
détruira et ne la refera pas volontiers la saison suivante à
un mètre de distance...
________________________
Cette méthode est effectivement simple à réaliser
et donne des résultats spectaculaires en 1 seule saison des pluies
et même sans contreplatation d'arbustes (suffisamment de sol arable
est retenu en une seule saison des pluies, selon la hauteur de la diguette).
Mais malgré sa simplicité, les équipes avec lesquelles
nous travaillons dans le Wolayta ont du mal a déterminer l'emplacement
de la diguette dans un champ et à visualiser l'évolution
du terrain, et donc à maîtriser complètement la technique.
La fiche "Agro.2.1.2" présente
la méthode "Arengha 89" en 12 règles les plus
simples possibles. Ces 12 règles ont été conçues
pour l'équipe locale du projet Mure agri. Nous les reproduisons
intégralement car il nous a semblé qu'elles pouvaient être
utiles à d'autres équipes terrain, ou à des groupements
d'agriculteurs. Elles seront bientôt disponibles sur ce site, en
français et en anglais.
Biblio :
Vetiver Grass,
the hedge against erosion (Le Vétiver, la protection contre l'érosion)
World Bank 1ère édition, 1987, 4ème édition
déc. 2000, Richard G. Grimshaw
téléchargeable en français sur le site du Réseau
vétiver: http://www.vetiver.com/
www.vetiver.com/TVN_GreenFrench.pdf
(a été traduit en chinois, hindi, espagnol, gujarati, thaï,
et même en Chichewa (langue nationale du Malawi)...
Vetiver Grass for
soil and water conservation and embankment stabilisation, the World
Bank, Washington D.C., Richard G. Grimashaw
Vetiver Grass : a thin green line against erosion, National Academy
Press, Washington DC
Trees of Kenya, Tim Noad & Ann Birnie Publishers P.O.BOX 40034
Nairobi Kenya : livre, 1 US$ seulement, remplace avantageusement une bibliothèque
sur le sujet
Dictionary of economic plants, Uphof, Johannes C. Th. 1968. 2nd
ed., rev. and enlarged. Verlag Von J. Cramer, Germany. 591 p. : les 10000
principales plantes utilisées par l'homme.
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anglais)
Voir
aussi la biblio "pratique" Agro et
la page
de liens
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AVIS
IMPORTANT
Les
fiches et récits d'expériences " Pratiques
" sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges
d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de
la " charte
Inter Aide ".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives
et ne prétendent en aucun cas "dire ce qu'il faudrait
faire"; elles se contentent de présenter des expériences
qui ont donné des résultats intéressants dans
le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de " Pratiques " ne voient aucun inconvénient,
au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à
la condition expresse que les informations qu'elles contiennent
soient données intégralement y compris cet avis .
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* Patrice Mérillet a été
responsable du programme agricole à Mure en Ethiopie d'avril 93
à avril 96.

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