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PRATIQUES
- éducation - Animation
Programme d'appui à la scolarisation
dans les villages de Farafangana
accès à la scolarisation,
lutte contre l'abandon scolaire et amélioration de la réussite
scolaire
Présentation de la méthode d'animation (extrait
du rapport annuel 2004) et de quelques
outils
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Nicolas Cacciuttolo*
Extrait du rapport annuel 2004 -
mise en ligne août 2005
Voir présentation
2007 du programme d'appui à la politique éducative du programme
de Farafangana, Inter Aide Madagascar
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pédagogique
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1. Présentation du programme
(extrait du rapport annuel 2004)
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S'inscrivant sans le cadre du "Plan stratégique de réforme
du système éducatif malgache" et du programme "Éducation
pour tous", ce projet d'appui à la scolarisation dans les
villages de l'arrière pays de Farafangana a été conçu
pour favoriser l'accès à la scolarité, lutter
contre les abandons et améliorer la réussite scolaire
dans les zones concernées, c'est-à-dire parvenir à
susciter la hausse des taux de scolarisation et de passages, la baisse
des taux d'abandons et de d'absences des élèves et une progression
des résultats des évaluations continues, particulièrement
en Cours Préparatoire (CP1 et 2, deux premières années
du cycle d'éducation fondamentale du premier degré dans
lesquelles les effectifs comme les taux de déperdition sont les
plus élevés).
De plus, un souci de pérennisation de l'action, mais aussi d'efficacité
immédiate, nous a poussés à chercher à renforcer
la mobilisation des acteurs principaux de manière contractuelle,
en approfondissant les efforts menés par l'UNICEF et le Programme
scolaire d'Interaide à Manakara au sujet des Contrats programmes
de réussite scolaire (CPRS).
Une approche essentiellement dominée par l'animation communautaire
pour susciter l'implication de l'ensemble de la collectivité locale
(maîtres, élèves et comités de parents d'élèves
(FAF) bien sûr, mais aussi mères de famille, fokonolona (la
Commune) dans son ensemble et l'équipe communale) pour l'atteinte
de ces objectifs nous a conduit, en respectant la tradition législative
malgache de contrats communautaires ou "DINA"*, à
proposer une méthode " dina-mique ".
* Dina = contrat communautaire traditionnel, base de
toute notre méthodologie, voir détail plus bas
Elle consiste à s'appuyer sur 6 dina différents
sur quatre ans pour permettre à chaque entité de participer,
en fonction de ses attributions au développement de l'école
:
- Année 0 (préciblage) : le recensement de tous
les enfants d'âge scolaire et la signature d'un dina de scolarisation
(par laquelle tous les parents s'engagent à envoyer leurs enfants
à l'école et à les y maintenir, complété
par un dina communal) prélude à la préparation
d'un Dina kely (petit Dina). Celui-ci récapitule les responsabilités
que chaque acteur s'engage à prendre au cours de l'année
pour atteindre les critères de ciblage (achèvement ou réhabilitation
d'un premier bâtiment, respect du dina de scolarisation et assiduité
des maîtres essentiellement). L'avancement de toutes les actions
à entreprendre est évalué de façon participative
lors d'une réunion mensuelle animée par nos agents (qui
passent alors deux jours par mois dans chaque école).
- Années 1 et 2 (ciblage) : les écoles ayant ainsi
fait preuve de leur capacité à faire fructifier notre apport
sont sélectionnées pour un premier Dina be (grand
Dina) qui diffère du précédent par l'engagement de
la Commune et du programme (nos agents y consacrent alors trois jours
par mois) aux côtés des acteurs du village, par le renforcement
sensible de notre apport matériel (spécialement pour la
construction d'un second bâtiment) et par la mise en uvre
de formations et sensibilisations spécifiques adressées
aux comités de parents d'élèves (FAF), aux mères
et aux enfants. Des critères plus exigeants conditionnent le renouvellement
du Dina be 1.
- Année 3 (désengagement progressif) : après
deux ans de collaboration intensive, on suppose que les problèmes
d'infrastructures seront surmontés durablement et que les différents
acteurs locaux disposeront des bases (outils nécessaires et capacité
à les manipuler) pour prendre en charge eux-mêmes le développement
de leur établissement, avec l'aide d'Agents communaux (AC) formés
à cet effet. Nous pourrons alors préparer graduellement
notre départ définitif, en ne passant que deux jours tous
les deux mois pour superviser le bon déroulement de la " dina-mique
" et aider à la résolution des difficultés rencontrées.
L'essentiel de notre méthode consiste dans l'évaluation
mutuelle régulière des initiatives entreprises par chaque
entité en vue d'un objectif commun : favoriser le succès
des études des élèves. La signature des engagements
et leur suivi constant sont donc primordiaux.
Mais cette démarche demeurerait insuffisante si nous ne donnions
pas aux acteurs principaux la possibilité technique de prendre
leurs responsabilités. C'est ce qui nous a amené à
concevoir un plan bisannuel de formation des FAF , les comités
de parents d'élèves (conforté par des regroupements
réguliers sous la forme de compétitions), une école
des mamans et des sensibilisations spéciales pour les élèves.
De plus, le renforcement capacités des enseignants en vue de
modifier leurs pratiques conformément aux objectifs des autorités
nationales est évidemment incontournable : une équipe
de formateurs s'y consacre par des visites de suivi et en participant
aux formations organisées par la CISCO.
Enfin, nous nous sommes proposés de stimuler l'apprentissage de
la lecture par la mise à disposition aux élèves et
aux maîtres des écoles ciblées de livres en langue
maternelle accompagnés de fiches facilitant leur exploitation pédagogique.
Si les premières actions de préciblage pilotées
depuis Manakara ont débuté en octobre 2002, c'est l'arrivée
du responsable expatrié et l'ouverture du bureau à Farafangana
en septembre 2003 qui a marqué le démarrage réel
des activités : les premiers dina be ont été signés
en janvier 2004 tandis que l'équipe et les zones de préciblage
s'élargissaient dès février et mars.
