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PRATIQUES - eau et assainissement - 1. techniques- Fiche E&A - 1.7.1
Damien du Portal* 1. Généralités sur l'évacuation
des excréta
L'évacuation insalubre des fèces et des urines humaines
(excréta), conduit à la contamination du sol et des sources
d'approvisionnement en eau. Une bonne évacuation des excréta, permet de lutter efficacement contre le choléra, les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes, les dysenteries, les diarrhées infantiles et autres infections intestinales ou parasites intestinaux.
Les excréta où qu'ils soient déposés, commencent
immédiatement à se décomposer et sont finalement
transformés en une matière inodore, inoffensive et stable.
Après que les excréta ont été déposés dans la fosse, les bactéries, très peu mobiles, peuvent être transportées horizontalement et verticalement par les liquides ou l'urine qui s'infiltrent ou par les mouvements de la nappe phréatique dans le cas d'une fosse humide. Les figures suivantes indiquent les mouvements de pollution dans le sol pour les deux types de fosse (extraits de: Manuel du technicien sanitaire, J.N. Lanoix, M.L. Roy - OMS) .
Il est important de connaître ces données pour dimensionner
les fosses. Le tableau suivant indique les quantités de matières résiduelles à prendre en compte par année :
Une famille de 5-6 personnes, utilisant du papier hygiénique, remplira donc sa latrine au rythme de 0,5 m3 par an.
Il faut en priorité, prévenir tous les risques de contamination des sources d'approvisionnement en eau. 1) La distance minimale des latrines au point d'eau (également des latrines au cours d'eau...) varie selon les terrains. Voici quelques exemples :
2) Il faut éviter de placer les latrines à moins de 100 mètres en amont des points d'eau (si l'on connaît le sens de l'écoulement de l'eau souterraine). 3) Le terrain en surface doit être sec, ferme, bien drainé et non-inondable. 4) Il est préférable que le fond des latrines n'atteigne pas la nappe (fosses sèches), mais ce n'est pas toujours possible !
Les latrines doivent être adaptées aux habitudes et coutumes des gens auxquels elles sont destinées. La participation maximale des bénéficiaires à la construction et à l'achat des matériaux permettra d'assurer une bonne acceptabilité. Les latrines doivent être :
1) Le soubassement Il est réalisé avant la fosse. Il sert de fondations pour la dalle de plancher et empêche la pénétration des rongeurs sous la dalle ainsi que les eaux de surface. Il s'agit d'une tranchée de 20 cm de largeur et de 30 cm de profondeur environ selon la nature du sol. Son périmètre est " normé " pour faciliter le travail. Le trou aura 1,20 mètre par 0,80 m. La tranchée est remplie d'un béton cyclopéen assez grossier quand le sol le permet. A peu de distance de cette première fondation, une deuxième fondation est réalisée dans le même temps. Elle servira de rechange lorsque la première latrine sera remplie.
De section rectangulaire, elle mesure 120 cm x 80 cm. Son creusement est entièrement assuré par le bénéficiaire, y compris le garnissage (mortier, rondins...) si le terrain est instable. Ainsi, si le bénéficiaire le réalise seul une première
fois, il sera capable de faire seul la deuxième fosse quand cela
s'avérera nécessaire. Rectangulaire : 100 cm x 140 cm x 8 cm d'épaisseur. La dalle est coulée en laissant deux réservations : la première de 24 x 36 cm sur laquelle sera monté le siège et la seconde, de 5 cm (2'') de diamètre, sur laquelle sera scellé l'aérateur. La dalle est coulée sur une bâche plastique, qui permet un beau fini, et dans un cadre en bois (ou métal) démontable aux dimensions désirées (pour limiter ainsi le risque d'erreur du maçon). Le cadre est facilement démontable pour son transport ; il possède des trous qui permettent de disposer rapidement le ferraillage. La dalle ainsi coulée sera déplacée après 7 jours de séchage minimum.
Constitué d'une caisse en béton, coulée dans un moule, et d'un couvercle de W-C. en plastique. La caisse : hauteur 38 cm, épaisseur devant: 8 cm, derrière: 10 cm et trou intérieur de 24 x 30 cm. Il est important de concevoir la caisse de façon à ce que les excréta ne puissent venir salir les parois intérieures. Un siège de béton, même particulièrement bien lissé ne peut être nettoyé aussi facilement que de la faïence. Il y resterait donc des traces provocant de mauvaises odeurs et qui tendront à écarter les utilisateurs, ce qui n'est pas le but ! Des latrines bien conçues et bien entretenues n'ont absolument aucune odeur. (On peut peindre les parrois intérieures avec de la peinture epoxy pour donner un aspect faïence, mais c'est cher).
