PRATIQUES - éducation - appui aux école.1.1.1

Animation Scolaire Rurale
Note sur le programme d'appui aux écoles de Manakara, Madagascar

Jean Copreaux
Yves Lecorgne*

Septembre 2000

1. Le contexte malgache
2. Le programme d'appui à la scolarisation
3. Une action fondée principalement sur les structures sociales et la dynamique locale

Diffusion
fiche ÉDUCATION.1.1.2
fiche ÉDUCATION 1.1.3
Retour au sommaire Éducation

un village traditionnel

Voir la contribution des lecteurs : Eva Carme-Molinos + Yves Lecorgne
L'expérience de 12 écoles rurales de Marigot vers l'autogestion (Haïti) février 01

AVIS IMPORTANT

Les fiches et récits d'expériences "Pratiques" sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de la "charte Inter Aide".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives et ne prétendent en aucun cas
"dire ce qu'il faudrait faire"; elles se contentent de présenter des expériences qui ont donné des résultats intéressants dans le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient, au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à la condition expresse que les informations qu'elles contiennent soient données intégralement y compris cet avis .

 

1. Le contexte malgache

L'enseignement primaire malgache est dans une passe extrêmement difficile. Victime des changements politiques successifs, il n'a cessé de se dégrader au cours des années 1980 et 1990: le taux net de scolarisation est ainsi passé de 78,8% en 1980 à 61% en 1993. Mais il existe une forte disparité géographique: seuls 25 à 30% des enfants vivant en zone rurale fréquentent l'école.
La Grande Ile doit en outre faire face à une forte déperdition, l'une des plus importante d'Afrique: le taux de redoublement pour l'ensemble du Primaire dans la région de Manakara atteint le chiffre effrayant de 50 %, le taux d'abandon 12 % (respectivement de l'ordre de 35% et 18 % au niveau national (1). En brousse, sur 1 000 enfants scolarisables, 500 sont effectivement inscrits en 11e, 50 parviennent en 7e et seulement 25 iront au collège !

Mais un système scolaire existe : à l'échelle de la sous-préfecture, le système scolaire est géré par la Circonscription Scolaire (CISCO). La Cisco assure le suivi et l'entretien des constructions scolaires, l'approvisionnement en fournitures scolaires, matériaux et mobilier, en appui aux initiatives communautaires et municipales (la politique actuelle, "les caisses de l'état étant vides", est d'encourager les comités de parents à assurer ces investissements …). La Cisco a également un rôle (purement) administratif dans la nomination des instituteurs et la légalisation des ouvertures d'écoles communautaires.

Dans les faits, les maîtres sont en nombre de plus en plus insuffisant, pour la plupart isolés, mal formés, mal payés et n'assumant, surtout en brousse, pas même la moitié du temps de présence requis par leur fonction. La structure de contrôle et de formation des instituteurs est quasi inopérante.

Dans l'arrière-pays de Manakara, où le programme Inter Aide intervient, l'école se résume bien souvent à une case traditionnelle (sol en terre battue, murs en matériaux traditionnels). Lorsqu'il existe, le mobilier scolaire est rudimentaire, la plupart du temps en très mauvais état et mal dimensionné par rapport aux besoins réels d'accueil.

Néanmoins, depuis 1993, on enregistre une forte mobilisation des familles. Mobilisation qui se traduit par une augmentation spectaculaire des effectifs : + 77% entre 1993 et 1998 dans notre région d'intervention (+ 25% sur l'ensemble du territoire malgache) !

Dans ce contexte, le programme Inter Aide a choisi délibérément de se positionner en appui extérieur et d'intervenir au niveau des réhabilitations matérielles (bâtiments et mobilier) de l'animation des communautés et des autorités locales et de la formation des maîtres.

 

2. Le programme d'appui à la scolarisation

Après une enquête exhaustive (Appui à la scolarisation dans l'arrière pays de Manakara, États des lieux et méthodologie d'intervention, J. Copreaux, juin 99) réalisée sur l'ensemble des écoles des 8 communes de la zone nord ouest de la CISCO de Manakara, le programme a démarré en août 1998 avec comme objectifs de :

  • faciliter l'accès au système scolaire de base pour un maximum d'enfants
  • lutter contre l'échec et l'abandon scolaires une fois cet accès autorisé.

Concrètement, le programme a choisi de travailler en deux étapes :

  • favoriser l'appropriation de l'école par les membres de la communauté villageoise et l'amélioration des conditions d'études, par la réhabilitation des écoles, l'apport de mobiliers scolaires et la formation des instituteurs ;
  • apporter un appui à la scolarisation et au maintien des enfants dans le cycle d'étude primaire par des actions d'animation scolaire familiale et communautaire.

