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PRATIQUES - éducation - appui aux école. contribution des lecteurs
A- L'implication communautaire
comme " garantie " de la pérennité des actions Objet : A propos des commentaires de Eva et du Programme Scolaire de Marigot Bonjour, Voilà un échange auquel on se prête avec enthousiasme : enfin un Responsable de Programme qui a l'honnêteté d'exposer les termes du débat avec recul et objectivité ! Eva est consciente des problèmes qui se posent sur son programme et ne cherche pas à se voiler la face en nous accablant de résultats mirifiques. On a de la sorte très envie de participer à sa réflexion. Pour ma part, j'aimerai tant que le réseau Pratiques fasse davantage la place à ce type de réflexion dépassionnée, humble et intelligente. Eva pose des questions qui intéressent particulièrement le projet scolaire de Manakara. Je tenterai d'y répondre, en espérant que l'échange s'approfondira.
Effectivement, ici à Manakara, les structures traditionnelles sont encore très présentes dans les prises de décision communes, au niveau d'un village. Elles s'effritent pourtant pour deux raisons : premièrement l'élévation du niveau général d'éducation entraîne des changements comportementaux au niveau individuel (stratégie personnelle de survie, recherche d'un certain confort, ouverture vers l'extérieur et développement de l'esprit critique vis-à-vis de la tradition, etc.) et deuxièmement l'Etat central cherche à étendre sa zone d'influence plus profondément dans les campagnes (où vit la grande majorité des habitants, donc des électeurs). Les agents de l'Etat y sont plus présents qu'autrefois et les Communes Rurales bénéficient d'un plan ambitieux de décentralisation (financièrement, cela a des conséquences non négligeables au niveau des écoles publiques que nous soutenons). Je crois que d'ici quelques années, la force de notre programme - la participation communautaire sous contrôle des structures traditionnelles - aura nettement diminué. Il faudra de plus en plus compter sur les Communes Rurales et les agences de l'Etat décentralisées. Il ne faut peut être pas y voir là un inconvénient. Les campagnes françaises au début du siècle dernier étaient encore soumises à un mode de fonctionnement social très traditionnel. Qu'on se rappelle seulement les évocations des premières ouvertures d'écoles communales, dont l'instituteur véhiculait avait lui des valeurs de progrès, de modernité, que le curé du coin tentait de contrecarrer par tous les moyens (j'exagère sans doute un peu, ça fait cliché "Don Camillo", mais il y a du véridique là-dessous).Quoi qu'on en pense donc, la société rurale évolue et nos modes d'intervention doivent en tenir compte. Par conséquent, il me paraît pertinent de ne pas trop baser notre réflexion sur une dynamique communautaire car cette communauté vit de moins en moins en vase-clos. J'aime mieux l'idée de partenariat ouvert: tous les acteurs intéressés de près ou de loin par l'école doivent se retrouver sur une plate-forme commune ; chacun avec ses intérêts, ses méthodes, ses moyens et ses objectifs. Nous, Inter Aide, devrions n'être qu'un des partenaires en jeu, avec en plus un rôle de médiateur à plus long terme. Au départ, il me semble difficile d'être ainsi en retrait
: on doit générer une dynamique, on doit donc "mouiller
la chemise". Autour de cette dynamique, les énergies vont
se cristalliser : on "obligera" les autres acteurs à
s'engager et à participer (peut-être de façon symbolique
au début) et peu à peu, les partenaires devront se prendre
au jeu, s'intéresser plus profondément à la question
scolaire et donc, conséquemment, à accroître leur
niveau d'implication. A Marigot, comme à Manakara, plusieurs acteurs doivent être
réunis autour d'une table : parents, élèves (pourquoi
pas ?), enseignants, ONG, Mairies, administration publique, églises,
etc. Bien sûr, cela paraît plus facile quand on démarre
un projet sur cette base, plutôt que d'en hériter d'un qui