Un tube PVC de drainage (le plus économique) de 5 cm de diamètre (2'') peint en noir dans sa partie supérieure (pour favoriser thermiquement la circulation des gaz et piéger les insectes) et muni d'une moustiquaire pour interdire la sortie ou l'entrée des insectes. L'abri est à la charge des bénéficiaires. Il doit être bien aéré. Suivant le niveau de vie des bénéficiaires et leur pouvoir d'achat, le programme La Cabirma peut apporter deux tôles ondulées pour le toit, une fois la construction totalement achevée . Il s'agit ainsi d'inciter les bénéficiaires à achever rapidement la construction de l'abri et à utiliser les latrines. Le projet donnera des indications pour la construction de l'abri afin que cet abri puisse être entièrement démonté de la dalle et déplacé sans le désarmer sur le second emplacement avec la dalle une fois la première fosse remplie.
La longévité des latrines, nous l'avons vu, est conditionnée par le remplissage de la fosse. L'idée mise en uvre à La Cabirma est de laisser au bénéficiaire la possibilité de " reproduire " une seconde latrine quand la première sera pleine, en réutilisant la superstructure. Partant du principe que le creusement du trou est facilement à la portée du bénéficiaire (pas besoin de compétences particulières, ni de ressources financières) nous proposons aux familles deux soubassements et le creusement d'une seule fosse au-dessus de laquelle sera construite une latrine et un abri démontables. Une fois la première fosse remplie, le bénéficiaire pourra creuser à l'intérieur du second soubassement une fosse, réplique de la première déjà réalisée par lui, et transférera l'ensemble de la latrine (dalle préfabriquée et donc démontable ; elle roule facilement sur des rondins ou peut être transportée par 6 hommes) et de l'abri (fixé directement sur la dalle). La première fosse sera comblée et couverte sur les 30 à 50 cm supérieurs des terres retirées de la seconde fosse. Cette première fosse pourra être plus tard recreusée pour remplacer la seconde fosse remplie à son tour. En effet, dans le cas ou la réalisation de la fosse a été difficile (cuvelée...) il est avantageux de pouvoir la réutiliser. Les matières retirées de cette fosse, sont devenues rapidement inertes. Cette terre organique peut tout à fait servir d'engrais (ce qui est tout à fait courant en Chine par exemple) si les barrières culturelles peuvent être vaincues. Des réalisations privées à l'intérieur d'un projet collectif : Il est généralement plus simple de motiver les gens pour une réalisation privée que pour un ouvrage collectif. Dans le cas d'une réalisation à usage privé telle que les latrines, on peut donc demander aux bénéficiaires une participation importante en plus de la main d'uvre et de l'abri (participation financière pour l'achat de ciment, du couvercle, du zinc...). Il ne faut cependant pas oublier que l'assainissement est un problème collectif : " si votre voisin ne construit pas de latrines, votre famille risque toujours d 'être contaminée... ". Le projet doit donc être collectif. Il s'agit d'une action de santé publique. Après une sensibilisation des habitants sur ce point, on pourra utiliser la même méthode que pour les comités eau (accord de travail...).
Il est important d'expliquer aux usagers : - comment fonctionnent leurs latrines : les fermentations sont utiles,
elles détruisent les germes pathogènes ; En République Dominicaine nous avons écrit une petite pièce de théâtre sur l'utilisation (le papier hygiénique - qui est contaminant - doit être jeté à l'intérieur de la latrine et non pas dans des poubelles pour incinération de temps à autre par exemple.) et nous distribuons une feuille de recommandations illustrée (cf. annexe " Para el buen uso y mantenemiento de su latrina "). Principales recommandations pour le bon usage et l'entretien des latrines · Jeter le papier hygiénique dans les latrines.
On pourra utiliser la dynamique du projet latrines pour que cela soit un projet environnement. Il est important de sensibiliser les gens sur le problème des ordures ménagères. On peut organiser des "marathons" de nettoyage des ordures, construction de trous à ordures, compost... mais ceci est un autre thème ! Manuel du technicien
sanitaire, J.N. Lanoix, M.L. Roy - OMS Annexe : Para el buen uso y mantenemiento de su latrina
Vous pouvez donner VOTRE AVIS, faire part de vos idées et suggestions, par mail ou sur le forum. Merci ! Sommaire
des fiches techniques en format pdf
* Damien du Portal est agronome. Il a été responsable du volet hydraulique du centre de Formation de la Cabirma de octobre 94 à janvier 98. De 98 à fin 99 il fut responsable du programme hydraulique de Manakara à Madagascar. Il est maintenant chef de secteur hydrau-agro Madagascar (Secteur Afrimad).
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