L'animation est à la base même du programme. L'attitude des communautés rurales à l'égard de l'école est, nous l'avons dit, en pleine évolution. Considérée, voici seulement quelques années, comme inutile ou comme une perte de main d'œuvre potentielle (travail domestique ou dans les rizières), l'éducation est aujourd'hui perçue comme une nécessité afin que les générations futures affrontent au mieux la réalité socio-économique de la région.

Ceci est parfaitement bien illustré par le récit de l'un des animateurs, Anicet Alexandre, lors de sa visite à Mahatsara :

"Petit village isolé, situé à 5-6 km au nord de Sahasinaka, dans la commune de Mahamaibe, Mahatsara est caractérisé par la solidarité et l'union du fokonolona (communauté villageoise), en bien comme en mal d'où l'expression : " ranu vaki " (rivière en crue, débordante). Un DINA fort (contrat social), sans trop de liberté et de choix régit la communauté de Mahatsara, surtout au niveau de l'école.
Le fokonolona de Mahatsara, en tête les 4 Mpanjaka décideurs, avec les Garagea (50-70 ans), anciens, expérimentés, fiers des Andrembaventy (adultes mûrs), des Ampanompo (18-25 ans), forces vives, assurent sans hésitation ni honte la collaboration avec l'Inter Aide Projet Scolaire si le cas leur sera nécessaire.
"Nous en avons (en parlant de l'école), nous sommes en train de réparer la nôtre, tu vas voir jeudi 22 Oct. 1998, d'où nous transportons des bois ronds pour avoir une école immuable au mois de Janvier-Février, Avril, temps pluvieux, cycloniques ", disent les Mahatsarois.
" Nous avons soif du progrès, nous sommes paysans, illettrés. Les montagnes, les collines nous mettent dans une cuvette, dans une fente. Les ravinala (l'arbre du voyageur, typique de cette région de Madagascar) nous applaudissent comme ils se moquent de nous. Nos parents nous ont empoisonnés de ne nous avoir pas envoyés à l'école. Le Fanjakana (l'état, le pouvoir en général), les politiciens, au lieu de nous retirer de cet enfer, de l'obscurité, de l'ignorance, nous piétinent au contraire".


Le but principal de l'animation n'est donc pas la prise de conscience par les familles de l'intérêt de la scolarisation, mais la responsabilisation des communautés dans leur ensemble : il s'agit non seulement de les convaincre qu'elles sont, avec les instituteurs, les principaux acteurs de l'éducation de leurs enfants, mais aussi de les mobiliser et d'obtenir leur participation volontaire sur des objectifs précis, de renforcer leur confiance en leurs propres capacités de façon à ce qu'elles assument la responsabilité de la scolarité de leurs enfants.

L'animation a été conçue en deux étapes, la première servant à préparer la seconde.

  • La première étape de l'animation vise à mobiliser les familles autour de la réhabilitation (ou de la réouverture) de l'école : cette implication immédiate de l'ensemble des familles dans une réalisation communautaire concrète liée à l'école est à la base de notre intervention : élément parmi d'autres dans l'accès des enfants au cycle primaire, l'infrastructure scolaire (bâtiment et mobilier scolaire) n'en reste pas moins l'élément visible, matériel, pour lequel une décision communautaire peut entraîner l'adhésion de tous, parents d'élèves comme non parents d'élèves.

    C ar c'est bien la communauté qui agit. C'est elle qui demande un appui, elle qui est le maître d'œuvre et qui réalise les travaux communautaires. Le projet IA ne doit en aucun cas être perçu comme le commanditaire, mais comme un prestataire de service venant apporter ce que le village n'est pas en mesure de fournir (matériaux onéreux, appui technique).
    L'effort consenti au cours de la réhabilitation du bâtiment de l'école est pour beaucoup dans la détermination des parents d'envoyer et de maintenir leur enfant à l'école. Beaucoup espèrent en effet de ne pas avoir souffert pour rien : que la sueur évaporée, durant 3h de marche, par le transport de plus de 70 sacs de ciments nécessaires à la réhabilitation, serve au moins à quelque chose !

    Cet effort commun, nécessaire pour que les élèves étudient dans des conditions acceptables, permet par la suite d'aborder les notions plus abstraites de scolarisation, du maintien des enfants à l'école après un redoublement ou durant la période dite de soudure (entre les mois de février et mai), de l'importance du travail scolaire à la maison…

  • C'est la seconde étape de l'animation : motiver les communautés à prendre et à assumer leurs responsabilités. Le rôle du programme est alors plus subtil, il agit comme accompagnateur. Un "contrat de réussite scolaire" est signé entre les différents intervenants : parents, maîtres et Circonscription Scolaire. Le projet est là en appui extérieur, pour accompagner la communauté dans la prise en main de ses responsabilités, et apporter un appui à la formation des maîtres.