avait pris une direction très différente. Dans le cas d'
"écoles IA" comme à Marigot, on aimerait pouvoir
"tester" les parents et les instituteurs : il faudrait pouvoir
les lâcher pour constater si le fonctionnement de l'école
est maintenu. Ici, on se pose la question en ces termes : faut-il privilégier les écoles qui réussissent déjà bien au préalable à notre intervention, malgré des difficultés matérielles ou faut-il "se coltiner" les écoles dans lesquelles les indicateurs de la réussite scolaire sont majoritairement dans le rouge ? Dans le premier cas, notre rôle sera plus limité : atteindre une scolarisation massive des enfants scolarisables et améliorer durablement les conditions matérielles d'enseignement-apprentissage. Dans le deuxième cas, tout reste à faire, c'est enthousiasmant, mais on risque de se heurter à des blocages profonds, lourds à gérer, qui, de fait, expliquent la non-réussite scolaire depuis longtemps : des enseignants démobilisés, des conditions géographiques peu propices (montagnes, zones inondables), un certain "déterminisme ethnique", des responsables administratifs totalement absents, etc. On le constate dans quelques écoles ciblées au démarrage du projet : vue la démotivation profonde des enseignants, il aurait fallu se demander si quelque chose pouvait un jour changer, sans les faire muter (décision qui nous échappe totalement, ici à Manakara). Après une réhabilitation, des propositions d'amélioration du fonctionnement de l'école, l'établissement de relations plus profondes entre parents et enseignants, la signature de contrats, on ne voit pas les résultats scolaires s'améliorer. Or, le choix d'écoles à cibler étant si large, on doit chercher à cibler les écoles dans lesquelles on sera le plus efficace en déployant des efforts raisonnables. A-t-on le choix à Marigot ? Car, en étant circonspect au moment du choix, on délivre le message suivant : IA a des critères internes d'évaluation ; les écoles écartées cherchent à les connaître et à modifier leur fonctionnement pour un jour devenir éligibles. On constate aujourd'hui que le projet cible des écoles écartées il y a 2 ans, et qui ont fait, par elles-mêmes, des efforts pour "séduire" le projet IA, et deviennent écoles-cibles maintenant. On peut faire alors du très bon travail avec ces écoles, car elles ont accompli de tels efforts au préalable, qu'elles ont pris goût en quelque sorte aux enjeux scolaires. Ce sont des écoles pré-motivées, pré-disposées à travailler en collaboration contractuelle avec IA. Une question peu pertinente ici à Manakara. Les écoles
suivies sont toutes des Ecoles Primaires Publiques (EPP) , créées
et gérées par l'Etat malgache. Dans ce contexte, IA a un rôle mineur à jouer : nos animateurs
s'assurent seulement de la transparence des relations entre parents-enseignants-Etat-Mairies.
On connaît les budgets de chacun et on informe les autres. Puis
on vérifie que les sommes annoncées sont effectivement utilisées.
On pousse chaque acteur à provoquer des débats sur cette
utilisation, en définissant des priorités. IA est comme
un "gardien" de la transparence financière de gestion
des écoles. En cas de grave conflit, c'est l'Etat qui tranche en
dernier ressort (en fait, la Circonscription Scolaire, qui gère
les 240 EPP dans la sous-préfecture de Manakara).
Notre expérience cumulée depuis 1998 nous enseigne sans équivoque que l'action matérielle est la base de la motivation des parents et des enseignants pour une école de qualité. Les parents travaillent très dur pendant plusieurs mois pour construire leurs salles de classe : le chantier IA dure 2 mois, mais la communauté agit en amont (approvisionnements en matériaux) et en aval (petites finitions). Pour eux, il n'est pas envisageable ensuite de garder leur enfant à la maison car la sueur dépensée doit bien avoir servi à quelque chose ! Pour les enseignants, souvent encroûtés dans leur routine, isolés sur leur poste (sans beaucoup de suivi de la part des supérieurs hiérarchiques) et démunis de manuels et d'équipement