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SANTÉ
- santé infantile: nutrition
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APPROCHE DES PROBLÈMES NUTRITIONNELS
DANS LA RÉGION DES CAHOS
HAÏTI 1995
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Dr Dominique ROBERFROID
INTER AIDE - 1995
mise en ligne 10.6.2002
1. Introduction
2. Identification des facteurs contribuant à la malnutrition
2.a. Insécurité alimentaire des familles
2.b. Soins inadéquats des enfants liés à des problèmes
sociaux-économiques
2.c. Pratiques alimentaires inappropriées
2.d. déficiences nutritionnelles spécifiques
2.e. Infections
3. Actions menées en matières de nutrition
: activités spécifiques de nutrition
3.1.Dépistage et prise en charge
3.1.a. La surveillance nutritionnelle
3.1.b. Les foyers de démonstration nutritionnelle ("ti foyé")
3.1.c. La supplémentation alimentaire à domicile
3.1.d. Le centre de récupération et d'éducation nutritionnelle
3.2. Éducation nutritionnelle
3.3. Distributions de nutriments spécifiques
4. Activités non spécifiques de nutrition
Retour au sommaire santé infantile
Fiche "Ti foyers" 2001
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AVIS
IMPORTANT
Les
fiches et récits d'expériences "Pratiques"
sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges
d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de
la "charte
Inter Aide".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives
et ne prétendent en aucun cas
"dire ce qu'il faudrait faire"; elles se contentent de
présenter des expériences qui ont donné des
résultats intéressants dans le contexte où
elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient,
au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à
la condition expresse que les informations qu'elles contiennent
soient données intégralement y compris cet avis .
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1. INTRODUCTION  |
La malnutrition juvénile constitue un problème majeur
de santé dans la zone des Cahos. 20% des consultations générales,
60 % des consultations pédiatriques dans nos deux dispensaires
concernent un problème de malnutrition.
Sur la seule année 1994, le Centre de Récupération
et d'Éducation Nutritionnelles de Pérodin a accueilli 118
enfants sévèrement malnutris (kwashiorkor ou marasme avec
Poids/Taille inférieur à 70% ) pour une population couverte
de 1935 enfants de moins de 5 ans. 29% des enfants pesés dans les
postes périphériques de vaccination sont en stade II de
Gomez et 4.9 % en stade III (sur 5646 pesées entre septembre 1994
et septembre 1995)
Il s'agit donc d'un problème mixte de malnutrition: chroniquement.
33,9 % des enfants de moins de 5 ans, sur notre zone, sont malnutris (petit
poids pour l'âge, P/A < 75 %). Parmi ces enfants fragilisés
du point de vue nutritionnel, certains décompenseront et souffriront
d'une forme aiguë de malnutrition, marasme et surtout kwashiorkor.
Soulignons encore que 62 % des hospitalisations pédiatriques à
l'hôpital de référence du district (Hôpital
Albert Schweitzer) sont liées à la malnutrition.
Des enquêtes nutritionnelles réalisées dans d'autres
parties du pays (enquête nationale en 1990, Gonaïve en 1992,
Nord-Ouest en 1993 et 1994) ont révélé que, en moyenne,
16 à 18 % des enfants de moins de 5 ans avaient moins de 75 % du
poids qu'ils auraient dû avoir pour leur âge.
2. IDENTIFICATION DES FACTEURS
CONTRIBUANT A LA MALNUTRITION  |
a) Insécurité alimentaires des familles
- Il est significatif que 64 % des enfants sévèrement
malnutris accueillis au CREN en 1994 l'aient été entre
juin et octobre, période de soudure à laquelle se surajoutaient
les effets de l'embargo total imposé au pays à cette époque
(on observe aussi ce pic saisonnier cette année mais dans une
proportion bien moindre).
- A peu près 95 % des familles ont un accès à des
jardins pour la production agricole. Cependant il s'agit essentiellement
d'une agriculture d'auto-subsitance: faible productivité par
manque de techniques agricoles et érosion des sols, manque de
débouchés commerciaux (zone enclavée) et impossibilité
de stockage en sont les principales raisons. Ainsi les plus gros propriétaires
terriens préfèrent affermer ( par récolte ) une
part de leurs jardins plutôt que d'augmenter leur production agricole.
- Par ailleurs, les sources de revenus non liés à l'agriculture
sont pratiquement nulles: un peu de commerce, quelques métiers
peu qualifiés...