École d'Antanatana (la dalle a été refaite)
Cette phase prépare le retrait programmé du projet Inter Aide dans les villages ciblés. En effet, quand les bâtiments sont réhabilités, le mobilier fourni et les maîtres formés, il ne "reste plus qu'à" faire fonctionner l'école de manière autonome en impliquant les élèves, les parents, les structures traditionnelles, les autorités locales et la Cisco.
Le programme devient à ce stade un médiateur et a de moins en moins un rôle d'opérateur (cette position ayant été adoptée au départ pour construire les bases de la réussite future : bâtiments solides et correctement dimensionnés, mobilier solide et en quantité suffisante, maîtres formés, le tout ne devant plus nécessiter d'interventions ultérieures).

École entièrement rénovée

A ce stade, l'objectif est la scolarisation massive des classes d'âges 6-10 ans et le maintien des enfants dans le système primaire (minimum 5 années d'école), responsabilités qui incombent aux élèves, aux parents, à la communauté, à la CISCO, et non pas au projet Inter Aide. La motivation et l'implication des parents et de la communauté peut varier dans le temps : le travail d'animation des communautés a pour but de favoriser et faciliter cette implication puis de créer les conditions de sa durabilité par la formation d'animateurs villageois.

 

3. Une action fondée principalement sur les structures sociales et la dynamique locale

A mon sens, le principal succès des animations, qu'elles soient scolaires, hydrauliques ou sanitaires, vient du fait qu'elles "utilisent" la structure sociale locale comme vecteur de communication et d'intervention. Il me semble que la maîtrise du contexte socioculturel local est nécessaire avant d'envisager une quelconque intervention. L'échec de nombreux programmes dans le domaine scolaire à Madagascar - et ailleurs - vient du fait de leur non intégration dans le contexte socioculturel local. C'est pourquoi nous avons attaché une grande importance à la connaissance des structures sociales traditionnelles.

Basant notre approche sur la dynamique communautaire, nous avons débuté notre action dans des villages de taille intermédiaire (60 à 200 familles), qui restent très attachés à la tradition, avec ce que cela implique en terme de solidarité et d'entraide : dans ces villages, les chefs traditionnels décident et agissent au nom de la communautés, pour le seul profit de la communauté, sans poursuivre des buts personnels et partisans. C'est ce qui a motivé notre choix de travailler en priorité avec ces villages .

A Madagascar, l'animateur a la chance de pouvoir s'appuyer sur la structure communautaire des villages: toute prise de décision concernant la vie du village est collégiale, le débat étant la plupart du temps ouvert au travers de réunions de la communauté, la décision finale revenant aux chefs de clan.

L'animation s'effectue essentiellement à l'échelle du village qui héberge l'école (village principal) et des villages drainés par l'école (villages secondaires).

Les animateurs n'interviennent au niveau de la cellule familiale qu'au moment de l'enquête préalable, ou en cas d'abandon ou d'absence prolongée d'un enfant déjà scolarisé. Ce choix d'échelle (communautaire plus que familiale) est essentiellement lié au nombre de familles supervisées par chaque animateur. A la rentrée scolaire 1999/2000, 4 animateurs avaient la charge de quelque 2200 familles éparpillées sur plus de 50 km2, ce qui représente près de 550 familles par animateur ! A la différence d'une démarche d'accompagnement familial, où l'on s'adresse aux individus, nous raisonnons en termes de villages et d'écoles ciblées. Chaque animateur a sous sa coupe 5 à 7 écoles en même temps.

Par le biais d'un dialogue et d'une concertation entre tous les acteurs scolaires, l'animateur amorce l'intégration de l'école dans la communauté villageoise : en effet, l'école est souvent ressentie comme un élément étranger au village . De même, la relation entre les instituteurs et le village est distante, teintée de méfiance et source de conflits plus ou moins larvés. A charge de l'animateur de rétablir le dialogue et la confiance entre les deux partenaires ! L'école est donc à la croisée de deux mondes avec d'un côté, l'administration, qu'elle soit communale ou scolaire, et, de l'autre, la communauté villageoise et les parents d'élèves. Deux mondes, deux logiques, qu'il faut concilier autour de l'élève.


