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PRATIQUES
- eau et assainissement - 1. techniques- Fiche E&A - 1.2.1
Richard Bonneville *
Février 98
1. La compression
2. La traction
3. La flexion
4. Le béton
5. Le béton armé - la position des fers dans
le béton
6. Les applications dans les chantiers hydrauliques
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Voir aussi la fiche de Benoît Michaux "les
fissures dans les bâtiments", 2001.
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sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges
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Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives
et ne prétendent en aucun cas "dire ce qu'il faudrait
faire"; elles se contentent de présenter des expériences
qui ont donné des résultats intéressants dans
le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient,
au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à
la condition expresse que les informations qu'elles contiennent
soient données intégralement y compris cet avis .
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Il s'agit ici,
non pas d'un exposé technique, mais simplement d'une rapide description
des principaux matériaux de construction: la pierre (de construction),
le bois et le fer. Nous verrons quels types d'efforts ils subissent et
comment ils réagissent aux efforts simples de compression ou de
traction et aux efforts composés de flexion ou de flambement. Enfin
on analysera les réactions du béton à ces efforts.
Les matériaux de construction subissent en tout premier lieu
les effets du poids qu'ils supportent... et en particulier de leur propre
poids. Ils réagissent dans la mesure où le sol offre une
force de réaction (les matériaux ne s'enfoncent pas...).
Selon leur nature ils réagissent différemment à ces
deux forces opposées et exercées verticalement.
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Le poids tend à écraser les matériaux, à
les compresser. La qualité première des matériaux
de construction est donc de résister à cette pression
sans se déformer.
Sur la figure du haut, la résistance au poids (P) provoquée
par la réaction du sol aux contraintes exercées (R)
provoque dans le corps de la colonne des efforts de compression.
La colonne résiste à la pression tant que les éléments
qui la composent restent compacts.
Sur la figure du bas, dès que le poids fait perdre à
la matière sa cohésion, en écartant les fibres
d'une colonne de bois par exemple, la résistance maximum
est dépassée. C'est aussi l'image de la pièce
de métal prise entre le marteau et l'enclume qui s'épate
un peu plus à chaque coup. La résistance de la colonne
se mesure par sa capacité à supporter une charge sans
se déformer.
Selon le type des matériaux qui composent la colonne et
à dimensions égales (hauteur et diamètre),
la résistance varie : une colonne de pierre supportera une
charge plus grande qu'une colonne de bois et moins grande qu'une
colonne de fer.
Chaque matériau possède donc un degré de résistance
à la compression qui lui est propre. On peut les classer
par ordre décroissant : le fer, la pierre, le bois.
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La résistance à la traction, c'est la capacité
d'une pièce à résister à l'arrachement.
Comme le fil de couture que l'on tire à chaque bout jusqu'à
la rupture. En fait, c'est l'effort strictement opposé à
celui de compression.
La traction pure n'intervient qu'assez rarement dans la construction
: le cable de métal qui supporte le tablier d'un pont.
Les matériaux qui résistent bien à la pression
ne résistent pas nécessairement aussi bien à
la traction. Pour reprendre nos trois matériaux de base on
placerait par ordre décroissant de résistance le fer
(penser aux cables, au fil de fer, au filin...), en second le bois
et en dernier la roche.
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La flexion est en fait une composante des deux efforts précédents.
La pièce qui résiste à un effort de flexion
résiste en fait à des efforts de compression d'une
part et à des efforts de traction d'autre part, comme le
linteau en bois d'une porte par ex. (fig 4) : dans la partie haute
de la poutre, les fibres de bois toutes parallèles, sont
comprimées. Si on cessait l'effort, ces fibres repousseraient
leurs extrémités pour se retrouver à l'horizontale,
en situation d'équilibre.
En revanche, dans la partie basse, les fibres sont tendues, étirées.
Elles résistent à des efforts de traction. Si on cessait
l'effort, ces fibres tendraient à attirer leurs points vers
le centre jusqu'à les remettre à plat.
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Seule, la fibre centrale, est en position d'équilibre et n'est
soumise à aucun effort. Pour qu'un matériau résiste
bien à la flexion il lui faut donc une bonne résistance
à la pression et à la traction. Le fer serait donc le matériaux
le plus adapté : N° 1 pour ce qui est de la résistance
à la traction et N°1 pour ce qui est de la résistance
à la compression => N° 1 pour la résistance à
la flexion.
L'usage du fer pour remplacer les matériaux de construction traditionnels
devraient en toute logique être privilégié. Mais c'est
compter sans le coût... ou les autres désavantages comme
sa capacité à se dilater, sa très bonne conductivité
à la chaleur entre autres, etc.
Nous sommes donc amenés à tenir compte d'autres facteurs
que les strictes qualités de résistance pour choisir les
matériaux. La pierre, peu coûteuse, donne d'excellents résultats
à la compression. On peut donc l'utiliser dans toutes les parties
d'ouvrage statiques : murs, fondations, et colonne dans certains cas...