pédagogique, la réhabilitation leur donne un nouveau souffle. Ils voudraient y croire à nouveau Eux-mêmes sont valorisé par cette réhabilitation, ont aussi moins d'excuses à donner pour justifier leurs piètres résultats. Ils se mobilisent donc majoritairement pour améliorer la réussite scolaire. Certes quelques maîtres au bord de la retraite ne veulent pas se remettre en cause malgré la nette amélioration de leurs conditions de travail (c'est un écueil de notre intervention, que nous déplorons, et sur lequel nous n'avons absolument pas prise). Personnellement, je vois mal comment nous pourrions engendrer une quelconque dynamique sans d'abord considérer les conditions matérielles d'enseignement-apprentissage. Il ne manque d'ailleurs pas d'études d'experts pour démontrer qu'il est futile de parler de réussite scolaire sans que ces conditions soient au préalable optimisées. On pourrait "obliger" les parents à patienter et à les "gaver" de poncifs sur la réussite scolaire. Pour eux, comme le dit si bien Eva, ce qui compte avant tout, c'est la réhabilitation. Ecoutons-les. Satisfaisons-les en les obligeant à participer massivement à cette action matérielle. Ensuite, il est plus naturel de dire : "maintenant que le bâtiment est flambant neuf et les mobiliers polis comme un sou neuf, faisons-en bon usage!". On coupe ainsi l'herbe sous le pied aux parents et enseignants qui ressassent trop souvent leurs mauvaises conditions de travail pour justifier les mauvais résultats scolaires. L'important en ce domaine est de faire participer les parents à la réhabilitation : matériaux locaux, main d'uvre, logement de l'équipe IA, transport gratuit des matériaux lourds (ciment, fers, tôles, bois). Faisons suer les parents, au premier degré ! Ils doivent avoir le sentiment de se sacrifier pour l'école future. Ici en brousse, la réhabilitation d'une école est un chantier exceptionnel, qui n'a pas d'équivalent dans d'autres domaines. Certes les communautés s'entraident traditionnellement pour travailler les rizières ou construire la maison du Roi, mais ces actions routinières n'ont pas l'ampleur et la visibilité qu'à la construction d'une école de 90m2 avec dalle béton, toiture en tôles galva, portes et fenêtres et table-bancs. La construction n'est pas banale et très peu de parents (sinon aucun) ne souhaitera se dire que leurs efforts ont été faits en pure perte. Les parents, naturellement, souhaitent rentabiliser leurs efforts : réflexe assez logique du cultivateur qui ne plante pas pour le plaisir de planter mais pour récolter en fin de saison. Enfin, je suis quand même d'accord avec Eva pour que le thème
de la réussite scolaire ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe.
Au cours de l'animation pré-chantier, on devra s'assurer que les
parents s'engagent dans cette action matérielle pour ensuite débattre
d'engagements plus immatériels, liés à la réussite
scolaire.
Les premières écoles furent ciblées fin 1998. Aujourd'hui,
nous les avons donc suivies sur 3 années scolaires. Nous avons
déjà réalisé le "package" d'actions
prévues : sensibilisation-animation des parents, réhabilitation,
mobilier scolaire, contrat de réussite scolaire, formations pédagogiques
individuelles.
Un bureau est élu par les parents, la communauté en général.
Souvent, les postes clefs sont détenus par des personnalités
plus ou moins éminentes du village. Le niveau d'éducation
est un critère important pour devenir membre du bureau, mais pas
toujours
Parfois, on élit quelqu'un pour lui faire plaisir,
pour lui donner une charge officielle dans la communauté, bien
que sa place traditionnelle dans le groupe ne lui permette pas de devenir
leader. La société malgache rurale étant encore profondément
basée sur un système " gérontocratique ",
l'âge est un autre facteur retenu par la communauté pour
élire un de ses membres au bureau. Bref, dans le pire des cas,
on pourrait avoir affaire à un illétré légèrement
grabataire ! ! Auquel cas, le fonctionnement du bureau sera moins efficace.
