SANTE - santé infantile

Jeu de cartes pour la
prévention de la malaria et des diarrhées
Programme de lutte contre la mortalité infanto-juvénile dans les villages de l'arrière pays de MANAKARA, MADAGASCAR

Martine et Patrick Mougenot
Mise en ligne juin/août 2004

Le programme de Manakara a mis au point un jeu de cartes pour la prévention de la malaria et des diarrhées : pour chaque thème, les cartes correspondent :

  • aux causes de la maladie
  • aux conséquences de la maladie
  • description de la maladie
  • traitement et prévention
  • à cela s'ajoute des "fausses cartes" (causes erronées...)

Les illustrations ont été réalisées par Martine Mougenot.

Cartes sur le paludisme
Cartes sur la diarrhée

Règles du jeu

Ce sont toujours les mêmes messages qui sont véhiculés par les mêmes illustrations dans un format différent. Ces cartes peuvent être utilisées de plusieurs manières.

1ère possibilité

Il s'agit de susciter une démarche logique chez les participants. Le but du jeu consiste à abattre les cartes en suivant l'ordre suivant : maladie, causes, conséquences (complications) traitement et prévention.

5 joueurs maximum plus l'animateur.

Les cartes sont toutes distribuées. Le joueur situé à la gauche de l'animateur est le premier à jouer puis le jeu se déroule dans le sens de rotation des aiguilles d'une montre.
L'animateur commence le jeu en déposant une carte illustrant l'une de deux maladies (DIARRHE / PALUDISME).
Puis il demande aux joueurs de poser une carte CAUSES. Le joueur doit expliquer pourquoi il a choisi cette carte.
Si un joueur pose une carte qui ne correspond pas à la catégorie demandée, il reprend cette carte et ne jouera pas au tour suivant. On n'oublie pas d'expliquer pourquoi le choix du joueur était faux.
Le jeu comporte trois FAUSSES CARTES ( mandarine, vaccin et goyave). Si un joueur pose l'une de ces cartes au cours du jeu il doit expliquer son choix, conserve sa carte et ne jouera pas au tour suivant.
Lorsque les joueurs estiment avoir poser toutes les cartes CAUSES, l'animateur continue en demandant les cartes CONSEQUENCES/COMPLICATIONS ; puis les cartes TRAITEMENT et enfin les cartes PREVENTION.
Le jeu se termine lorsque les participants estiment avoir joué toutes leurs cartes.
Le joueur qui, à la fin de la partie, garde en main une bonne carte doit expliquer pourquoi il ne l'a pas jouée. Il conserve cette carte. Les autres joueurs sont invités à donner leur avis.
Si un joueur a en mains une FAUSSE CARTE à la fin de la partie, il explique pourquoi il n'a pas joué cette carte. Si son explication est bonne il pose la carte.
Le gagnant est celui qui a le moins de cartes en main.

Seconde possibilité.

5 à 10 joueurs plus l'animateur

Les cartes sont posées sur le sol faces cachées. A tour de rôle, les joueurs prennent la carte située sur le dessus du paquet, la retournent et la posent devant eux.
L'animateur demande au joueur de décrire l'illustration et de préciser sa signification.
Si le joueur se trompe, il conserve cette carte avec lui. On demande aux joueurs suivants de s'exprimer jusqu'à obtention de la bonne réponse.
Lorsque le joueur donne une bonne réponse il repose la carte au centre constituant un second paquet.
Le jeu se termine lorsque toutes les cartes du premier paquet ont été tirées.

Le gagnant est celui qui termine la partie avec le plus petit nombre de cartes en sa possession.
On termine cette séance en reprenant les cartes qui sont en possession des joueurs et en demandant à l'ensemble des participants de les décrire et de préciser les messages illustrés. Ceci afin que les joueurs qui ont fournit une mauvaise réponse ne quittent pas la partie sans avoir compris le sens des messages.

Il est possible de prolonger le jeu en effectuant une seconde partie avec les cartes qui ont été reposées (le second paquet).

Troisième possibilité.

6 à 10 joueurs plus l'animateur

Le tapis de jeu est disposé au centre du cercle constitué par les joueurs
L'animateur décide du sujet qui sera évoqué au cours de la partie : DIARRHEE ou PALUDISME et pose la carte MALADIE correspondante sur l'ovale situé au centre du tapis de jeu.
Une courte discussion à propos de cette carte doit permettre à tous les joueurs de comprendre le thème abordé au cours de la partie.