- Il y a donc peu de capitalisation qu'elle soit monétaire ou
alimentaire. Tout ceci explique la grande fragilité d'une part
importante des foyers dont l'apport alimentaire est très conditionné
par les conditions climatiques saisonniers et certaines contingences
(telle que maladie de la mère....)
b) soins inadéquats des enfants liés à des problèmes
sociaux
- On observe une implication importante des mères pour la survie
économique de la famille, ce qui explique une assez grande absence
au foyer ( achat/vente de marchandises, travail dans les jardins, recherche
de bois et d'eau, lessive....).Ces contraintes budgétaires et
temporelles ne favorisent pas une prise en charge nutritionnelle adéquate,
surtout des jeunes enfants.
- Des études anthropologiques ont démontré une
variété d'unions conjugales socialement acceptées
dans lesquelles mobilité sexuelle et liaisons à partenaires
multiples sont communes. Cette fragilité des couples amène
une redistribution et re localisation fréquente des enfants dans
d'autres foyers. Ceci ne favorise pas non plus des soins adéquats
à l'enfant. Ainsi, au CREN de Pérodin. les cas les plus
réfractaires au traitement elles plus sensibles aux rechutes
sont les enfants confiés à une "belle-mère".
- Des grossesses trop nombreuses et trop rapprochées (taux de
fécondité en Haïti 5 enfants / femme) ont deux effets
néfastes sur la nutrition des enfants: d'abord elles diminuent
la capacité de s'occuper correctement de l'enfant en augmentant
les contraintes temporelles et budgétaires ensuite elles portent
atteinte à la santé des mères elles-mêmes.
En Haïti, le taux de mortalité maternelle est de 4 à
6 femmes pour 1000 naissances vivantes; 35 % à 40% des femmes
adultes souffrent d'anémie, (52 % des femmes enceintes dans Cité
Soleil, un bidonville de Port-au-Prince). 15 % des nouveaux-nés
ont un poids à la naissance inférieur à 2.5 Kg.
c) Pratiques alimentaires inappropriées
- Beaucoup concernent l'allaitement maternel, car si 99 % des femmes
entament l'allaitement maternel, souvent il est peu longtemps exclusif
(au niveau national, 12,5 % des enfants de moins de 3 ans sont encore
exclusivement nourris au sein). Voici quelques exemples de pratiques
inadaptées que nos discussions avec les matrones traditionnelles
nous ont permis de mettre en évidence : jeter le colostrum, donner
un laxatif (ail, muscade) au nouveau-né, attendre la montée
laiteuse (2-3 jours ou plus) avant de mettre l'enfant au sein (en attendant,
on lui donne de l'eau sucrée ), entamer une alimentation complémentaire
très tôt dans la vie (à 22 jours, si la mère
ne nourri plus le petit - si elle n'est plus " ti nouris ").Ceci
est encore un facteur lié à la contrainte économique,
la mère ne doit pas tarder à reprendre le travail pour
ne pas rompre l'équilibre précaire de la famille), pratiquer
un sevrage brutal (du jour au lendemain).
- Si traditionnellement les mères savent que l'alimentation doit
être équilibrée (repas type: riz + pois + sauce
légume ou jus de fruit ), en revanche, à nouveau pour
des contraintes temporelles et budgétaires, l'apport calorique
quotidien des enfants répartis sur 1 ou 2 repas, est insuffisant.
d) Déficiences nutritionnelles spécifiques
- La vitamine A: on a observé plusieurs cas de déficience
sévère dans les Cahos en 1994, certaines allant jusqu'à
la taie cornéenne, démontrant un sérieux problème
de carence au sein de la population. Or la vitamine A est particulièrement
importante pour son rôle dans le système immunitaire et
sa déficience augmente la mortalité et la morbidité
notamment lors des épisodes de diarrhées et de rougeole.
Il y a une corrélation très forte entre Malnutrition Protéino-Calorique
et xérophtalmie, qui sont deux maladies de la pauvreté.
- L'iode : 31 % des femmes en âge de procréer qui se sont
présentées à notre dispensaire au mois de septembre
1995 présentaient un goitre visible. Or la carence en iode, outre
le goitre, a des conséquences graves sur la santé, notamment
sur la santé des enfants: petit poids à la naissance,
mortalité infantile accrue, retards mentaux, grossesses compliquées....