Cette option fut choisie lors du dernier renouvellement du Protocole
d'Accord avec l'Unicef, afin de les rassurer quant à nos intentions
de pérenniser le projet, après notre retrait. Cette option
était, et demeure encore largement théorique. Les animateurs
tentent, quand la situation le permet, de faire émerger un membre
de la communauté, que nous formons à nos méthodes
d'animation-médiation. Pour ma part, je crois que la pérennité sera acquise lorsque les différents acteurs prendront leurs responsabilités, perpétueront la contractualisation de leurs rapports et surtout demeureront motivés pour la réussite scolaire de leur école. Notre méthode pousse en ce sens : nous amenons les acteurs scolaires à prendre l'habitude de collaborer, de débattre et de signer des contrats. On ne peut pas faire reposer la réussite scolaire sur les seules et frêles épaules d'un individu. Notre "combat" c'est : l'école est un bien commun donc l'affaire de tous. La question de la motivation pour l'école me paraît mineure aujourd'hui : notre projet surfe déjà sur une vague d'enthousiasme pour la réussite scolaire des enfants. L'école est un enjeux majeur pour les parents, qui le font passer souvent au premier plan de leurs préoccupations. On le constate simplement lorsque les communautés nous affirment être d'abord motivées pour l 'école avant la borne-fontaine (autre projet IA en cours dans la région de Manakara). On peut le comprendre aisément : l'école représente l'ouverture vers l'extérieur dans des villages très isolés et enclavés; les connaissances que l'on y acquiert sont de plus en plus utiles pour profiter des opportunités économiques naissantes (les campagnes malgaches se monétarisent progressivement); enfin les autorités administratives et publiques prennent de plus en plus le relai des autorités traditionnelles, or il convient d'être lettré pour se familiariser avec les procédures des Mairies et autres agences décentralisées de l'Etat. Pour la grande majorité des parents, l'école paraît, en résumé, incontournable dans le cadre de l'évolution socio-économique actuelle. Revenons aux animateurs villageois théoriques : ils seraient bénévoles à moins que les parents ou la commune décident de leur donner une petite rémunération financière ou en nature. Leur suivi devrait être assuré par tout le monde et personne . Car étant les médiateurs entre les différents acteurs, chacun veillera à ce que l'animateur fasse son travail, de façon à ne pas être lésé. En même temps, l'animateur doit être indépendant de tous, pour jouer pleinement son rôle de médiateur. Je verrai donc l'animateur villageois comme un médiateur, sujet très à la mode dans le microcosme des travailleurs sociaux en France. On espère pouvoir en dire plus dans quelques mois lorsque nos tentatives auront été poussées assez loin pour dire si oui ou non la mise en place d'animateurs villageois est réaliste.
Au préalable au contrat de réussite scolaire, l'implication des parents est requise :
NB: taille d'une communauté : entre 50 et 250 familles, vivant plus ou moins dans le même village ; on parle de "village-mère" et "villages-filles" ; l'Etat s'étant fixé comme objectif d'ouvrir une école par Fokontany (que l'on pourrait traduire par "quartier", bien que cela n'ait pas beaucoup de sens en zone rurale ), un Fokontany regroupant plusieurs villages et chaque village abritant souvent plusieurs clans, représentés chacun par un Mpanjak (Roi).
Fréquence des rassemblements communautaires : à partir du moment où l'école est dite ciblée, l'animateur la visite 2 jours par mois ; à chaque visite, une réunion de la communauté ou du FRAM est sollicitée, avec ou sans le(s) enseignant(s). Ecoles communautaires : depuis mi-2000, le projet se refuse à soutenir de telles écoles ; car sans statut officiel et reconnaissance administrative formelle, son fonctionnement est purement aléatoire; l'enseignant est recruté et rémunéré par les parents ; l'école ne bénéficie d'aucun soutien communal ou de la Cisco en termes matériels ; le suivi pédagogique est quasi inexistant (il l'est déjà pour certaines écoles primaires publiques ). Lorsque l'on regarde la pyramide des âges des enseignants, on constate
que le gros des troupes a un âge compris entre 35 et 45 ans ; très
peu de recrutements ont eu lieu depuis 10 ans ; les départs en
retraite ont à peine été compensés, ce qui
entraîne une forte croissance des effectifs par maître ; la
situation se détériore encore plus maintenant que la vague
de scolarisation déferle sur le pays. L'Etat malgache a été
contraint de geler les recrutements pour contenter les bailleurs de fonds
internationaux, pourtant sensés venir en aide à Madagascar
(sic). Les suppléants recrutés doivent impérativement être
