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SANTE
- Autres thèmes : recueil des données. 2
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AVIS
IMPORTANT
Les
fiches et récits d'expériences "Pratiques"
sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges
d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de
la "charte
Inter Aide".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives
et ne prétendent en aucun cas
"dire ce qu'il faudrait faire"; elles se contentent de
présenter des expériences qui ont donné des
résultats intéressants dans le contexte où
elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient,
au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à
la condition expresse que les informations qu'elles contiennent
soient données intégralement y compris cet avis .
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1.
Actions curatives  |
a) Consultations générales: peu de choses
à rajouter, l'indice d'accès aux soins me paraissant le
paramètre essentiel. Il pourrait être souhaitable de calculer
le pourcentage du recouvrement des coûts, notamment en ce qui concerne
pharmacies rurales et postes de santé, mais c'est une donnée
plus difficile à maîtriser qu'il n'y paraît (prix des
médicaments et de leur transport le cas échéant,
indemnité de l'agent, coût de la supervision et de l'encadrement,
renouvellement du matériel
)
c) Contrôle de la TB.
Un élément important (cf. directives OMS) est le taux
de dépistage, qui mesure l'efficacité du recrutement
(actif ou passif) d'un programme, c'est à dire sa capacité
à agir au plan de la chaîne de transmission en dépistant
le plus grand nombre possible de nouveaux cas apparus en un an au sein
de la population cible. Ce taux, calculé sur une année,
est donné par le rapport: Nombre de cas observés/Nombre
de cas attendus (*).
(*) Le nombre de cas attendus est obtenu à partir du RAI (Risque
Annuel d'Infection) qui est en général disponible dans la
plupart des pays, m&ne s~il s'agit d'une valeur moyenne nationale,
susceptible donc de présenter des variations locales. Le RAI oscille
en général dans les PVD entre 1.5 et 2.5%.
1% de RAI signifie 50 nouveaux cas de TB contagieuse pour 100 000 hb
et par an., et deux fois plus de cas toutes tuberculoses confondues.
Ex: Population de référence: 75 000 hb.
RAI=2.5%
Nombre de nouveaux cas contagieux attendus (incidence); 2.5 x 50 * 0.75
= 94
Nombre total de nouveaux cas attendus: 188
L'OMS préconise un taux de dépistage d'au moins 75%.
J'ajouterais à la liste d'indicateurs fournis par Bruno
le taux de conversion à 2 mois (% de malades contagieux
devenus négatifs à la fin de la phase intensive).
Je proposerais personnellement enfin un critère spécifique,
censé mesurer l'impact de l'action d'éducation et d'information
intégrée dans tout programme de ce type: il s'agit d'un
indice moyen de précocité du diagnostic (il faudrait
préciser les critères utilisés: nombre de mois de
toux, classement en catégories de gravité...). Il donnerait
une image du travail de sensibilisation effectué auprès
des communautés, le postulat fondateur étant que les malades
se rendent d'autant plus tôt au dispensaire qu'ils établissent
un lien plus rationnel entre l4effet et la cause, c'est à dire
entre des symptômes et une origine médicalement curable à
un endroit donné. (Cet indicateur n'est bien entendu valable que
rapporté à la même population de référence).
2. Actions préventives
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a. Planning familial: ce qu'il faut surtout définir avec précision
c'est la méthode de calcul du nombre d'utilisatrices et de celui
des cycles protégés, et la période sur laquelle elle
s'applique.
Un exemple: on suppose, au temps 0, que nous travaillions sur une population
de 1000 femmes, que les 2 principales méthodes soient la pilule
et le Dépo, et que, en théorie, le nombre de cycles soit
égal au nombre de femmes.
| mois |
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
6
|
| NB de plaquettes |
100
|
90
|
80
|
120
|
110
|
140
|
| NB d'injections |
100
|
50
|
0
|
80
|
60
|
60
|
| NB de bénéficiaires dans le mois |
200
|
140
|
80
|
200
|
170
|
200
|
| NB total d'utilisatrices |
200
|
240
|
230
|
250
|
250
|
340
|
| NB de cycles |
400
|
240
|
80
|
360
|
290
|
320
|
Le nombre total de cycles protégés est donc de 1690, soit
sur la période un taux de couverture de 1690 / 6000 = 28%. Il s'agit
d'une valeur objective (au respect des modalités d'utilisation
des plaquettes près). En revanche, le nombre d'utilisatrices ne
peut que refléter un moment particulier de l'action, et les moyennes
sont dans ce cas plus difficiles à marner.
Par ailleurs, le suivi de l'évolution du taux de naissance, là
bien sûr où il est possible de le calculer (zones urbaines)
représente un indicateur d'impact intéressant.
b) Suivi des grossesses
Deux indicateurs me paraissent fondamentaux: le taux d'accouchements
assistés (en milieu médicalisé ou en présence
d'une matrone), et le taux d'accouchements normaux. Dans la même
optique et idéalement, la mortalité néo-natale
et/ou péri-natale (dans les 8 jours après l'accouchement)
semble un indice important pour traduire l'impact d'un programme de sauté
préventive.
d) Le suivi nutritionnel
Rappelons les 3 indicateurs qui résument l'ensemble des paramètres
liés à la malnutrition:
Le Poids/Taille, qui décèle la malnutrition aiguë
La Taille/Age, qui reflète la malnutrition chronique
Le Poids/Age, qui indique indifféremment les deux et qui, à
lui seul, n'est pas suffisant pour acquérir une certitude.