- Le fer: 40 % à 50 % des enfants préscolaires souffriraient
d'anémie ferriprive selon certaines enquêtes. Or la carence
en fer prédispose à un risque accru de maladies infectieuses.
e) Infections
- Une grande proportion des enfants de moins de 5 ans ( > 85 % )
souffrent de parasitose intestinale ( surtout ascaris, trichuris et
ankilostome)
- Un enfant souffre en moyenne de 7 épisodes de diarrhée
par an. Le diagnostic de diarrhée est associé à
48 % des morts infantiles (45 % pour les morts des enfants entre 12
et 59 mois).
- Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans est
de 151 pour 1000 par année !!!
3. ACTIONS MENÉES EN MATIÈRE
DE NUTRITION : Activités spécifiques
de nutrition
|
1. Dépistage et prise en charge
Afin de cibler nos activités spécifiques de nutrition,
nous considérons que nous nous adressons schématiquement
à 4 groupes différents d'enfants :
- les enfants sans vrais problèmes nutritionnels < 69 o/o
des enfants pesés sont dans ce cas, stade normal ou stade I de
Gomez ) auxquels seront destinés des mesures préventives
(préventives et non préventives)
- les enfants présentant un retard de croissance pondérale
( souvent lié à une petite taille, "stunting").
En moyenne, 34 % des enfants des enfants pesés dans nos postes
périphériques de vaccination sont dans ce cas ( stade
II et stade III de Gomez ). Ils auront accès à un Foyer
de Démonstration Nutritionnelle
- les enfants en décrochage pondéral seront référés
au dispensaire et si nécessaire admis dans le programme de supplémentation
à domicile (lorsque le poids/taille est compris entre 70 % et
80 %)
- les enfants sévèrement malnutris (poids/taille inférieur
à 70 %) seront internés au CREN (Centre de Réhabilitation
et d'Éducation Nutritionnelle)
1.a) La surveillance nutritionnelle
Nous disposons à présent de registres de population par
localité dans lesquels pour chaque personne sont repris les indicateurs
de santé et d'utilisation des services. Ces registres sont tenus
par les agents de santé et remis à jour plusieurs fois par
année grâce au support informatique de l'hôpital Schweitzer.
Le suivi pondéral des enfants de moins de 5 ans tient une bonne
place dans ces registres. Chaque enfant est pesé tous les 2 - 3
mois, soit au sein des comités-santé lors des séances
de vaccination-éducation à la santé, soit lors des
visites domiciliaires pour les autres (détection active).
En fonction des résultats de la pesée, chaque enfant entre
dans une des catégories citées plus haut et bénéficie
des actions nutritionnelles spécifiques en conséquence.
1.b) Les foyers de démonstration nutritionnelle
PRINCIPE
On observe que des mères, pas nécessairement les plus favorisées,
parviennent à assurer à leurs enfants un apport nutritionnel
correct ("positive deviance"). L'idée de base
des foyers de démonstration nutritionnelle est de profiter de l'expérience
de ces mères pour en faire bénéficier les femmes
de leur voisinage.
Les foyers de démonstration nutritionnelle constituent donc
une forme très concrète d'éducation nutritionnelle,
visant à montrer à chaque mère que son enfant peut
être réhabilité grâce aux pratiques alimentaires
locales réussies.
RÉALISATION
- Recrutement lors des pesées périphériques des
animatrices Ti Foyé (mère dont l'enfant est en stade normal)
et des participantes Ti Foyé (mère dont l'enfant est en
stade II-III de Gomez depuis plusieurs semaines). Les Ti foyé
se passent essentiellement au sein des comités-santé.
- Formation des animatrices en 3 jours :
jour 1 : éducation sur le principe du Ti Foyé et du suivi
nutritionnel ( carte chemin de la santé)
jour 2 :
-enquête de 24 heures: qu'ont-elles donné à manger
à leur propre enfant durant la journée précédente
-constitution d'un menu local procurant de 700 à 1000 kcal. par
enfant
- Achat des ingrédients sur le marché pour une somme modique
( 2,5 G)
jour 3 :
- préparation du repas
- éducation sur les activités non spécifiques de
nutrition (hygiène, planning familial, vaccinations,...)
- Chaque Ti Foyé dure 2 semaines et s'adresse à maximum
15 enfants pour des raisons opérationnelles.
Chaque jour, l'enfant reçoit une collation à son arrivée
dans le Ti Foyé ( pain + avocat, pistaches, casave-manba,...).
est baigné, mange un repas équilibré.. L' animatrice
partage ses connaissances avec les mères.