Quatre paquets de cartes sont répartis sur les cases numérotées de 1 à 4.
A tour de rôle, les joueurs lancent le dé et prennent la carte située sur le dessus du paquet correspondant au chiffre du dé. Lorsqu'un joueur tire le chiffre 5 avec le dé, il passe son tour. S'il tire le 6 il rejoue.
Cette carte est retournée.
Le joueur doit décrire l'illustration, préciser sa signification et son rapport avec la MALADIE objet du jeu.
Si le joueur fournit une bonne réponse il conserve sa carte. Dans le cas contraire celle-ci est réinsérée en dessous de son paquet.
Le jeu se termine lorsqu'il ne reste plus aucune carte sur le tapis de jeu.
Le gagnant est celui qui a en main le plus grand nombre de carte.

Quatrième possibilité

4 joueurs plus l'animateur

Le but du jeu est de se débarrasser de ses cartes en les posant par groupe de trois (TRIO) selon une certaine logique.
Soit un TRIO concernant la prévention ou le traitement d'une maladie, soit un TRIO composé de fausses cartes ou encore un TRIO avec des cartes causes ou conséquences.
Trois cartes sont distribuées à chaque joueur. Les cartes restantes sont posées en tas face cachée.
Si le joueur peut composer un TRIO il le montre, l'explique et si ce TRIO est validé, il le pose sur le sol. S'il n'est pas validé, il le garde et prend une carte dans le paquet mais ne joue pas.
Si le joueur ne peut pas composer un TRIO avec les cartes qu'il a en main, il prend une carte dans le paquet. Soit cette carte lui permet de proposer un TRIO et il le montre. Soit il ne peut en composer et le jeu continue avec le joueur suivant.
Le gagnant est celui qui le premier s'est débarrassé de toutes ses cartes. Le jeu continue avec les joueurs restants jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul joueur.

Cinquième possibilité.

Au cours d'une réunion avec les groupes de femmes ont peut distribuer une ou deux cartes à chacune des participantes. Ces cartes restent cachées.
Pour débuter la séance on peut demander aux femmes de se présenter en donnant leur prénom, ceux de leurs enfants puis de retourner une carte et de tenter de la décrire.
Il est possible aussi en cours de séance lorsque la fatigue se fait sentir, de demander à quelques participantes de retourner leur carte et de la commenter.

Le paludisme
La diarrhée

Cartes Description Message
LE PALUDISME    

Tazo moka
Paludisme

un enfant suant et frissonnant le paludisme est une maladie fréquente chez l'enfant
2. causes de la maladie

Moustiques

Deux moustiques volent.Un moustique pond dans l'eau. Le seul mode de transmission du paludisme est la piqûre de l'anophèle.Ce moustique ne pique que la nuit.Il se reproduit en pondant ses œufs dans l'eau.

carte mandarine

Dessin du fruit Le paludisme ne se transmet pas par l'ingestion de mandarine (croyance populaire). Ceci conduit à évoquer le mode de transmission de la maladie
3. conséquences et complications    
Un corps recouvert d'un linceul allongé sur un brancard. Un accès palustre non traité en urgence peut se transformer en accès pernicieux souvent létal.
4. Traitement    

Carte chloroquine

Une plaquette de comprimés, un verre rempli d'eau. La chloroquine est le traitement de première intention d'un accès palustre.La posologie prescrite et la durée du traitement doivent être respectés.

Carte Maman-conseil

Une femme devant sa maison accueille une mère tenant son enfant malade dans les bras En cas de maladie d'un enfant, le premier recours est la maman-conseil qui a été formée à diagnostiquer un palu et à le traiter.Celle-ci procure aussi des conseils aux mères.