titulaires d'un BEPC. Leurs conditions de travail sont précaires
: ils sont postés dans des écoles souvent très enclavés,
le soutien pédagogique est pauvre ; la Cisco ne peut leur fournir
tous les manuels dont ils ont besoin (d'où la politique très
récente de IA de vendre des manuels à prix coûtant
et avec paiements différés sur 4 trimestres). Souvent ils
doivent concilier leur conscience professionnelle et leurs crampes d'estomac
: faire classe et cultiver un lopin de terre pour survivre. L'obstacle majeur de notre projet est donc la précarité de la motivation des enseignants : soit ils sont suppléants et pensent davantage à survivre au jour le jour (sans garantie de travail au delà d'une année scolaire), soit ils sont titulaires donc blasés ou trop occupés à récolter le café ou tenir la boutique du village. Le tableau est noir quoique nous puissions collaborer avec une poignée d'instituteurs qui y croient encore. Au nombre de 6, plus un superviseur. Chaque animateur suit au moins 5 écoles ciblées, et autant d'écoles non-ciblées (pour comparaison ou pour les préparer à intégrer le ciblage). Ils sont présents en brousse 21 jours calendaires par mois : la dernière semaine du mois comprend des repos compensatoires et des réunions de travail au "siège". Chaque école ciblée est visitée au moins deux jours par mois. Celles qui bénéficient d'un chantier sont plus fréquemment visitées car la motivation de la communauté doit être très soutenue pour respecter les délais d'exécution (2 mois calendaires maximum). Les animateurs ne réalisent pas de suivi pédagogique. C'est une tâche exclusivement réservée aux formateurs du projet (au nombre de 4, plus un superviseur : ils forment une quinzaine d'enseignants par an chacun, mais la productivité devrait être améliorée dans les prochains mois). Les animateurs sont titulaires du BAC et, pour certains, ont suivi des études universitaires. Autant que faire se peut, on recherche des animateurs matures, ayant déjà travaillé quelques années. Ils doivent avoir de réels talents d'orateurs. Ils doivent maîtriser la plupart des outils de communication et avoir une bonne capacité de communication. Enfin, ils doivent être aptes à vivre et marcher (c'est essentiel) en brousse. Par conséquent, plus les animateurs sont "sophistiqués", moins ils sont performants. A contrario, leur bon niveau culturel et éducatif est un atout fondamental pour mobiliser les communautés autour des enjeux scolaires.
Deux types de formation sont proposés :
Pour les formations individuelles, la question de la productivité et de l'efficience se pose : le coût par enseignant est élevé (+ de 2.000 FF). Pour y remédier, nous comptons beaucoup sur la méthode nouvelle des "conseils de maîtres" : les enseignants d'écoles voisines seraient regroupés pour bénéficier des formations délivrées par notre formateur ; on privilégierait des échanges entre eux et on mettrait en place un processus d'auto-formation assistée. Les résultats des formations pédagogiques sont encore difficiles à évaluer avec précision. Nous estimons que l'impact devrait être observé sur les taux de réussite des élèves. D'après notre expérience, il convient de décomposer notre intervention en 3 cycles : 1- La phase de préparation, pendant laquelle le diagnostic communautaire
doit être réalisé en considérant chaque acteur
: parents, enseignants, élèves, Cisco, etc ; l'animation
de chaque acteur est très forte à ce stade pour maximiser
les bénéfices de la phase de soutien intensif ; 2- La phase de soutien intensif : elle revêt plusieurs formes,
comme réhabilitation, mobilier, CRS, formations pédagogiques,
etc. 3- La phase de retrait : elle doit faire l'objet d'un Protocole, fixant les modalités et les échéances (on y travaille actuellement). Enfin, un tel projet complexe doit concentrer son attention sur deux ou trois problèmes précis. Pour nous, il y en a deux, sur lesquels convergent toutes les actions entreprises : la scolarisation massive des enfants scolarisables et leur maintien dans le système jusqu'à l'obtention du certificat de fin d'études primaires. D'autres besoins sont intenses mais les résoudre demanderait,
à l'heure actuelle, des moyens qui dépassent nos possibilités
: la préscolarisation et les cantines scolaires par exemple. Certes
ces deux actions aideraient à augmenter la réussite scolaire,
mais avant de les entreprendre, d'autres priorités ont été
identifiées. A chacun de diagnostiquer quelles sont ces priorités par rapport aux besoins exprimés par les acteurs concernés et par rapport aux moyens dont dispose le projet. Yves Le Corgne Vous pouvez donner VOTRE AVIS, faire part de vos idées et suggestions, par mail ou sur le forum. Merci !
à
l'attention de :
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