Les mères participent activement à la réhabilitation
de leur enfant.
SUIVI :
Chaque enfant est pesé au jour 1 et au jour 12, ensuite après
15 jours et après un mois. Un agent de santé vient renforcer
l'action de l'animatrice au jour 4 et au jour 8.
Les enfants qui n'ont pas grossi au jour 12 sont référés
au dispensaire.
ÉVALUATION :
Pourcentage d'enfants réhabilités ( gain de poids de 700
gm après un mois).
Nous manquons de recul pour l'évaluation (8 Foyers de démonstration
nutritionnelle réalisés à ce jour). Cependant, les
Foyers de démonstration nutritionnelle réalisés l'an
passé sur l'aire de l'hôpital Schweitzer et incluant 5017
enfants ont montré que 57 % des enfants étaient réhabilités.
1. c) La supplémentation alimentaire à domicile
Pour les enfants en décrochage pondéral et modérément
malnutris ( P/T entre 70 % et 80 %. kwashiorkor débutant, appétit
conservé, pas d'infections sévères) référés
au dispensaire, une supplémentation alimentaire est entamée:
elle consiste en une ration quotidienne d' Akamil à réparer
à la maison d'une valeur de 850 kcal.
Le suivi au dispensaire est hebdomadaire (consultation + nourriture pour
une semaine).
La supplémentation dure maximum 6 semaines. Elle s'arrête
quand l'enfant atteint 85 % du P/T.
Deux consultations à un mois d'intervalle après l'arrêt
de la supplémentation sont requises au
dispensaire pour suivre l'évolution nutritionnelle de l'enfant.
La mère, qui s'engage par contrat pour toute la durée de
la supplémentation, paie un forfait de 10 gourdes.
En 1994, 51 % des 108 enfants mis en supplémentation sur la zone
de Pérodin avaient atteint le poids de sortie et continuaient à
grossir après 3 mois.
D'autres options s'offrent à ce niveau : adopter ce système
de supplémentation pour des enfants internés au CREN pendant
des périodes plus courtes ; organiser une supplémentation
par cuisine chez les animatrices de comités-santé (système
de ticket-repas)
1.d) Le centre de récupération et d'éducation
nutritionnelle (CREN)
OBJECTIF DOUBLE: - récupération nutritionnelle proprement
dite
- éducation nutritionnelle pour l'accompagnant de l'enfant et animation
1.d.) RÉCUPÉRATION NUTRITIONNELLE
Voici les quelques principes qui régissent le fonctionnement du
CREN à Pérodin:
- 1. Critères d'entrée: poids/taille < 75% médiane
( NCHS/CDC/OMS 1982) et/ou présence d'dèmes
- 2. Critères de sortie: poids/taille > 85% médiane
ET absence d'dèmes
ET absence de maladies
ET courbe de poids ascendante
ET mère ayant assimilé le message nutritionnel
- 3. Apport nutritif: => H.E.M ( High Energy Milk):
- Valeur :100 kcal et 3-4 grammes de protéines /100 ml de lait
- Recette: lait écrémé en poudre + sucre + huile
+ eau (selon formules OXFAM, "Selective Feeding Programmes",
Dr.Tim Lusty
- volume : 150 ml /kg de poids corporel / jour
- Les mères reçoivent le volume total le matin et ont
la responsabilité de le fractionner en fréquents repas,
au cours de la journée et de la nuit ( risque d'hypoglycémies)
N.B:on peut diluer le I-I.E.M de moitié avec du sérum
oral (SRO ) durant les 3 premiers jours pour éviter de trop importantes
diarrhées osmotiques.
=> AKAMIL ( bouillie pois-maïs ) ou 1 REPAS LOCAL
-Valeur : 350 kcal et 12-15 g. de protéines / 100 g. de mélange
sec
-Recette : 2 parts maïs + 1 part pois + 4 parts eau + légumes
+huile
-Préparé par les mères elles-mêmes dans une
cuisine "pays"
Objectifs : - recréer des conditions proches de celles de la
maison
-promouvoir l'Akamil
-réhabituer l'enfant à ingérer une nourriture qu'il
trouvera à sa sortie du CREN
- 4. Traitement et critères de santé standardisés.