L'expérimentation des différents aspects de la méthode
(évaluations mensuelles, sensibilisations, soutien pédagogique,
bibliothèque) jusqu'aux bilans de fin d'année scolaire et
l'élaboration de outils correspondants ont inspiré les réorientations
prise à partir de septembre 2004 avec les renouvellement et signatures
de 18 Dina be (5 écoles n'ayant pas rempli les critères)
et la préparation de 17 nouvelles zones de préciblage.
A fin 2004, l'action couvrait 40 établissements sur 7 communes
(3 167 élèves de 23 écoles sur cinq communes, sans
compter les nouvelles zones).
2. les résultats obtenus
 |
Malgré quelques divergences dans les résultats obtenus
(succès pour les deux premiers objectifs : les taux de scolarisation
sont supérieurs à 90% et les taux d'abandons inférieurs
à 15% tandis que l'évolution des pratiques pédagogiques
et de la réussite des élèves reste peu convaincante)
dans les écoles des deux cohortes, ceux-ci confirment la pertinence
de certaines de nos hypothèses de départ tandis que d'autres
seront à réviser.
Ainsi, nous sommes convaincus que :
- Il est possible de résoudre les problèmes d'infrastructure
avec un minimum de moyens ;
- L'implication des communautés dès le début du processus
favorise l'entrée à l'école des enfants;
- La distribution des kits scolaires a facilité l'accroissement
des taux de scolarisation ;
- La " dina-mique " a un effet positif sur la prise en charge
du salaire des suppléants ;
- La mise en place du dina de scolarisation favorise la scolarisation
massive ;
- La " dina-mique " a un impact positif sur les abandons des
élèves ;
- Une présence irrégulière de l'enseignant nuit à
l'assiduité des élèves ;
- L'implication des maîtres est un facteur décisif pour l'amélioration
des compétences des élèves;
- Le projet ne peut se passer d'un soutien pédagogique destiné
aux enseignants ;
- L'action du volet pédagogique peut difficilement être efficace
sans la coopération des Chefs ZAP (= Zone d'action Pédagogique
de l'Education Nationale) et de la CISCO (Circonscription scolaire de
l'Education Nationale).
Par contre, les propositions suivantes sont à réviser :
- Le projet peut avoir un impact sur la disponibilité des manuels
dans les écoles ;
- La distribution de " san-plat " (sanitation platform, dalle
en ciment pour latrine) suffit pour promouvoir la construction de latrines;
- La mise à disposition d'un logement pour l'enseignant et le règlement
du salaire du suppléant suffisent à encourager le maître
à tenir ses engagements ;
- La mise en place d'une cantine et d'un jardin scolaires renforce le
dispositif de lutte contre les absences et les abandons durant la période
de soudure ;
- Le volet pédagogique peut avoir un impact sur les pratiques dans
les classes sans se positionner dans le cadre de la " dina-mique
" ;
- Une augmentation du temps consacré à chaque maître
peut à elle seule perfectionner les habitudes pédagogiques.
Enfin, il nous faut encore vérifier que :
- La mobilisation des acteurs locaux légitimement concernés
par la réussite scolaire des élèves pourrait parvenir
à stimuler la prise de responsabilité des encadreurs ;
- L'évaluation mutuelle des engagements liés à la
" dina-mique " entraînera les enseignants dans un mouvement
communautaire d'ensemble ;
- Les outils proposés aux comités de paretns (FAF) et notre
stratégie de formation leur donne les moyens de prendre en charge
le développement de leur établissement ;
- L'école des mamans et les sensibilisations des élèves
encouragent ces deux acteurs à collaborer à la " dina-mique
" d'ensemble ;
- La volonté d'associer les Communes au processus à travers
des Agents communaux stimule la résolution coopérative des
difficultés et contribue à poser des bases solides pour
la pérennisation des efforts entrepris.
La croissance des moyens prévus pour 2005 sera donc nécessaire
pour préserver ces acquis malgré l'élargissement
de la zone d'action (il s'agit d'atteindre un rythme de croisière
de 30 écoles ciblées et d'une quinzaine en Dina kely - "petit
contrats" par an), surmonter les difficultés identifiées
et faire face au défi du désengagement progressif des écoles
aujourd'hui en Dina be 2 ("grand contrat").
3. Rappel des objectifs de départ
et description de l'action  |
3.1. Les objectifs
du programme 
Objectif général = Le maximum d'enfants en âge scolaire
des fokontany (plus petite unité adminstrative = canton) ciblés
apprennent à lire, écrire et compter et parviennent jusqu'au
CEPE (fin du premier cycle de l'éducation fondamentale, +/- = certificat
d'étude primaire).
Trois objectifs spécifiques:
- Accès d'un nombre croissant d'élèves au cycle
primaire de scolarisation => Augmentation des Taux (nets et bruts)
de scolarisation.
- Maintien d'un nombre croissant d'élèves dans le système
jusqu'à l'achèvement du premier cycle => Baisse
des Taux d'abandons et d'échecs.
- Amélioration quantitative et qualitative des compétences
acquises par les élèves, notamment en lecture, écriture
et calcul (donc de la qualité de l'enseignement de ces matières
en particulier en CP) => Augmentation des Taux de passage et amélioration
globale des résultats des évaluations continues
Un objectif transversal : Pérennisation des acquis et autonomisation
des bénéficiaires à La mobilisation des acteurs principaux
(élèves, fokonolona (FKNL = communauté), parents,
FAF (comité de parents), enseignants et communes rurales) est contractualisée
et renforcée.