Rappelons également que nous avions, Jean François Bruchet
et moi, rédigé un papier de deux pages, il y a trois ans,
établissant une comparaison entre 4 types de mesures sur la même
population d'enfants, utilisant successivement le P/A, le P/T, et la circonférence
brachiale avec le ruban MSF et le ruban TALC. Si mes souvenirs sont bons,
les meilleurs indices sur le plan de la sensibilité et de la spécificité
étaient le P/T et le ruban TALC, qui présentaient entre
eux des résultats très similaires.
Pour les études de population, Save the Children utilise en Ethiopie
pour ses enquêtes nutritionnelles, un indice de P/T moyen
(P/T µ), qui correspond simplement à la somme des mesures
effectuées divisée par le nombre de mesures. La valeur obtenue
s'évalue ensuite grâce à une grille très simple:
P/T µ > 95%: Bon.
Entre 90 et 94.9 %: Satisfaisant.
Entre 85 et 89.9 %: Médiocre.
P/T µ < 85%: Mauvais.
Cet indice est aussi intéressant dans son évolution, où
un écart de 2% est nécessaire (pour les mêmes zones)
pour considérer que la tendance est significative.
ENQUETE
COMPARATIVE SUR LES SYSTEMES DE MESURE DE L'ETAT
NUTRITIONNEL DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS.
Pune, Inde
Philippe Redon
Jean François Bruchet
Mars 1995
1) Paramètres testés:
Indice poids/âge (W/A)
Indice poids/taille (W/H)
Périmètre brachial (ruban TALC)
Périmètre brachial (ruban MSF)
2) Population de référence:
88 enfants des centres de nutrition de divers bidonvilles de
Pune, tous présentant à l'admission une malnutrition
sévère mesurée selon l'indice W/A
3) Opérateur:
Jean-François Bruchet, qui a réalisé lui-même
toutes les mesures
4) Méthodologie:
a) L'état nutritionnel de chaque enfant a été
mesuré successivement par les 4 méthodes
b) On a supposé qu'un enfant n'était pas gravement
dénutri lorsqu'au plus une seule des méthodes en
témoignait
c) On a considéré qu'il existait une déficience
nutritionnelle grave chaque fois qu'au moins 2 méthodes
concordaient dans leurs résultats (stade le plus sévère
sur l'échelle utilisée)
On a mesuré ensuite la sensibilité et la spécificité
relatives des méthodes en fonction des critères
adoptés ci-dessus
Rappel: la sensibilité d'un test
correspond au risque de considérer comme normal ou
modérément dénutri un enfant gravement atteint
(faux négatifs)
la spécificité correspond au risque de considérer
comme gravement dénutri un
enfant normal ou modérément atteint (faux positifs)
5) Résultats:
les données recueillies
A) Dénutrition grave:
4 mesures convergentes: 30 cas
3 mesures convergentes: 12 cas
2 mesures: 18 cas
B) Etat nutritionnel normal ou sub normal
1 mesure: 8 cas
Aucune mesure: 20 cas
Calcul de sensibilité et de spécificité
| |
W/A
|
W/H
|
TALC
|
MSF
|
| Sensibilité: |
0.78
|
0.90
|
0.90
|
0.61
|
| Spécificité: |
0.85
|
0.96
|
0.89
|
1
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6) Commentaire
Le ruban MSF a une spécificité absolue, mais une
sensibilité très faible, il présente donc
des risques importants d'oublier des enfants dénutris.
Il a probablement été conçu pour répondre
à des situations d'urgence et de famine où il s'agit
d'identifier les enfants les plus menacés parmi une population
elle-même à haut risque.
Le poids/âge est la moins fiable des méthodes: c'est
la moins spécifique et l'une des moins sensibles. Les risques
sont importants et presque équivalents dans un sens comme
dans l'autre.
Le poids/taille est incontestablement le meilleur test. C'est
le plus sensible et l'un des plus spécifiques. Les risques
de faux positifs comme de faux négatifs sont faibles et
confèrent une grande fiabilité à cette mesure.
Le ruban TALC présente des caractéristiques analogues
au précédent, aussi sensible mais un peu moins spécifique.
Ces 2 tests offrent par ailleurs le taux de concordance le plus
élevé dans les comparaisons partielles.
Dans le contexte des programmes conduits dans les bidonvilles,
où le volet nutritionnel est un élément parmi
d'autres de nos interventions auprès des familles et présente
donc un fort contenu éducatif, la sensibilité est
évidemment plus importante que la spécificité.
Dans cette optique, le ruban MSF doit être abandonné.
Une spécificité faible n'est pas un inconvénient
majeur. Le poids/âge présente une meilleure sensibilité,
mais insuffisante en théorie par rapport aux 2 autres méthodes
qui sont sans conteste les plus intéressantes. Objectivement,
le classement tenant compte de la pertinence de la méthode
en fonction du but recherché donnerait:
1) W/H
2) TALC
3) W/A
4) MSF.
Remarques: W/H est également la plus complexe des mesures
à effectuer, puisqu'elle introduit un risque d'erreur sur
3 paramètres: le poids, la taille, et l'âge. W/A
est un degré plus simple. Le périmètre brachial
restant la méthode la plus facile à utiliser.
Malgré tout, l'accent mis sur la pédagogie et l'appréhension
par les mères de l'aspect dynamique du statut nutritionnel
donne à 1'indice W/A une valeur pratique indéniable
dans les conditions du programme.

|
Philippe Redon fut responsable du programme de
santé d'Ennery (Haïti) puis des programmes urbains de Bombay
et Pune avant d'être chef de secteur Inde. Il est maintenant responsable
du secteur Afrimad (Ethiopie - Madagascar).

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Propositions
de Bruno Riezou sur la standardisation du recueil des données
Contribution de Thierry Vincent
Rapport
de mission sur le recueil des données en Haïti, Bruno Riezou
(septembre 98)
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