Pour chaque enfant admis dans le centre :
-Traitement vitamine A (200 000 UI aux jours 1-j2-j8 ; ½ dose
pour enfant dont poids < 8 kg)
- Albendazole 400 mg. 1 comprimé au jour 1
- Cotrimoxazole , 60 mg/kg/ j pendant 5 jours
- Metronidazole. 15 mg /kg/ J pendant 7 jours
- Supplémentation en fer ( attendre une semaine avant de commencer
car toxicité par formation de radicaux libres et modification
de l'appétit ), 30 mg/kg/j
- Vaccinations si nécessaires
- 5. Supervision médicale et traitement des affections intercurrentes
(règle générale :
considérer l'enfant malnutri comme un prématuré
!)
- 6. Stimulation psycho-affective des enfants : jeux, balançoires
Quelques aspects pratiques:
- c'est l'auxiliaire de santé qui est responsable du suivi strictement
médical de chaque enfant (connexion dispensaire-CREN) : établissement
des traitements, mise en place de sondes nasogastriques
- les "nutritionnistes" (2 personnes à mi-temps alternatif)
quant à elles préparent le HEM et assurent l'éducation
nutritionnelle et la communication avec les mères.
- tous les enfants sont pesés et examinés 1 fois tous
les 2 jours et cela est reporté sur la feuille de suivi individuel
- le sens de l'évolution pondérale de chaque enfant (en
hausse, stagnant, en baisse) ainsi que sa température et d'éventuels
problèmes (maladie , mère absente,...) sont inscrits sur
un tableau récapitulatif accroché au mur, ce qui permet
en un coup d'il à l'auxiliaire ou au médecin de
connaître sur quel(s) enfant(s) plus particulièrement porter
son attention à chacun de ses passages.
1.D.2) ÉDUCATION NUTRITIONNELLE
Caractéristiques idéales:
- La plus participative possible
Ex: mères discutant entre elles, ou animant tour à tour
la séance éducative préparation de l'Akamil
- non culpabilisante ; promotionnelle
- adaptée aux problèmes réels rencontrés
par les mères, pertinente
Ex: on a beaucoup insisté sur l'apprentissage des "twa
kalité manjé" alors qu'en fait, on se heurte
à une impossibilité réelle de se fournir en aliments
( prix des pois en hausse), ou à un problème d'horaire
(un seul repas par jour, enfant livré à lui-même
quand la mère travaille...)
Impact: difficile à évaluer, un supplément
d'information n'entraînant pas nécessairement une modification
de comportement (évaluation possible si suivi à long terme
de la famille ?).
Comme une certaine intimité se crée avec les mères
qui séjournent dans le CREN, il faut profiter de cette période
privilégiée pour tenter de les sensibiliser à d'autres
thèmes d'éducation planning familial, hygiène
Nous profitons également de cette opportunité pour tenter
de valoriser les mères par des activités pratiques: cours
de cuisine, jardinage, initiation à la couture,...
A la sortie de l'enfant divers renseignements le concernant sont reportés
dans un registre qui demeure au dispensaire. Il est demandé à
la mère de représenter l'enfant une fois par mois pendant
3 mois (cf. contrat). Si un enfant manque 2 de ses rendez-vous, un agent
de santé de santé se rendra à son domicile pour élucider
le pourquoi de l'absence (ex: découragement de la mère ,
honte de la rechute , mort de l'enfant...) et tenter d'y remédier.
OBJECTIFS : -suivre l'évolution de la croissance de l'enfant et
soutenir la mère
-évaluer l'impact réel du CREN à moyen terme : combien
d'enfants rechutent après leur sortie ? Combien meurent? Combien
continuent à grossir?
Résultats: pour les enfants sortis entre juillet 1993 et 1994
| |
IN DISTRICT
|
OUT DISTRICT
|
TOTAL
|
| ENFANTS EXEATES |
104
|
183
|
287
|
| PERDUS DE VUE |
11.5%
|
28%
|
22.3%
|
| ENFANTS SUIVIS |
92
|
131
|
223
|
| % dont le poids augmente |
56.5%
|
49.5%
|
52.5%
|
| % dont le poids stagne |
11%
|
9%
|
10%
|
| % dont le poids baisse |
24%
|
35%
|
30.5%
|
| % de rechutes |
7.5%
|
5.5%
|
6%
|
| % morts |
1%
|
1%
|
1%
|
NB:on pourrait affiner qualitativement la mesure en cherchant à
connaître combien d'enfants non seulement grossissent mais atteignent
après 3 mois un P/T normal suivant le principe :
taille actuelle => taille cible (après 3 mois de reprise de
croissance , taille normale suivant courbe taille/âge) => poids
cible = P50 du P/T pour cette taille.