Concrètement, des animateurs (-trices) spécialement formés par le projet IA séjournent dans les villages, pour sélectionner les villages cibles. Ils y font de fréquentes visites domiciliaires afin de s'entretenir individuellement avec les familles et organisent des réunions communautaires, incluant l'ensemble des partenaires (familles, instituteurs, autorités locales). Les animateurs remplissent une fiche d'animation pour y enregistrer les personnes présentes, les thèmes abordés et les décisions prises)

Inutile de dire que le choix des animateurs est fondamental : ils doivent en effet rester en brousse de façon continue pendant 2 à 3 semaines par mois, adopter le mode de vie des communautés et gagner leur confiance.

Une fois les villages cibles sélectionnés, l'animateur y vient régulièrement pendant 3 à 6 mois, pour une animation communautaire centrée sur l'intérêt de l'école et la possibilité d'en améliorer la qualité en s'y investissant ensemble.
Cette animation amène à une mobilisation communautaire en vue d'une réhabilitation ou (ré)ouverture d'école. L'animateur reste très présent pendant la durée du chantier (en moyenne 2 mois pour un bâtiment de 13 mètres sur 6 mètres et comprenant deux salles).

L'animation préalable au "Contrat de Réussite Scolaire" démarre une fois la réhabilitation ou la (ré)ouverture de l'école achevée. Elle s'étale également sur 3 mois.
Pour gagner du temps et mieux faire comprendre le lien entre l'action matérielle (qui n'est qu'un moyen) et la réussite scolaire (qui est le but principal de l'action) il est préférable de démarrer cette animation avant même la fin du chantier, quand le village est encore tout impliqué dans la collaboration.
De plus, la signature du Contrat de Réussite Scolaire gagne à avoir lieu le plus rapidement possible après la fin du chantier pour surfer sur le dynamisme ambiant propre à une réalisation matérielle. Certes, la symbolique de cette signature ne doit pas être négligée : le bâtiment doit être complètement achevé, finitions comprises et mobilier livré.

La bonne intégration des animateurs est la condition nécessaire (mais non suffisante) à une animation réussie. Par ailleurs, il leur faut montrer de réelles capacités à mobiliser les communautés.
Le but ? Pousser les différents partenaires à s'exprimer, à identifier leurs blocages et le pourquoi de la non-scolarisation des enfants, les détails de la situation, les problèmes d'argent ou autre, les conflits … Mieux vaut des animateurs solides, de la même ethnie ou d'une ethnie côtière, familiarisés avec la brousse.

Il faut également qu'ils sachent mettre des limites car ils ne sont pas là pour assister la communauté ni faire les démarches à leur place. La mobilisation des communautés en début de "ciblage" nécessite une forte présence du projet IA mais il faut savoir progressivement se mettre en retrait, pour lui montrer qu'elle peut assurer seule ses propres responsabilités. Or les animateurs développent une telle connivence et intimité avec les communautés ciblées qu'il leur est parfois difficile de faire cet effort : on peut alors fixer des termes au début de chaque étape (chantier, mobilier, formation, contrat de réussite scolaire…) et pousser les communautés (et les animateurs) à respecter ces termes sous peine de voir le programme se retirer. Il faut contractualiser notre relation avec les communautés et éviter de tomber dans le copinage. C'est un point crucial de la réussite de l'animation.

L'ensemble des animateurs se réunit chaque quinzaine et indépendamment du responsable de programme dans un local central situé à Sahasinaka. Cela leur permet de comparer les situations auxquelles ils sont confrontés, les solutions expérimentées, les obstacles, de se donner des idées et, éventuellement, de se conseiller mutuellement. Un animateur " superviseur " est chargé d'organiser ces réunions et de collecter les données recueillies par chacun de ses collègues au cours de ses visites (par exemple le nombre d'enfants présents à l'école afin de le comparer avec le nombre d'inscrits). Il est en effet nécessaire d'avoir une bonne visibilité des résultats, un bon suivi de la cohorte de départ afin d'évaluer les redoublements et les abandons.

L'animation scolaire s'inscrit dans la durée : elle s'étale au minimum sur une année et n'est en aucun cas liée au temps de réalisation d'une construction ou d'une réhabilitation d'école (de l'ordre de quelques mois). Elle ne s'arrêtera que lorsque les objectifs de départ (liés à la scolarisation, au taux d'abandon et de passage d'un niveau à l'autre du cycle primaire) seront atteints.

La mobilisation communautaire engendrée par les animateurs du projet devra à terme laisser place à la mise sur orbite d'animateurs villageois bénévoles, formés à nos méthodes et capables d'assurer un rôle de médiateurs indépendants après le retrait du programme.