Description de l'école idéale lors du départ
d'Inter Aide
Après une année de Dina kely (pré ciblage
pour sélectionner les meilleures écoles, Dina kely
= DK) et trois Dina be (DB), on espère pouvoir se désengager
d'écoles où :
- Les problèmes de bâtiments, de mobiliers, de latrines
et de logements des maîtres sont réglés (en nombre
suffisants et avec des matériaux que le FAF ou le FKNL peuvent
remplacer) ;
- les parents d'élèves ont l'habitude d'acheter les fournitures
nécessaires à leurs enfants (le FAF étant capable
d'aider les plus démunis) ;
- trois maîtres sont chargés des cinq niveaux, les parents
et le FAF ayant les moyens de participer aux salaires d'éventuels
suppléants ;
- les maîtres disposent de manuels en nombre suffisant (ce qui
est du ressort de la seule CISCO - circonscription scolaire);
- surtout, tous les enfants d'âge scolaire sont scolarisés
(respect du dina).
- Les enfants, avec l'aide de leurs familles, n'abandonnent pas, ne
sont pas en retard et ne sont absents que pour de bonnes raisons (le
FAF et les enseignants étant capables de faire respecter le dina
en appliquant le Protocole de prévention des absences, abandons
et retards) ;
- les maîtres sont ponctuels et assidus (ce qui nécessite
un suivi du FAF et de la commune et une bonne collaboration avec le
C/ZAP(*) et la CISCO(*))
;
- un jardin scolaire fonctionne correctement et permet au FAF d'accroître
ses ressources, notamment afin de pouvoir organiser une cantine scolaire
durant les périodes de soudure.
- Les compétences pédagogiques des maîtres s'améliorent
grâce à un encadrement et une formation continue efficaces
ainsi que grâce à la promotion de l'autoformation par les
pairs (conseils des maîtres fréquents et compétents)
;
- ainsi, avec la participation accrue des parents, du FAF et bien sûr
surtout des élèves, la pratique des devoirs à la
maison, de l'évaluation continue et des classes multigrades est
habituelle.
- Enfin, l'ensemble de la communauté comprend l'importance de
ses responsabilités (objectif des animations élèves,
formations FAF et SRmB(*)) ;
- et tous les acteurs sont accoutumés à contractualiser
leurs engagements et poursuivent la "dina-mique" sous la supervision
de la commune (via l'AC(*)) et
du FAF dont les Assemblées Générales sont suivies
avec assiduité.
* SRmB = Sekoly ny Renimbiavy, École des Mamans
en dialecte local - RmB = Renimbiavy, les mères et les femmes
** AC = Agent communal rémunéré par la municipalité
chargé d'assurer le suivi des dina, de résoudre les problèmes
et de représenter la mairie pour tout ce qui concerne l'éducation
fondamentale.
3.2. Description de l'action

a) Une méthode " dina-mique
" 
Nous inspirant du travail réalisé par l'UNICEF et le Programme
scolaire d'Inter Aide à Manakara sur les Contrats programme
de réussite scolaire (CPRS), nous nous appuyons sur la tradition
malgache des contrats communautaire ou DINA(*)
: toute la communauté est invitée à s'engager concrètement
et vis-à-vis de tous pour la réussite scolaire des enfants
du fokontany concerné à travers le Dina kely (année
de préciblage) puis les Dina be (ciblage, renouvelables trois fois).
* Dina = contrat communautaire traditionnel, base de
toute notre méthodologie, voir détail plus bas
Notre discours peut donc s'énoncer ainsi :
" Vous voulez que vos enfants arrivent au CEPE
(certificat d'étude primaire*) ? Nous pouvons vous expliquer
comment les y aider (// conseils en agriculture : on peut expliquer à
quelqu'un comment planter du manioc, mais pas le faire à sa place;
s'il n'écoute pas nos conseils, tant pis pour lui si "manioc
n'est pas poussé" et s'il vaut mieux alors laisser le champ
en jachère ; à l'inverse, si cela fonctionne, c'est lui
seul qui profite du fruit de la récolte) :
- D'abord, n'oublions pas que le plus gros du travail, ce sont les élèves
qui le font : apprendre à lire, écrire et compter est bien
plus long et difficile que construire un bâtiment, se cotiser pour
acheter des fournitures ou payer le suppléant, faire à manger
tôt le matin ou encore aider au travail du jardin scolaire.
- Tout notre travail à nous, RmB (mères et femmes), fokonolona
(communauté), enseignants et FAF*
(avec Inter Aide et la Commune rurale pour les Dina be) est plus facile
que le leur, par contre, en ne remplissant pas nos engagements nous les
empêchons de faire leur travail correctement : impossible d'étudier
sans bâtiment, sans fournitures ou sans enseignant, difficile de
ne pas être en retard si le repas n'est pas prêt à
temps, etc.
- Pour cela il leur faut les moyens matériels nécessaires
à leurs études : un bâtiment (avec des latrines),
du mobilier, des fournitures, des livres, et des fournitures.
- Mais cela ne suffit pas : il faut aussi un maître (bien payé
si c'est un suppléant) qui ne soit ni en retard, ni absent et qui
aille aux formations (surveillance par le FAF et les RmB).
- Surtout, il faut évidemment que les élèves aillent
en classe et y restent (dina scolarisation, Protocole de prévention
des absences, retards et abandons, cantine et jardin scolaire pour la
période de soudure).
- Enfin, il faut tout faire pour qu'ils apprennent le mieux possible en
classe (soutien pédagogique du maître, animations enfants,
SRmB (école des mamans), devoirs à la maison, évaluation
continue, Classes multigrades et réussite scolaire).
- C'est pour toutes ces raisons que tout le monde s'est engagé
solennellement à accomplir ses responsabilités lors du Dina
Kely /Dina Be :
Ce n'est pas IA qui demande à chacun de faire ce qu'il a à
faire, c'est l'ensemble des partenaires qui demande à tout le monde
d'être responsable pour permettre aux élèves d'atteindre
l'objectif commun : apprendre à lire, écrire et compter
. "
4 années et 6 dina:
| Dina de scolarisation (du fokontany et
de la commune) |
Recensement |
Dina kely |
Dina be I |
Dina be II |
Dina be III (désengagement progressif) |
| Année 0 (préciblage) |
Année 1 |
Année 2 |
Année 3 |
Qu'est-ce qu'un Dina de scolarisation ?