Qu'en est-il de sa résistance à la compression et à
la traction ?
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Le ciment n'offre que peu de résistance aux efforts quels
qu'ils soient. Il est le liant du sable et du gravier. Le gravier
(= pierre) offre quant à lui une très bonne résistance
à la compression. Un bon béton est donc un excellent
matériau de construction pour résister aux efforts
de compression. Facile d'emploi, souple, rapide de mise en uvre
(comparé à la taille de pierres...), peu coûteux,
etc. Il possède de très bons avantages qui en font
un matériau d'usage courant sur les chantiers de construction
aujourd'hui.
En revanche, sa résistance à la traction est très
faible. Bien inférieure encore à la résistance
des roches puisque dans le cas du béton c'est le mortier
qui céderait en premier aux efforts d'arrachement. Cela en
fait donc un matériau impropre à résister aux
efforts de flexion puisqu'il s'agit de résister à
la fois à la compression et à la traction.
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Pour en faire des poutres ou des colonnes (qui se doivent de résister
à la compression comme à la traction) on allie du fer au
béton. Le fer apporte ses très bonnes qualités de
résistance à la traction. Cela permet d'allier les qualités
de l'un (béton => pression) avec les qualités de l'autre
(fer => traction) en proportions telles que le coût final du
produit reste satisfaisant (beaucoup de béton peu cher et peu de
fer très cher).

| 5. Le béton armé
- la position des fers dans le béton |
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On a vu dans le cas de la poutre (horizontale) que la partie supérieure
résiste à la compression donc le béton seul est
suffisant. En revanche la partie inférieure doit résister
à la traction. C'est donc dans cette partie qu'il faut placer
le ferraillage. |
| Une seconde règle de résistance des matériaux
explique que c'est la matière placée au sommet et à
la base de la poutre qui donne ses qualités de résistance.
Il faut "écarter" la matière. Par exemple
les poutres en métal sont ajourées au centre => la
matière est repoussée sur les niveaux supérieurs
et inférieurs. Une simple règle à dessin va se
courber facilement dans le sens a) et sera nettement plus rigide dans
le sens b). La matière est placée dans le sens des efforts. |
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Pour une masse de fer donnée, la répartition à
l'extérieur est plus efficace. On peut comparer également
une barre de fer rond de 2,4 cm de diamètre (1 pouce) avec
un tuyau galvanisé de 90 mm intérieur (3'') et dont
les parois feraient 2 mm d'épaisseur. La matière par
unité de longueur est la même mais la résistance
à la flexion n'est absolument pas comparable. La barre de 6
m est souple et se déforme sous l'effet de son propre poids
en revanche le tuyau est capable de supporter une personne suspendue. |
| Dans le cas d'une colonne, le risque est le flambement. C'est l'effort
qui pousse la colonne à se tordre, un peu comme une baleine
de parapluie qui, coincée entre deux points qui exercent des
forces opposées, se courbe comme un arc. Ce flambement est
la conséquence d'une trop forte pression sur une colonne de
section trop faible ou de hauteur trop importante. Pour limiter ce
risque on place des fers sur la partie externe de la colonne (et non
pas au centre où ils n'auraient que très peu d'utilité).
A remarquer que les colonnes des temples grecs, en pierre de taille,
n'étaient pas ferraillées. En revanche un rapport extrêmement
régulier étaient assurés entre le diamètre
et la hauteur. Ce rapport qui apportait une esthétique particulière
à la colonne (l'élancement) assurait un dimensionnement
idéal pour la résistance aux efforts. |
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6. Les
applications dans les chantiers hydrauliques
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Les fondations (captage, fontaine...) ne sont que rarement appelées
à résister à des efforts de flexion. Elles servent
essentiellement à ancrer la construction dans le sol et à
assurer que le sol via les fondations supporte le poids total de la construction.
Il est inutile d'y mettre des fers.
Les fondations plus importantes (maison par exemple) doivent être
étudiées comme si elles étaient des poutres. Le sol
peut s'enfoncer par endroit et la semelle devra supporter sur ce "vide"
le poids du bâtiment.
Pour une citerne il vaut mieux concevoir un radier qui va supporter en
tous ses points la charge de l'eau. Cette dalle sera ferraillée
dans sa partie basse pour résister à la flexion.
Les petits linteaux seront ferraillés légèrement
en partie basse.
Les dalles de couverture vont devoir résister à la flexion.
Les efforts viendront essentiellement de leur propre poids conséquence
directe de son épaisseur : entre 8 cm et 12 cm il y a une différence
de l'ordre de 50 % ! (CQFD). La densité du béton est environ
2,8 (soit 2,8 kg/dm3). Une dalle de 2 mètres par 3 va peser environ
1.350 kilos (sans compter les fers...) ou environ 2.000 kilos selon qu'elle
aura 8 ou 12 cm d'épaisseur. Les 700 kilos supplémentaires
coûtent de l'argent, du travail et occasionnent des risques supplémentaires
par les efforts qu'ils vont causer.

Vous pouvez donner
VOTRE AVIS, faire part de vos idées et suggestions, par
mail ou sur le forum. Merci
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Voir aussi la fiche de Benoît Michaux "les
fissures dans les bâtiments", 2002.

* Richard Bonneville est architecte de formation.
Il a supervisé les programmes de Marigot (Haïti) jusqu'en
avril 99 et les programmes en République Dominicaine (dont le programme
de prêts de La Cabirma) jusqu'en septembre 1999.

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