Carte Centre de santé de base

Une mère avec un enfant malade dans les bras se dirige vers un bâtiment.Au dessus de la porte un panneau indique CSB. Lorsque la mère réside à proximité du CSB il est important qu'elle s'y rende en cas de maladie.La maman conseil peut y référer l'enfant lorsqu'elle ne constate aucune amélioration malgré un traitement bien conduit.
5. Prévention    
Un enfant dort sous une moustiquaire. Le paludisme se transmettant par un moustique qui ne pique que la nuit, dormir sous une moustiquaire imprégnée est le seul moyen d'éviter d'être contaminé
Un homme élimine une mare d'eau devant sa maison. Le moustique se reproduit en déposant ses œufs dans l'eau stagnante. Pour éviter qu'il ne se multiplie il est important d'éliminer ces gîtes de ponte.
Une seringue Il n'existe pas de vaccin contre le paludisme.Cependant des vaccins existent qui protégent les enfants contre d'autres maladies (polio, diphtérie…..).Il est important de se rendre au CSB pour effectuer ces vaccinations.
     
Cartes Description Message
DIARRHEE

La diarrhée

Un enfant est allongé sur une natte souillée par des selles liquides... La diarrhée est une maladie fréquente chez l'enfant.On peut la définir par une émission de selles trop liquides et trop fréquentes.
2. Les causes    

Eau non potable

Un enfant boit de l'eau au bord d'un ruisseau. L'eau des rizières, des ruisseaux est souvent polluée par les déjections déposées à proximité.Elle contient des microbes qui sont responsables des maladies diarrhéiques.
Sous un caféier, un enfant ajuste son short après avoir effectué ses besoins.Des selles sont déposées sur le sol. Les selles contiennent de grande quantité de microbes responsables de diarrhée.Si elles sont déposées à l'air libre, les mouches peuvent se poser dessus.

Les mouches

Deux mouches en vol, une troisième marche sur le sol laissant des empreintes. La mouche participe à la transmission de la diarrhée.Après s'être posée sur des selles laissées à l'air libre ; elle va s'envoler puis venir souiller les aliments en se posant dessus Ses pattes sont en effet enduites de selles et donc de microbes.

Village sale

Un village de la région.Le sol est jonché de détritus.La clôture autour de la borne fontaine est détruite. Un seau a été abandonné à proximité. Des canards barbotent dans une mare d'eau. Un enfant défèque derrière un buisson. Un village mal entretenu est un village insalubre. Les mouches et les moustiques y pullulent augmentant les risques de transmission des maladies aux jeunes enfants.
2. Conséquences et complications

Déshydratation

Un enfant est allongé sur une natte souillée par des selles liquides.Il est maigre, son visage est émacié.Par la porte ouverte on aperçoit des plantes desséchées sur un sol craquelé. La conséquence d'un épisode diarrhéique est la perte d'eau qu'elle entraîne.Comme une plante privée d'eau se dessèche, un enfant atteint de diarrhée se déshydrate. Cette déshydratation peut être très rapide et avoir une issue fatale.Il est donc urgent de réhydrater l'enfant par une solution adaptée le SRO (iray sy valo)

Décès

Un corps recouvert d'un linceul allongé sur un brancard. Une plante desséchée meurt si elle ne reçoit pas d'eau. De même,la déshydratation aiguë chez un jeune enfant, si elle n'est pas rapidement corrigée peut être responsable de son décès.
4. Traitement    

SRO (Sérum de réhydratation orale)

Dans une maison, sur une natte sont posés un pichet gradué (zinga), deux petits tas de poudre blanche l'un plus important que l'autre, une cuillère à café et une capsule de bouteille. Le plus souvent il n'y a pas de traitement spécifique d'une diarrhée.Le plus important est de prévenir la déshydratation.Le SRO est une solution facile à préparer qui contient les éléments nécessaires à l'absorption l'eau par l'intestin.Pour préparer cette solution il faut un litre d'eau, 1c à c (ou une capsule) de sel et 8 c à c de sucre.Le iray sy valo doit être donné dès le début de l'épisode diarrhéique et poursuivi jusqu'à guérison. La quantité journalière est fonction de l'âge de l'enfant.
Une femme devant sa maison accueille une mère tenant son enfant malade dans les bras En cas de maladie d'un enfant, le premier recours est la maman-conseil qui a été formée à diagnostiquer un épisode diarrhéique et à le traiter.Chez elle il y a toujours les éléments nécessaires à la préparation du iray sy valo. Celle-ci procure aussi des conseils aux mères.