Les membres du fokonolona s'engagent à envoyer tous leurs enfants
d'âge scolaire (de 6 à 10 ans) à l'école et
à les y maintenir jusqu'à l'achèvement du premier
cycle de l'enseignement fondamental.
Pour y parvenir, des amendes sont prévues pour les absences non
justifiées, les abandons et les refus d'inscription.
Afin de faciliter son application, la mise en place d'un protocole
de prévention des abandons, des absences et des retards (PPAAR)
est indispensable : le registre d'appel, rempli par le maître,
permet de déterminer chaque mois quels sont les élèves
non encore inscrits, absents, en retard ou ayant abandonné. Ces
listes sont alors utilisées par le FAF qui prend contact avec les
parents concernés pour résoudre la situation.
En cas d'échec, le FAF saisi le mpanjaka (chef traditionnel)
pour faire appliquer le dina.
De plus, si cette procédure ne suffit pas à faire obtempérer
les parents, le FAF doit faire intervenir l'Agent communal disposant de
l'autorité pour exécuter le dina communal.
Recensement
Il s'agit d'inscrire dans le cahier de recensement (qui sera mis
à jour chaque année par les membres du FAF et le Chef quartier)
tous les enfants de 0 à 10 ans de tout le village.
Objectifs :
- Identifier tous les enfants scolarisables
- Calculer le taux de scolarisation (net et brut)
- Permettre au FAF et au FKNL (communauté) d'appliquer le dina
(en établissant la liste des enfants de 6 à 10 ans qui ne
sont pas encore inscrits)
Qu'est un Dina kely ?
Les 5 acteurs (FKNL, FAF, RMB, EL, ENS*)
s'engagent mutuellement à faire de leur mieux, dans la mesure de
leurs responsabilités et de leurs possibilités, pour que
les élèves finissent par savoir lire, écrire et compter.
Voir le
tableau pour le détail des actions à réaliser
et les responsabilités de chaque acteur.
Pendant cette année d'observation avant un éventuel ciblage,
l'apport matériel du projet reste très limité : petits
matériaux complétant les constructions traditionnelles des
premiers bâtiments (clous, pommelles
) et argent fourni aux
FAF afin de fabriquer sur place le mobilier nécessaire dès
que le bâtiment est achevé.
Quelles sont les tâches de l'animateur pendant la première
année ?
Il passe deux jours par mois dans chaque école pour :
1. Faire signer un Dina kely (DK) aux 5 acteurs locaux.
2. Évaluer mensuellement l'avancement du DK à l'aide du
jeu d'images représentant chaque acteur et pour chaque engagement
une face positive et l'autre négative (voir le rapport photo) :
- Réunion préparatoire avec le FAF pour collecter les indicateurs
pour chaque critère / objectif à atteindre (// engagements
signés lors du DK) pour faire le bilan du mois écoulé
;
- Réunion avec chaque acteur pour que chacun évalue l'avancement
de ses engagements respectifs (bilan) en fonction des indicateurs collectés
- Résolution des problèmes spécifiques et planification
des actions ;
- Réunion plénière rassemblant les représentants
de tous les acteurs pour résoudre les problèmes communs
ou éclaircir les conflits et surtout pour planifier les actions
à mener pendant le mois suivant => PV (signé par chaque
responsable au nom de son entité) = sorte de mini renouvellement
mensuel du DK.
3. Faire collectivement le bilan final en comparant les résultats
(indicateurs) obtenus pour chaque critère avec les exigences d'IA
pour déterminer si l'école est ciblable ou pas.
Quels sont les critères du ciblage ?
cf. Tableau récapitulatif des critères
et de leurs indicateurs (document
word)
Au cas où ces critères ne sont pas atteints à temps
(au mois de novembre au plus tard), les écoles ont droit à
un second et dernier Dina kely pour y parvenir et signer ainsi
leur premier Dina be à la rentrée scolaire suivante.
En effet, il serait inefficace de s'engager à collaborer avec une
école ne les satisfaisant pas : par exemple, à quoi bon
construire un second bâtiment si les enfants sont nombreux à
abandonner ou pourquoi former le FAF et les mamans à suivre les
études des élèves si le maître est constamment
absent ?
Qu'est ce qu'un Dina be ?
Les 5 acteurs du DK ayant prouvé qu'ils pouvaient remplir seuls
leurs engagements, IA avec l'aide de la Commune s'engage à les
accompagner pendant trois ans (en cas de renouvellement) afin d'assurer
à un maximum d'enfant une réussite scolaire pérenne.
Tous les 7 s'engagent ainsi à assumer leurs responsabilités
spécifiques afin de faciliter l'apprentissage des élèves
(qui sont bien la cible réelle de toutes les actions des autres
entités qui n'ont d'autre raison d'être que de leur permettre
d'accomplir leurs propres engagements).
Tâches de l'animateur
Il passe 3 jours par mois par école pour :
1. Faire l'évaluation participative mensuelle (réunions
spécifiques avec chaque acteur puis mise en commun lors de la plénière)
du DB (voir DK) : bilan (collecte des indicateurs) et planification des
actions du mois (PV) ;
2. Assurer la formation continue des FAF (voir plan bisannuel de formation
en annexe V) ;
3. Poursuivre la sensibilisation des parents avec SRmB (l'école
des mamans) ;
4. Responsabiliser les élèves (avec l'histoire de Miora
et Rija) ;
5. Former sur le tas l'Agent communal en lui faisant appliquer sur le
terrain ce qu'il aura appris lors des regroupements (" dina-mique
" : évaluations et résolutions de problèmes,
formations FAF, application du dina communal) ;
6. Faire collectivement le bilan final en comparant les résultats
(indicateurs) obtenus pour chaque critère avec les exigences d'IA
pour déterminer si le DB est renouvelable ou pas.
