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PRATIQUES
- eau et assainissement - 1. techniques- Fiche E&A - 1.2.2
LE CIMENT - LES MORTIERS ET LES BETONS
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Zile-Marie Durosier, Richard Bonneville
Mai 98
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Voir aussi la fiche de Benoît Michaux "les
fissures dans les bâtiments", 2001.
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sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges
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Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives
et ne prétendent en aucun cas "dire ce qu'il faudrait
faire"; elles se contentent de présenter des expériences
qui ont donné des résultats intéressants dans
le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient,
au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à
la condition expresse que les informations qu'elles contiennent
soient données intégralement y compris cet avis .
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Le ciment est réalisé à base
de klinker, cuit en haut fourneau (élimination de l'eau) puis broyé
finement. Le ciment est un liant hydraulique :
- 1) Il amalgame des éléments ( du sable pour faire du
mortier, du sable et du gravier pour faire du béton ).
- 2) Sa mise en oeuvre nécessite de l'eau (resté trop longtemps
dans un endroit humide le ciment perd sa qualité de liant...).
Il existe principalement deux type de ciment : le Ciment Portland Artificiel
(CPA) et le ciment laitier ou ciment de haut fourneau ou encore ciment
métallurgique. On utilisera de préférence les ciments
laitiers pour la mise en oeuvre en milieu humide (captage, citerne) car
ils ne contiennent pas d'hydroxyde de carbone (chaux éteinte) libre.
Le lait de ciment (eau + ciment) sert au polissage et à
l'étanchéité d'un béton (à appliquer
après plusieurs couche de mortier taloché, pour finition).
Il n'a aucune résistance en soi.
Le mortier est utilisé pour amalgamer d'autres éléments
de plus gros volume (briques, roches, parpaings de béton...). C'est
un mélange de ciment, de sable et d'eau.
Le béton est un mélange de mortier et de gravier.
Le béton résiste particulièrement bien à la
pression et très mal à la traction. On l'utilise donc seul
pour réaliser des éléments porteurs tels que fondations
ou murs de soutènement. On lui ajoute des fers ( résistant
à la traction ) pour réaliser des éléments
de construction qui demande une bonne résistance à la flexion
( dalles, poutres, poteaux...).
Quand on calcule la résistance que doit supporter un ouvrage (plancher
ou poutre par exemple) il est important de ne pas oublier le propre poids
du béton qui va composer cet ouvrage. C'est souvent la part la
plus importante des contraintes à supporter (densité du
béton = environ 2,4 ).
La résistance maximum d'un béton s'acquiert progressivement
avec le temps. On parle du temps de prise, qui dépend du ciment
utilisé (qualité, âge, etc.) des conditions météo
(température, hygrométrie) et de la qualité des agrégats
et de leur proportion. Au bout de 7 jours de prise, un béton a
acquis de 40 à 60 % de sa résistance finale (seulement !).
Et de 60 à 80% au bout de 28 jours. Il n'est donc pas recommandé
de décoffrer trop rapidement les dalles en béton par exemple.
Il durcit lorsqu'il cesse d'être en mouvement ( et non parce qu'il
sèche...).
Le ciment n'a pas de résistance en soi. C'est le gravier, dans
le cas du béton, qui lui procure la résistance (le sable
dans le cas du mortier). Il est donc de première importance de
bien choisir les agrégats.
Le ciment prend (durcit) non pas par évaporation de l'eau mais
par réaction chimique. Le "séchage" du ciment
(au soleil par exemple) l'empêchera d'acquérir toute sa résistance
(il se fendillera ou même s'effritera). Il est donc recommandé
de mouiller les ouvrages en béton pendant la prise et de les protéger
du soleil les premières heures (feuilles de bananier par exemple).
Un béton prend même en immersion complète à
condition qu'il ne soit plus en mouvement. Cette propriété
est bien utile pour réaliser les fondations de captage.
Le gâchage du béton est une phase cruciale. En théorie
il faut gâcher un béton pendant plus de 10 minutes en bétonnière
pour assurer la bonne répartition des différents composants
et lui donner une cohésion parfaite. Autant dire qu'un gâchage
manuel, comme cela se fait généralement sur le terrain,