Centre de santé de Base

Une mère avec un enfant malade dans les bras se dirige vers un bâtiment.Au dessus de la porte un panneau indique CSB Lorsque la mère réside à proximité du CSB il est important qu'elle s'y rende en cas de maladie.La maman conseil peut y référer l'enfant lorsqu'elle ne constate aucune amélioration malgré un traitement bien conduit.

Des goyaves.

  La décoction de goyaves est fréquemment utilisée pour traiter les maux de ventre (marary kibo).Cette médication ne peut cependant pas se substituer au SRO.Pour prévenir la déshydratation chez un enfant diarrhéique il convient de lui administrer le iray sy valo.
5. Prévention

Latrines

Un abri en planches. La porte est entrouverte. On aperçoit, une dalle de san'plat, un enfant qui ajuste son short.A l'extérieur une bouteille est accrochée sur la paroi de la cabane Afin d'éviter que les mouches se posent sur les selles et transportent les microbes, il est important de déposer les excréments dans un endroit fermé.Les latrines sont conçues à cet usage.Elles doivent rester propres afin de ne pas rebuter les utilisateurs.La bouteille, à l'extérieur de l'abri contient de l'eau pour permettre à chaque usager de se laver les mains en sortant des latrines.

Lavage des mains

Un enfant se lave les mains à l'extérieur d'un abri de latrines.Sur le sol on aperçoit un récipient. Il contient de la cendre.Sous la bouteille un trou creusé dans la terre est rempli de graviers. Après avoir déféquer il est habituel de s'essuyer les fesses. En effectuant ce geste les mains sont au contact des selles et des microbes.C'est pour cette raison qu'il est important de se laver les mains immédiatement après.Pour se laver les mains il ne suffit pas de les passer sous l'eau. Il convient d'utiliser un abrasif. A défaut de savon, coûteux, la cendre remplit parfaitement ce rôle.

Village propre

Un village. Les cours devant les maisons sont propres.Une femme se dirige vers la borne fontaine.Celle-ci est bien protégée par une clôture en bon état.Un canal permet de drainer les eaux résiduelles. Dans un village où les déchets sont éliminés, les eaux drainées la pullulation des insectes (mouches, moustiques) diminue.Ceci contribue à réduire les risques de transmission des maladies de l'enfant.L'eau potable contribue à diminuer ces risques c'est pourquoi il est important de la valoriser en entretenant régulièrement la borne fontaine.
Une femme lave son enfant Importance de l'hygiène corporelle
Le même enfant qui apparaît sur la carte "eau sale" boit l'eau puisée à la borne fontaine. Contrairement à l'eau des rizières et des ruisseaux, l'eau de la borne fontaine ne contient pas de microbes.Cette eau est en effet puiser à une source et ne peut être polluée car transportée dans des canalisations fermées.Il est cependant important de nettoyer fréquemment le réseau (boite de captage…)
  Il est important de laver le seau utilisée pour transporter l'eau
Une seringue Il n'existe pas de vaccin contre la diarrhée.Cependant des vaccins existent qui protégent les enfants contre d'autres maladies (polio, diphtérie…..).Il est important de se rendre au CSB pour effectuer ces vaccinations.

fiche 1.1.8. Prévention des diarrhées à Manakara
Fiche 1.1.9. Prévention de la malaria à Manakara
fiche 1.1.10 Formation des "Mamans Conseil" à Manakara

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AVIS IMPORTANT

Les fiches et récits d'expériences "Pratiques" sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de la "charte Inter Aide".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives et ne prétendent en aucun cas "dire ce qu'il faudrait faire"; elles se contentent de présenter des expériences qui ont donné des résultats intéressants dans le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient, au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à la condition expresse que les informations qu'elles contiennent soient données intégralement y compris cet avis .

Patrick Mougenot est responsable du programme de santé de Manakara depuis nocembre 2001. Auparavant il travaillait en Ethiopie sur le programme santé de Gesuba dans le Woreda de l'Ofa.

Fiche SANTÉ-1.1.8. Modélisation du programme de lutte contre la mortalité infanto-juvénile dans l'arrière pays de Manakara, Madagascar, (pdf 170 Ko) Dr. P. Redon, Inter Aide, mars 2006
fiche 1.1.9. Prévention des diarrhées à Manakara
Fiche 1.1.10. Prévention de la malaria à Manakara
fiche 1.1.11 Formation des "Mamans Conseil" à Manakara

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