Quels sont les critères du renouvellement des DB ?
cf. Tableau récapitulatif des critères
et de leurs indicateurs (document
word)
De la même façon que pour les Dina kely, seules les écoles
les ayant remplis peuvent renouveler leur Dina be : les autres sont réduites
à une année de " mise en jachère " durant
laquelle notre apport est suspendu mais nous continuons à les aider
à résoudre les problèmes identifiés (en passant
une journée par mois) afin d'être en mesure de signer un
second Dina be lors de la rentrée scolaire suivante.
Ce qu'Inter Aide apporte en plus à partir du Dina be I
Le plus visible (et le plus stimulant) pour les communautés est
bien entendu une aide substantielle pour la construction du deuxième
bâtiment (tôles, ciment, clous, rondelles, pommelles, salaires
du charpentier et du maçon) ainsi qu'un soutien matériel
pour les latrines, la cantine, le jardin scolaire et les Actions Génératrices
de Revenus (AGR) (qui sont des engagements que nous ne suscitons qu'en
Dina be).
Mais le plus important pour la " dina-mique " est la mise en
place d'une formation continue des FAF, d'une école des mamans
(SRmB) et d'animations spéciales pour les élèves
: c'est la réussite de ces formations qui conditionnera la réussite
de notre désengagement progressif lors de la troisième année.
b) La formation des FAF (comités de parents
d'élèves) 
Pourquoi ?
Le but est d'aider les membres du FAF à accomplir leurs engagements
liés à la "dina-mique", et surtout de prévoir
qu'ils seront les premiers responsables de la pérennisation des
résultats et du développement de leur école après
le désengagement d'Interaide.
Travail de l'animateur
Prendre en charge les sessions mensuelles de formation continue (introduction
d'un nouveau module, révisions, suivi de la comptabilité
et application du PPAAR*) et des
regroupements bimestriels (suivant le plan de formation, sous forme de
compétitions de FAF avec la participation des équipes communales)
pour que les membres du FAF soient capables de :
- Connaître les règles officielles de fonctionnement de l'association
et les appliquer ;
- Assurer les différentes tâches comptables ;
- Comprendre les différents facteurs de la réussite scolaire,
le rôle de tous les acteurs du système et surtout assumer
leurs responsabilités dans ce cadre ;
- Stimuler la vie associative du FAF et surtout prendre peu à peu
en charge la " dina-mique " (en vue du désengagement)
;
- Savoir pour cela utiliser les différents outils que nous mettrons
à leur disposition (le contenu du classeur FAF dans l'annexe IV).
c) Les animations élèves 
Pourquoi ?
L'objectif final de toutes nos actions, comme de tous les engagements
de tous les partenaires est la réussite scolaire des élèves
de l'école. Il est donc évident qu'ils sont les premiers
concernés.
Néanmoins, il semble nécessaire de les sensibiliser à
l'importance de leurs engagements et de les aider à les réaliser
(comme pour SRmB et FAF).
Cependant, leur âge nous oblige à utiliser une approche simplifiée
et adaptée.
De plus, on espère convaincre plus facilement les parents en s'appuyant
sur les enfants pour certains thèmes (notamment les toilettes,
la cantine et le jardin scolaire), en gardant à l'esprit qu'ils
sont le premier lien entre l'école et leurs familles.
Travail de l'animateur
Réunir les élèves de chaque village après
la classe, une fois par mois pour leur faire comprendre leurs responsabilités
et les aider à respecter les engagements pris lors des Dina Be
(DB):
- Respecter le PPAAR ;
- Participer à l'organisation de la cantine scolaire et inciter
leurs parents à se cotiser suffisamment longtemps avant ;
- Faire sérieusement leurs devoirs (en classe et à la maison)
;
- comprendre la " dina-mique " ;
- Concourir au bon fonctionnement des classes multigrades, notamment lors
des phases de travail individuel et en groupe ;
- Faire des efforts pour améliorer leurs résultats et passer
en classe supérieure ;
Stratégie
Raconter l'histoire de Miora et Rija pour introduire le thème à
exploiter.
Pour imaginer cette histoire nous nous sommes librement inspirés
des personnages du conte "Les baguettes du tambourin" publié
par Intercoopération et l'Office National de l'Environnement dans
"A la découverte de l'Education environnementale des enfants
et jeunes ruraux à Madagascar" : la rencontre des deux enfants
lors d'une fête organisée par l'école de Miora suscite
de féconds échanges d'expériences entre les deux
familles qui débouchent bien entendu (c'est l'avantage de la fiction)
sur une fructueuse et " dina-mique " collaboration entre les
deux écoles.
d) L'école des mamans / Sekoly NY Renimbiavy
Pourquoi ?
Après les élèves, leurs parents, et en particulier
les mères, sont bien entendus les premiers responsables de leur
réussite en classe.
Or, il est évident que le faible niveau d'éducation de nos
bénéficiaires constitue un frein tant à la réalisation
de leurs engagements qu'à leur participation au suivi des études
de leurs enfants: comment quelqu'un qui n'est presque jamais allé
à l'école peut-il comprendre ce qu'on attend de lui et de
son enfant si on ne lui explique pas comment fonctionne une classe et
ce que les élèves y font?
C'est donc notre rôle d'aider les parents des écoles ciblées
à acquérir le minimum de culture scolaire qui leur permettra
d'appréhender la raison de chacun de leurs engagements (donc
d'être convaincus de leur importance) et surtout de leurs donner
les moyens de les remplir correctement.
C'est la même logique que le soutien technique que le volet pédagogique
apporte aux enseignants afin qu'ils aient envie et soient capables d'accomplir
leurs engagements de la "dina-mique".
En effet les formations FAF, les animations élèves et l'École
des parents ont la même ambition : convaincre ces entités
de l'importance de chacune de leurs responsabilités et leur donner
la possibilité technique d'y faire face.
De plus, on souhaite ainsi favoriser les échanges et la communication
entre eux, avec les élèves et avec le maître.