En effet, si au début du ciblage, il est nécessaire de dialoguer avec les structures traditionnelles (point d'entrée dans les villages), plus tard, quand on aborde des questions plus spécifiques à l'école et à sa réussite, il est préférable de changer d'interlocuteurs, afin d'avoir pour partenaires des villageois plus éduqués, eux-mêmes parents d'élèves, qui acceptent de gérer l'école et d'en assurer le suivi. Les chefs traditionnels sont souvent illettrés et trop vieux pour avoir des enfants en âge d'aller à l'école. Leur rôle, crucial au démarrage de la collaboration avec le village, se limite à nous faciliter l'entrée dans le village et à mobiliser l'ensemble de la communauté autour des réalisations matérielles.

L'identification des ces animateurs villageois se fera de la manière suivante : dès le début de son intervention, l'animateur doit intéresser des parents aux méthodes du projet et se faire systématiquement accompagner par ces parents dans ses visites au village ; peu à peu, une ou plusieurs personnes du village " émergeront " naturellement pour occuper cette position médiane. Il ne faut pas attendre d'être en phase de retrait pour commencer à se poser la question de la mise en place d'animateur villageois, d'autant que les communautés sont très intéressées à garder un contact direct et permanent avec le projet IA, ce qui ne favorise pas responsabilisation et autonomie.

Quelques résultats : au 8 septembre 2000
- 32 écoles publiques primaires ciblées
- 3954 enfants scolarisés
- 15 bâtiments réhabilités
- 22 écoles équipées en mobilier scolaire (tables-bancs, table de maîtres, chaise et tableau noir)
- 15 Contrats de réussite scolaire signés
- 15 écoles suivies dans le cadre de formations pédagogiques

Le taux d'abandon en cours d'année pour les écoles ciblées par le programme est nettement plus faibles que dans les autres écoles (14% contre 25%). Les écoles ayant signé un Contrat de Réussite Scolaire font encore mieux avec 11% d'abandon ; cette méthode d'animation villageoise porte donc ses fruits, les parents maintenant les enfants à l'école malgré les aléas de l'économie familiale entre deux récoltes.

Pour le calcul des taux, voir la note de Pascale Siciliano "indicateurs pour une analyse statistique des effectifs scolaires"
(retour au texte)
Pour en savoir plus : voir la "biblio pratiques" et la page de liens sur l'éducation.

Vous pouvez donner VOTRE AVIS, faire part de vos idées et suggestions, par mail ou sur le forum. Merci !

Retour au sommaire Éducation
fiche ÉDUCATION.1.1.2
fiche ÉDUCATION 1.1.3
Voir la contribution des lecteurs : Eva Carme-Molinos + Yves Lecorgne
FICHE ÉDUCATION.1.1.4. L'expérience de 12 écoles rurales de Marigot vers l'autogestion (Haïti) février 01

* Jean Copreaux a lancé et supervisé le programme scolaire de Manakara d'août 98 à juin 2000. Depuis juillet 2000 il est responsable du programme urbain de Golibar - Navi Mumbai (Bombay) en Inde.
Yves Lecorgne qui succède à Jean Copreaux sur le programme de Manakara, a relu ces fiches et y a apporté quelques contributions.

Diffusion :
Ces 3 fiches sur l'animation scolaire rurale à Manakara ont été diffusées par courrier en novembre 2000 à tous les projets éducation du réseau Pratiques, ainsi qu'à Aide et Action (notamment à Rémy Castéran à Diego Suarez, Madagascar):

Centre de Formation pédagogique et d'Appui aux écoles de Jean Rabel (Haïti), ID
Programme d'éducation à Niumakélé, Comores, ID
Secteur Haïti (Initiative Développement)
Secteur Comores (Initiative Développement)

Obed Jean-Baptiste, PRODEVA

Pérodin rural (Cahos, Haïti), partenariat IA/A&A
Médor rural (Cahos, Haïti), partenariat IA/A&A
Appui aux écoles de Chenot (Cahos, Haïti), partenariat IA/A&A
Appui aux écoles du Bas-Cahos (Haïti), partenariat IA/A&A
OKPK pédagogique (Cahos, Haïti), partenariat IA/A&A
OKPK logistique, (Cahos, Haïti), partenariat IA/A&A
Secteur Cahos, IA

Appui aux écoles de Marigot (Haïti), IA / ACDED
Centre de formation de Marigot (Haïti), IA / ACDED
Cantave Saint-Louis, directeur d'ACDED

Appui aux écoles de Manakara (Madagascar), IA
Appui pédagogique et formation , Manakara (Madagascar), IA
Secteur Afrimad, IA