est loin de permettre une homogénéité parfaite.
Pour obtenir une homogénéité satisfaisante du béton
ou du mortier gâché à la main, la technique des trois
tas donne d'assez bons résultats: 1) on ajoute les différents
ingrédients sans l'eau sur le tas central ; 2) on déplace
le tas à petites pelletées en formant un second tas à
côté, et le plus haut possible ; 3) on ramène le second
tas à la place du premier pour former ainsi un troisième
tas; 4) il faut mouiller l'ensemble du mélange en une seule fois
et gâcher le béton en continu en attendant son utilisation.
La technique qui consiste à mouiller une partie seulement du béton
entraîne une mauvaise répartition du ciment dans le mélange
sable-gravier : l'eau entraînant le ciment vers le bas et laisse
les agrégats (sable plus gravier) du haut sans liant.
Remouiller un béton qui a séché quelque peu est
à déconseiller. Le ciment déjà mouillé
a commencé sa réaction chimique. Il a séché
et s'est durci. Mais par manque d'eau il reste friable. Rajouter de l'eau
ne va pas permettre que le ciment récupère la dureté
qu'il a déjà perdu... la réaction chimique ayant
déjà eu lieu.
L'étanchéité des bétons dépend
de la granulométrie de ses composants, mais aussi des ratio de
composition. On peut réaliser des bétons poreux donc perméables
en choisissant les composants adéquats. Pour tous les ouvrages
de béton armé on doit réaliser des bétons
étanches : protection des fers contre l'oxydation.
Les proportions des bétons font appel à des volumes
et des poids. On parle de kg de ciment par mètre cube de composants.
Une méthode empirique est le rapport de volumes ciment-sable-gravier
- 1-2-3. soit 1 volume de ciment, 2 de sable et 3 de gravier est réputé
étanche
- 1-2-4. est utilisé pour les maçonneries classiques
- 1-2-2. est utilisé pour les sections minces (revêtements,
dalle flottante...).
Encore faut-il s'entendre sur sable et gravier ! La granulométrie
des différents éléments est essentielle. Un sable
trop fin affaiblit le béton ! Il doit être propre (sans matière
organique -moins de 8%- ni argile). Une poignée bien serrée
dans la main s'effondre et se disloque dès qu'on desserre le poing
et ne laisse pas de traces. Pour dépister la présence de
matière organique on remplit une éprouvette de sable que
l'on recouvre d'eau. Après 48 heures au repos, les matières
organiques sont remontées en surface. On calcule alors le rapport
des matières organiques sur la hauteur totale du sable => inférieur
à 8 %.
La granulométrie des sables
- sable fin : 0,05 à 0,5 mm en général pour les
enduits et polissage ;
- sable moyen : 0,5 à 2 mm pour réaliser les mortiers
de montage ;
- sable gros : 2 à 5 mm pour un béton légèrement
poreux ;
- un mélange de ces trois granulométries pour un béton
étanche.
Le gravier de rivière (grains ronds et polis) est meilleur que
le gravier concassé à arrêtes.
- gravier : 0,5 à 2,5 cm (soit 5 à 25 mm).
L'eau, elle aussi en principe, doit être mesurée. Trop
d'eau rend le béton poreux et affaiblit sa résistance. Pas
assez le rend difficile à mettre en oeuvre et ne permet pas la
prise totale du ciment. Il faut faire des essais pour mesurer le "
besoin en eau " des agrégats choisis. Un béton doit
être fluide mais pas coulant, " une pâte à crêpe
épaisse "... Un béton, moulé dans un cône
tronqué (ø base = 30 cm, ø sommet = 15 cm et Hauteur
= 45 cm) ne doit pas s'affaisser de plus de 5 cm la première minute.
Pour des fondations on peut utiliser des bétons dosés à
250, voire 200 kg/m3. Pour des ouvrages de béton armé (poutres,
colonnes, planchers...) il faut augmenter la dose de ciment à 350
voire même 400 kg/m3. Attention encore, 60 litres de gravier et
40 litres de sable ne font pas 100 litres d'agrégat... Enfin, plus
on dose en ciment (béton gras) plus le retrait est important à
la prise. La quantité d'eau varie entre 150 et 230 litres par mètre
cube.

Voir aussi la fiche de Benoît Michaux "les
fissures dans les bâtiments", 2002.
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mail ou sur le forum. Merci
!

* Zile-Marie Durosier fut responsable du programme
Palmes-Grand Goäve hydraulique (partenariat Inter Aide / Concert-Action).
Richard Bonneville a supervisé les programmes de Marigot (Haïti)
jusqu'en avril 99 et les programmes en République Dominicaine (dont
le programme de prêts de La Cabirma) jusqu'en septembre 1999.

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