Objectifs
Susciter une plus grande participation des familles à l'amélioration
qualitative de l'éducation des enfants en leur permettant de :
- Connaître l'importance des devoirs à la maison (augmenter
la possibilité d'apprendre en s'entraînant en dehors de
la classe) pour :
- être capable de les surveiller (prévoir le temps et l'endroit
nécessaires et communiquer avec le maître),
- trouver des solutions pour aider les enfants à les faire (identifier
les personnes ressources susceptibles de les diriger) ;
- Appréhender l'utilité de l'évaluation continue
et ainsi :
- inciter le maître à la pratiquer,
- pouvoir interpréter une fiche UNICEF ;
- Suivre les apprentissages de leurs enfants, c'est-à-dire découvrir
les différentes matières, comprendre l'organisation du
travail scolaire en emploi du temps, la progression des programmes au
cours de l'année et du cycle et les tâches demandées
au fur et à mesure aux élèves afin de :
- saisir l'importance du respect du Dina et du contrôle collectif
du maître et savoir comment le FAF les fait respecter (PPAAR,
cahier FAF),
- prévoir des moyens (jardin scolaire, AGR*,
cotisations) de réduire les absences en avril (cantine scolaire)
et le nombre d'enfants sans fournitures,
- prendre l'habitude de coopérer avec le maître pour suivre
les progrès des enfants (l'idéal serait que le maître
arrive à communiquer régulièrement aux parents
les objectifs du mois ou du bimestre dans les matières principales)
;
- Acquérir des notions de base sur le fonctionnement des classes
multigrades (1 maître pour plusieurs classes afin d'éviter
toute perte de temps d'enseignement, 3 phases, travail en groupe, coins
d'apprentissage) et ainsi :
- accepter de se cotiser pour résoudre les problèmes matériels
(2ème bâtiment, préau pour l'espace plein air, fournitures
pour les coins d'apprentissage et les affichages) ou de participer à
la fabrication de certains matériels (tableaux d'affichage, boîtes
pour fichiers autocorrectifs, lettres mobiles
),
- collaborer avec le maître pour inciter les élèves
à respecter les consignes lors des phases de travail autonome
ou en groupes (problèmes de discipline à débattre
lors de l'évaluation DB),
- essayer d'identifier et convaincre les personnes ressources susceptibles
d'aider ponctuellement le maître, notamment lors des phases d'apprentissage
dirigé (moniteurs) ;
- Apprendre la structure du système éducatif et quels
en sont les différents acteurs :
- découvrir les différents échelons (MENRS*
à Tana, DIRESEB* à
Fianarantsoa, CISCO à Farafangana, ZAP au chef lieu et école
au village),
- connaître les différents cycles de l'éducation
malgache,
- reconnaître chaque entité locale et ses responsabilités
(exploitation des images de la "dina-mique").
Travail de l'animateur
Réunir les parents d'élèves une fois par mois et
organiser deux à trois fois par an des "compétitions
de RmB" (mères) - dont les lots seront des fournitures données
au maître et destinées aux enfants des groupes de RmB gagnants-
permettant des révisions et une plus forte participation des mères
de famille (voir
quelques extraits).
Stratégie
Chaque animation se fait en deux temps, avec deux types de stratégies
:
1. Découverte du thème du mois : favoriser des jeux de groupe
ou chacun est invité à proposer des réponses aux
questions posées avant de passer aux explications / clarifications
de l'animateur;
2. Exercice d'application / révision des séances antérieures
sous forme de jeu de l'oie dont le nombre des questions
augmente au fil des séances.
e) Le volet pédagogique (IAP) 
Rôle de IAP dans la " dina-mique "
Les trois formateurs ont une fonction semblable aux animateurs au sein
de la "dina-mique": il s'agit pour eux de donner les
moyens techniques aux enseignants de réaliser les engagements pris
lors de la signature des Dina kely ou be (en effet, leur soutien intervient
dès l'année 0 de préciblage).
Vu les difficultés rencontrées pendant la première
année du programme pour mettre en place un ambitieux plan de formation
pédagogique continue (assiduité aléatoire et manque
de motivation des enseignants dont l'encadrement administratif et pédagogique
est souvent insuffisant, voir plus bas), nous nous sommes volontairement
limités à 4 objectifs concernant uniquement les classes
de CP :
- Les devoirs à la maison, - L'évaluation continue, - Les
classes multigrades et la pédagogie de groupes,- Les conseils des
maîtres.
Pour y parvenir, les formateurs passent plusieurs fois par an dans chaque
école pour un soutien individualisé basé sur la diffusion
d'outils simples à utiliser (notamment des recueils d'évaluations
continue et de fichiers autocorrectifs inspirés des manuels Kajy
mampisaina 1 & 2, Tongavola et Garabola).
Nous insistons sur le fait que ce versant de ce volet est strictement
limité à la "dina-mique" : il s'agit d'aider
un acteur parmi d'autres (même s'il s'agit bien sûr d'un des
plus important) à réaliser ses engagements en vue d'un objectif
commun. Ainsi, même pour les devoirs à la maison, l'évaluation
continue ou les classes multigrades, et même les conseils des maîtres,
les enseignants ne portent qu'une part des responsabilités (voir
le tableau récapitulatif des engagements en annexe I et la description
de SRmB).
Par exemple, le bon fonctionnement des classes multigrades exigera un
grand investissement de la part de l'enseignant (soutenu par IAP), mais
aussi des élèves, du FAF et des parents d'élèves
(soutenus par IAA).
Vers un approfondissement de l'appui à la CISCO et aux C/ZAP
?
En effet, on peut difficilement concevoir une quelconque pérennisation
de cette action pédagogique si nous ne parvenons pas à mettre
en place un transfert de compétence vers les acteurs institutionnels
légitimement compétents en ce domaine.