2. ÉDUCATION NUTRITIONNELLE
Les grands thèmes abordés sont :
- Promotion de l'allaitement maternel exclusif jusque 6 mois
- Alimentation équilibrée
- Importance des collations fragmentation de l'apport calorique)
Les méthodes pour diffuser ce message nutritionnel sont :
- Campagne nationale de promotion de l'allaitement maternel
- Programme de santé à l'école
- Séance d'éducation au sein des comités-santé
et lors des visites domiciliaires.
3. Distribution de nutriments spécifiques
Selon certains auteurs, on peut attendre une réduction de 16 à
23 % de la mortalité infantile lors de programme de supplémentation.
En prévention, on donne :
- pour les enfants de 1 à 5 ans : 200 000 UI tous les 4 à
6 mois
- pour les enfants de moins de 1 an ou de moins : 100 000 UI ( 3 gouttes)
de 8 kilos
- pour les femmes allaitantes 200 000 UT dans le 1er mois après
l'accouchement
En traitement, on donne 200000 UI aux jour 1, jour 2 et jour 8 pour les
enfants souffrant de xérophtalmie et pour les enfants sévèrement
malnutris
Une supplémentation générale de la population en
iode contribuera à diminuer la mortalité infantile, à
diminuer le nombre d'enfants naissant avec un faible poids, et aussi à
améliorer les capacités intellectuelles des habitants :
un programme mené en Chine a permis d'amener le taux d'échecs
scolaires de 50 % à 2 % en 8 ans ("Guide pratique de la
carence en iode", ICCIDD, 1992).
A partir de 1996, chaque habitant de la zone des Cahos recevra 1 capsule
orale d'huile iodée une fois par année.
La prévention se fait essentiellement lors des consultations prénatales
(200 mg par jour).
A noter que le rapadou ( mélasse de canne à sucre est un
élément très riche en fer (cf. Table de composition
des aliments en Haïti). Et selon certains auteurs, un supplément
en fer bi-hebdomadaire (ou même hebdomadaire) serait aussi efficace
qu'un supplément quotidien à cause de la saturation de la
bordure en brosse intestinale ) et donc mieux supporté et mieux
suivi.
4. ACTIONS MENÉES EN MATIÈRE
DE NUTRITION : activités non-spécifiques de nutrition
|
L'utilisation de ce service progresse rapidement sur notre zone. Actuellement,
16 % des femmes en âge de procréer ont recours à une
méthode de contraception.
- AIDE ÉCONOMIQUE AUX FAMILLES
Les avances sur récolte organisées par le programme agricole
: au moment des plantations, lorsque le prix des semences est élevé
sur le marché local, les familles peuvent emprunter une quantité
de pois qu'elles remettront avec un faible intérêt (payé
en pois) au moment des récoltes.
Création d'une caisse d'épargne et de crédit à
faible taux d'intérêt au sein des comités-santé,
couplée à la création de petits emplois rémunérateurs
(formation en couture, classes d'application...)
- LUTTE CONTRE LES INFECTIONS
Les vaccinations du PEV + supplémentation en vitamine A + déparasitage
annuel.
Ces 3 activités sont couplées lors des visites des comités-santé
(environ 70 ) par les équipes d'agents de santé. L'objectif
demeure constant: fournir ces services à au moins 80% des enfants
de moins de 5 ans de notre zone ( +/- 5 000 enfants sur Pérodin
et Médor)
Amélioration de l'hygiène oro-fécale : programme
de latrines à prix réduit (latrines OMS), production de
canaris, large disponibilité en chlorox et de solutions de réhydratation
orale
Consultations à prix réduit au dispensaire pour les problèmes
de malnutrition.

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Retour au sommaire santé infantile
Fiche "Ti foyers" 2001
Les
causes agricoles de la malnutrition aigüe : recherche d'un mode de
collaboration entre les programmes agro et santé des Cahos,
(Haïti) Fabio et Anne-Sophie Sarmento da Silva, juillet 2000
Rapport
d'analyse causale de la situation nutritionnelle dans l'UF 12 (Cahos,
Haïti), Laurence Martin-Collignon, juillet 2000
Pour
aller plus loin
Mères pouvoir et santé en Haïti, J.Tremblay, Karthala
Fiche de lecture
remise à jour et complétée 9.10.07

mise en ligne 10.6.2002
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