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PRATIQUES - eau et assainissement - 2. animation - Fiche E&A-2.1.1.
Richard Bonneville* 1. Animer, pourquoi ?
Si les animateurs comprennent aisément les raisons profondes qui sous-tendent la réalisation des ouvrages hydrauliques, améliorer durablement les conditions d'hygiène et de santé, nous nous sommes rendus compte que bien souvent, ils perdaient progressivement de vue le pourquoi de l'animation préalable : ils se concentrent peu à peu sur la participation volontaire et bénévole des bénéficiaires, cherchant ainsi à diminuer les coût de réalisation. Ce faisant, ils oublient la raison de cette participation bénévole et volontaire : l'appropriation du projet et de l'ouvrage par les bénéficiaires. C'est pour cette raison précise que nous avons décidé de rajouter ce préambule aux fiches qui suivent sur l'animation préalable en République Dominicaine. L'objectif fondamental des programmes hydrauliques est de permettre l'accès à une eau de qualité et en quantité suffisante dans le but d'améliorer durablement les conditions d'hygiène. Pour atteindre ces objectifs, le programme hydraulique de La Cabirma - sur l'expérience duquel reposent les trois fiches qui suivent - comme le programme de Bayaguana, mettent en uvre deux types de moyens : - d'une part, pour permettre l'accès à une eau de qualité
et en quantité suffisante, le programme encadre la réalisation
de puits (creusés à la main, busés en descendant
et équipés de pompes manuelles) ou de captages de sources
(avec petites adductions, citernes, fontaines...)
Organiser la communauté pour obtenir la participation volontaire des bénéficiaires n'est pas un but, c'est un moyen : parce qu'elle permet l'appropriation de l'ouvrage (et donc son entretien) par les membres de la communauté, la participation volontaire des bénéficiaires favorise l'amélioration durable des conditions d'hygiène et de santé. Cette participation volontaire est souvent l'unique moyen que les communautés ont à leur disposition pour démontrer l'intérêt qu'elles portent à l'aboutissement de ce projet. (Des communautés plus riches pourraient payer les services d'une entreprise privée de construction. De même, un programme qui ne viserait que la construction d'infrastructures pourrait rémunérer la main-d'uvre non-spécialisée et acheter les matériaux locaux - mais n'investirait pas dans le salaire d'animateurs). La participation volontaire des villageois (les futurs utilisateurs)
est coûteuse en temps et en effort (en République Dominicaine,
de nombreuses personnes " sacrifient " une ou plusieurs journées
de travail rémunérées chez les " terratenientes
", les grands propriétaires, pour assurer leur participation
au chantier communautaire). L'appropriation de l'ouvrage par la communauté, le sentiment de propriété (" nous l'avons fait nous-mêmes de nos mains et en partie avec notre argent "), le sentiment de satisfaction à l'idée d'avoir réussi collectivement une " uvre " aussi importante sont autant d'atouts qui transforment l'appréciation de chacun pour l'ouvrage : chacun, en connaissant la valeur, cherchera à en faire durer l'usage. Dans cet état d'esprit, les usagers seront a priori prêts à s'organiser pour assurer l'entretien de l'ouvrage.
Par animation, on entend ordinairement l'ensemble des activités
d'ordre " social " qui sont le pendant à la construction
de l'ouvrage. Ces activités d'animation se déroulent avant,
pendant, et après le chantier. (Les fiches qui suivent traitent
essentiellement de l'animation préalable, qui englobe la période
allant de la demande initiale de la communauté jusqu'à l'inauguration
du puits. D'autres fiches ou récits d'expériences sur l'animation
post-réalisation peuvent venir enrichir cet échange). On comprend aisément qu'un projet qui ne serait en fait initié que par quelques leaders non représentatifs, apparaisse comme imposé aux autres membres de la communauté. La " participation volontaire " serait en fait forcée : cela ralentirait ou désorganiserait le chantier, mais surtout, cela mettrait en péril l'entretien futur de l'ouvrage.
Ce comité devient l'interlocuteur privilégié du programme (d'où l'importance de sa représentativité); il est chargé de transmettre les informations aux uns et aux autres, d'organiser la participation bénévole au chantier et de s'assurer de la volonté réelle de chacun des futurs utilisateurs de participer à ce projet de construction : cela se fait notamment par le biais d'une cotisation (en général un droit d'entrée et une cotisation mensuelle). Le comité s'engage avec le programme par contrat et au nom de la communauté pour la réalisation du projet défini.
Le programme hydraulique (aujourd'hui mené par Nicolas Acosta) propose un appui technique aux communautés qui souhaitent améliorer les conditions de santé par la construction d'ouvrages hydrauliques et de latrines. Le programme de prêts octroie des prêts productifs aux micro-entrepreneurs à Cotui, et en milieu rural dans la région de La Cabirma. Le volet social s'appuie sur la création de comités santé avec les femmes des " Bateyes " (baraquements construits initialement pour loger les travailleurs saisonniers venus couper la canne à sucre dans les grandes propriétés ; certains de ces personnes venues comme travailleurs saisonniers s'y sont aujourd'hui sédentarisés, dans des conditions souvent très précaires). Le Centre de Formation a été créé en 92 pour appuyer les actions communautaires locales, en offrant des formations dans les domaines hydraulique, de l'élevage et de la micro-entreprise (formations de base en technique hydraulique ; formation à l'entretien des ouvrages ; formation des membres des comités eau ; formation pour les éleveurs de porcs ; formation pour les micro-entrepreneurs en gestion de stock, comptabilité...). Les stagiaires du Centre de Formation sont les bénéficiaires des programmes d'Inter Aide mais aussi d'autres communautés de la zone et d'autres associations et organisations. En
savoir plus : d'autres idées et outils intéressants
sont détaillés dans le manuel " Outils et techniques
pédagogiques pour une formation participative " 1994 (58
p.) de Vétérinaires Sans Frontières. (copie disponible
au relais IA à Port-au-Prince ; ou à commander auprès
de VSF, Des jeux d'animation
très amusants ("je coopère, je m'amuse" et "jeux
coopératifs pour bâtir la paix" tome 2) peuvent être
commandés en français à l'adresse suivante: en espagnol Técnicas
participativas para la educación popular, Vargas, Laura; Bustillos,
Graciela, 1995 - 1999 - "Amazi"
Fiche de l'animateur, Inades Rwanda (71 pages) : la partie animation
et très intéressante très "pratiques" (D.du
Portal, CdS Madagascar rural) photocopiable
* Richard Bonneville a été chargé de la supervision des programmes dominicains de 1990 à fin 99. Il a ouvert le premier programme hydraulique en République Dominicaine en 88. Il a ensuite supervisé les programmes hydrauliques d'Haïti, puis les programmes de la région Marigot (jusqu'à avril 99). Vous pouvez donner VOTRE AVIS, faire part de vos idées et suggestions, par mail ou sur le forum. Merci ! Retour au
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