C'est pourquoi nous nous tenons prêts à répondre à
toute demande de la CISCO pour participer aux formations des C/ZAP comme
des enseignants.
f. Des livres à l'école (Boky ao
an-tsekoly)
Voir la Présentation
du volet bibliothèques (Farafangana 2007)
Objectifs
Favoriser l'apprentissage de la lecture et de l'écriture des élèves
des écoles ciblées en mettant à leur disposition
d'autres supports écrits en langue maternelle que les rares manuels
présents.
Accompagner ces ouvrages de fiches de préparation des leçons
simples permettant aux enseignants de les exploiter efficacement (en favorisant
notamment l'utilisation des indices métatextuels) en classe.
Motiver les enseignants les plus efficaces en leur proposant des ouvrages
adaptés.
Parvenir à terme à la mise en place de bibliothèques
municipales.
Stratégie
Un fonds d'ouvrages illustrés pour enfants et de livres pour les
enseignants a été constitué (avec la collaboration
de la Présidente de l'Association des libraires malgaches), estampillé,
inventorié, côté et équipé.
Le catalogue, puis les ouvrages (20 identiques par classe) ont été
diffusés dans les classes ciblées en fin d'année
scolaire et depuis le début de celle-ci.
Les grandes vacances ont permis d'affiner les techniques d'animation auprès
de groupes d'enfants pris en charge par l'association Mamabe à
Farafangana.
Des fiches de préparation ont été réalisées
pour chaque uvre et les enseignants sont régulièrement
formés sur place à leur utilisation. Des exemples de fichiers
autocorrectifs restent à créer pour une meilleure utilisation
dans les classes multigrades.
L'action s'élargit progressivement aux autres écoles au
fur et à mesure des signatures des Dina be.
L'ouverture de la première bibliothèque municipale (Mahabo
Mananivo) est prévue au début de l'année 2005. Les
autres suivront l'année scolaire suivante en fonction de l'implication
des Communes et des financements.
Une fois le transfert du fonds effectué, le bibliothécaire
formateur supervisera le bon fonctionnement de la bibliothèque
municipale et favorisera son appropriation par les enseignants de la ZAP
en participant à l'organisation régulière d'animations
autour des livres.
4 - Conclusions: évolution
de l'action et impacts mesurables |
4.1 Évolution de l'action
Comme on l'a exposé en 1.3, la première partie de l'année
(des signatures des Dina kely et Dina be aux bilans de juin) a été
consacrée à l'expérimentation de la " dina-mique
". Un effort important a été entrepris dès
le début pour capitaliser notre expérience, notamment sous
la forme de fiches de préparations des différents types
de réunions et pour élaborer des outils simples et utilisables
par les bénéficiaires en vue de notre désengagement
(outils en malgache, à la disposition des membres de Pratiques
sur demande + outils disponibles en ligne).
Notre méthode d'animation communautaire est maintenant globalement
au point et assimilée par notre équipe : l'élargissement
de nos zones d'action cette année scolaire va nous permettre de
l'affiner et d'achever les outils restant à élaborer au
fur et à mesure (le planning de nos agents prévoit d'y consacrer
trois jours par mois).
Les chantiers principaux auxquels nous nous attellerons seront le perfectionnement
des pratiques de nos animateurs, la collecte systématique et régulière
d'indicateurs indispensables à une vision d'ensemble de l'évolution
mensuelle de l'impact de nos actions, l'accélération des
formations de FAF avec la généralisation des compétitions
et surtout l'initiation puis le perfectionnement de ces nouveaux acteurs
que sont les Agents communaux.
Nous souhaitons que notre pari d'impliquer l'ensemble des acteurs locaux
dans la rénovation des pratiques pédagogiques suscitera
enfin leur amélioration et que celle-ci se reflétera dans
les résultats des évaluations continues (en supposant que
l'effort consenti à ce sujet parvienne à en faire un indice
fiable des compétences des élèves).
Par contre, nous reconnaissons que la pérennisation de cet aspect
de notre démarche restera fragile tant que les C/ZAP et la CISCO
ne seront pas disposés à coopérer en ce sens et à
bénéficier de nos savoir-faire que nous compilons tout de
même sous forme d'outils et de "missions" mensuelles des
formateurs récapitulant pour chaque objectif la démarche
progressive adoptée. Nous nous tenons ainsi prêts à
contribuer au perfectionnement des encadreurs dès qu'une demande
sera formulée.
En attendant, nous avons l'intention de profiter de nos ressources humaines
pour imaginer de nouvelles approches avec PISAF*:
la collaboration entreprise sur les jardins scolaires nous incite à
explorer les moyens d'intégrer ce travail de la terre comme support
pédagogique à d'autres apprentissages (géométrie
ou calcul en situation concrète, par exemple). De plus, leur volet
santé nous a sollicité pour participer à l'élaboration
de supports pédagogiques pour adapter leurs messages sur l'hygiène
à un public scolaire.
Enfin, le développement des activités autour des livres
et l'ouverture d'une première bibliothèque municipale devraient
nous confirmer leur pertinence et nous inciter à trouver les moyens
de poursuivre l'expérience avec des perspectives de généralisation
encouragées par la récente création d'une maison
d'édition en langue maternelle consacrée au jeune public
(les Éditions jeunes malgaches) et les excellents rapports entretenus
avec l'Association des libraires malgaches.
4.2 Impacts mesurables
D'abord, nous pouvons être heureux d'avoir pu prouver que les
capacités d'accueil pouvaient être renforcées avec
de faibles moyens, en utilisant les matériaux et compétences
locales, ce dont témoignent les 32 bâtiments construits ou
réhabilités avec l'aide du programme et la facilité
dont font preuve la plupart des FAF pour équiper leurs écoles
à des coûts jusqu'à trois fois inférieurs (si
on tient compte du transport) à la distribution de mobilier réalisé
en ville.
Outre son avantage économique indéniable, cette volonté
d'associer les communautés et leur savoir-faire dès le début
du processus a eut des effets très positifs sur la réalisation
des deux premiers objectifs du projet : insister dès la phase de
construction sur le fait que les infrastructures ne sont qu'un élément
nécessaire mais loin d'être suffisant pour la réussite
scolaire a facilité la mise en place des processus de lutte contre
la déscolarisation (taux de scolarisation largement supérieurs
à 90% dès la première année de ciblage), les
abandons et les absences des élèves (moins de 15% à
la signature des Dina be).
Surtout, ces résultats encourageants confirment que notre méthode
de mobilisation des acteurs à travers une contractualisation évaluée
régulièrement de manière participative est efficace
et nous laisse envisager de pouvoir nous concentrer à l'avenir
sur ce qui reste le but primordial de notre action : améliorer
les compétences acquises par les élèves, particulièrement
en lecture, écriture et calcul pour les CP.
Si les résultats des évaluations continues demeurent peu
convaincants, la légère augmentation des taux de réussite
(30 à 36% après un Dina be pour la première cohorte
et 41 à 53% après seulement un Dina kely pour la seconde)
nous encourage à poursuivre dans la voie décrite.
En effet, agir sur les acteurs institutionnels reste difficile pour nous
: notre expérience nous suggère que ce type d'approche est
plus efficace au niveau central et que nous ne pouvons que l'accompagner
dans sa mise en pratique sur le terrain, à l'instar de l'exploitation
que nous avons entreprise des outils conçus par MADERE*
ou l'UNICEF : dans ces cas, l'action pédagogique étant pilotée
hiérarchiquement, elle a plus de chance d'être réellement
exécutée par la CISCO.
C'est pourquoi, en complémentarité avec l'action gouvernementale
et celle de nos partenaires au niveau national, nous ferons porter nos
efforts sur l'ensemble des acteurs non institutionnels ayant une influence
sur les compétences acquises par les élèves : cette
approche sociologique des déterminants de la réussite scolaire
est au cur de notre " dina-mique ", spécialement
avec les formations des FAF, l'école des mamans et les sensibilisations
élèves.
Pour finir, la réussite de la phase expérimentale de la
bibliothèque ambulante (213 animations dans 11 écoles devant
1002 élèves en moyenne) malgré un investissement
limité nous incite à rechercher les moyens de pérenniser
une initiative qui répond manifestement à une attente des
bénéficiaires : la multiplication graduelle de modestes
bibliothèques municipales (accompagnée bien entendu de la
formation du responsable concerné) semble la voie la plus naturelle.
|
Programme éducation
à Farafangana : outils disponibles : 
Outils pour les animateurs du programme:
-
Cadre logique du programme, en texte
et en images pour le détail des actions à
réaliser et les responsabilités de chaque acteur du
programme. document
xls octobre 2006
- "Guide de l'animateur" (Guide du programme en
malgache, à l'usage des animateurs du programme et des agents
communaux): traduction française du sommaire (document
word)
- Extrait du "Guide de l'animateur" : Classes multigrades
: exemples d'indication détaillées dans la deuxième
partie pour chaque objectif. (document
word)
- Classes multigrades : guide de la visite terrain à
l'usage des animateurs (document
word)
- Critères de ciblage et indicateurs (document
word)
- Grille d'auto-évaluation à l'usage des animateurs
(document
xls)
- Grille d'évaluation d'une réunion (traduction
française par le programme de Farafagana d'un document en
créole de l'OKPK) (document
word)
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- École des mamans : quelques unes des questions
traduites en français (document
xls)
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- Jeu de l'Oie (plateau
en jpg): le jeu de la réussite scolaire (18 questions
ont été traduites seulement, concernant les devoirs
à la maison, l’évaluation continue, l’emploi du temps et la lutte
conter le retards, la progression dans les programmes et la lutte
contre les absences et les abandons) (document
word)
Agrandir
le jeu

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Présentation
du volet bibliothèques (Farafangana 2007)
Voir présentation
2007 du programme d'appui à la politique éducative du programme
de Farafangana, Inter Aide Madagascar
Liste des abréviations employées:
AC : agent communal
AGR : Activités génératrices de revenus
C/CISCO : chef de la CISCO
CISCO : circonscription scolaire
C/ZAP : chef de Zone Administrative et Pédagogique
CR : commune rurale
DB : dina bé "grand contrat communautaire", base des
engagements de chaque acteur du village, de la commune, et du projet,
au cours des 3 années de ciblage.
DK : Dina Kely "petit contrat communautaire", base des engagement
de chaque acteur villageois au cours de l'année 0 de préciblage.
FAF : structure associative responsable du développement de l'école,
dont le Bureau regroupe les représentants des parents d'élèves
autour du Directeur ainsi que toute personne du village désireuse
de s'y impliquer.
Fknl : Fonkonola, communauté villageoise
Fkt : Fokontany, sous-division administrative des Communes rurales, correspondant
à l'aire de recrutement d'une école.
IA : Inter Aide
IAA : volet Animation du projet de Farafangana
IAP : volet pédagogique du projet
MADERE : Madagascar École de la Réussite, programme de coopération
éducative franco-malgache
MENRS : Ministère de l'Education Nationale et de la Recherche Scientifique
PISAF: Projet de sécurité alimentaire dans la région
de Farafangana de l'AgroAction allemande.
PPAAR : protocole de prévention des absences, abandons et retards
RmB: Renimbiavy, les mères
SRmB : Sekoly NY Renimbiavy, école des Mamans
ZAP : Zone administrative et Pédagogique, division de la CISCO
correspondant à une ou deux communes.

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sommaire Éducation
* Nicolas Cacciuttolo fut responsable du programme
d'appui à l'éducation à Farafangana de septembre
2003 à avril 2007.
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AVIS
IMPORTANT
Les
fiches et récits d'expériences "Pratiques"
sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges
d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de
la "charte
Inter Aide".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives
et ne prétendent en aucun cas "dire ce qu'il faudrait
faire"; elles se contentent de présenter des expériences
qui ont donné des résultats intéressants dans
le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient,
au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à
la condition expresse que les informations qu'elles contiennent
soient données intégralement y compris cet avis .
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