PRATIQUES - urbain - éducation / préscolaire - 2.2.3.


L'APPRENTISSAGE ET L'ENFANT

formation pour les éducateurs de préscolaire (IA - Antananarivo Madagascar)

préparé Alexandra Lesaffre, Inter Aide
Mise en ligne 31.12.2002

Cette formation a été conçue par l'équipe du programme petite enfance mené par Inter Aide à Tana (cf. fiche URBAIN.1.6.1) pour les éducateurs de préscolaire du programme éducation d'IA à Tana.
voir aussi Sommaire Petite enfance

1. L'INTELLIGENCE
2. CE QUI FAVORISE L'APPRENTISSAGE :
a) Le plaisir et l'apprentissage
b) La variété dans les activités.
c) Mécanismes d'apprentissage

d) Le jeu et l'apprentissage
e) L'importance du jeu libre chez l'enfant de 3 à 6 ans
f) Relation enseignant / élève

Bibliographie

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fiche URBAIN 1.6.1 présentant le programme "petite enfance"à Tana (+ module de formation Petite Enfance)
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1. L'INTELLIGENCE


Qu'est ce que l'intelligence ?

L'intelligence : Capacité à s'adapter, à résoudre de nouveaux problèmes (nouvelles situations), à comprendre et connaître son environnement.

Exemples : Un enfant de quatre ans dont les parents sont absents, va vivre chez sa tante. Il s'adapte très bien aux règles de la famille. Cet enfant fait preuve d'une forme d'intelligence qui l'aidera à s'adapter à de nouvelles situations plus tard. Intelligence intrapersonnelle et interpersonnelle.
Un enfant est capable à l'école de marcher sur une ligne droite sans tomber (il apprend à maîtriser son corps et à affiner ses sensations). De retour chez lui, il traverse pour la première fois le pont au-dessus de la rivière. Intelligence kinesthésique (corporelle, manipulation).

Il n'y a pas qu'une seule forme d'intelligence. Bien souvent, on réduit l'intelligence aux maths et au malgache / ou français. Les principaux cours à l'école primaire sont les maths et le Malgache. Cette conception vient des pays occidentaux.

Or, il existe différents types d'intelligences. Certains métiers ne demandent pas d'être bon en math ou en malgache (sportifs, musiciens,…):

  • Kinesthésique : le sens du mouvement, les facultés manuelles, la connaissance de soi, de son corps, l'habileté manuelle. Au niveau des professions on retrouve : les artisans, les sportifs, les danseurs, aussi les musiciens, les dessinateurs…
  • Spatiale et visuelle : faculté à s'orienter dans l'espace. Les marins, les chauffeurs de taxi, les architectes, les dessinateurs, les joueurs d'échec…
  • Interpersonnelle : capacité à comprendre les autres, à être sensible aux autres à établir des relations. Les soignants, les médecins, les professeurs, les politiciens…
  • Intra personnelle : capacité à se comprendre, se connaître. Les professions médicales, les soignants. Cette intelligence est nécessaire pour le développement personnel de l'individu,
  • Logico-mathématique : les mathématiques et la logique. Les comptables, les gestionnaires…
  • Linguistique : langage, la communication. Les écrivains, les politiciens ...
  • Musicale : harmonie et sens du rythme. Les musiciens, les danseurs, les artisans…

Quel type d'intelligence travaille l'enfant quand :
- Il fait un puzzle ?
- Il fait un tableau double entrée?
- Il joue au ballon en groupe ?
- Il raconte une histoire ?
- Un enfant qui fait de la balançoire?

Les arts, le sport, ne sont pas accessoires, ils constituent un puissant moyen de penser et de communiquer.

Les humains ont toutes ces formes d'intelligence mais certaines personnes sont plus kinesthésiques, ou musicales…
Il est donc important de développer toutes ces formes d'intelligence afin de donner aux enfants l'opportunité de développer pleinement leur potentiel et d'apprendre plus efficacement. (Exemple des enfants des rues qui développent plus une intelligence pratique et qui ont des difficultés énormes à s'adapter à l'enseignement classique (rester assis sans bouger et étudier dans des livres).

Quand vous appreniez vos leçons, aviez vous besoin de répéter oralement, de bouger ou d'écrire, ou de lire ?
La mémorisation se fait de différentes manières chez les individus : enfants plus auditifs, enfants plus visuels, enfants plus dans la manipulation...

2. CE QUI FAVORISE L'APPRENTISSAGE

Quels sont les cours que vous avez préféré et pourquoi ?
Quels sont les cours que vous avez détesté et pourquoi ?

Type d'enseignement directif / théorique, participatif / interactif, apprentissage par soi-même (manipulations) ; prof qui se cache derrière ses notes /prof chaleureux / prof sévère / prof laxiste; cours oral avec très peu de support, supports variés, prof qui est dans le plaisir d'enseigner / prof qui n'est pas dans le plaisir d'enseigner ; prof qui a des qualités en communication un prof qui ne sait pas transmettre un message


a. Le plaisir et l'apprentissage

Tout adulte a déjà assisté à un cours ou a une formation ennuyeuse, où il n'a ressentit aucun plaisir, et par conséquent il en a retenu peu d'informations.

C'est grâce au plaisir que naît la volonté, l'intérêt, la motivation, l'attention… toutes les caractéristiques qui permettent en fait un bon apprentissage.

Un bon apprentissage nécessite à la base du plaisir, d'autant plus quand l'enfant est petit. En effet, l'enfant ne peut pas comprendre quel est l'intérêt pour lui d'acquérir des connaissances. Il vit avant tout dans l'ici et le maintenant et n'arrive pas à s'imaginer l'avenir. L'importance d'apprendre à lire, à écrire, à compter n'a pas du tout le même sens pour lui que pour un adulte. L'enfant ne le fera que s'il trouve cet exercice amusant, c'est à dire s'il éprouve du plaisir.


Le devoir, la contrainte,… ne sont pas encore des notions acquises. La situation dans laquelle l'enfant prend le plus de plaisir est le jeu auquel il consacre beaucoup de temps.

Quelles sont les situations de jeu qui ressemblent à des situations de la vie adulte? Et pourquoi ?
On peut par exemple, se rendre compte que l'intérêt pour le calcul, pour compter, peut prendre naissance dans le jeu, comme celui de la marchande. L'enfant parce qu'il prend du plaisir, va alors vouloir aller plus loin, va vouloir apprendre à compter comme les grands, et ceci est possible parce que ce désir est né d'un besoin que l'enfant a ressenti et non pas d'une contrainte.

Qu'est ce que ça entraîne d'aimer ou de ne pas aimer son travail dans la réalisation de celui-ci ?
Bien sûr, si on oblige un enfant à apprendre à compter, à calculer, …il apprendra, mais ses résultats seront moins bons qu'un enfant qui prend du plaisir à cet exercice.
Cette constatation peut se faire à tous les âges, et dans tous les domaines, de la vie.
Une personne qui exerce une activité professionnelle par contrainte, et sans d'autre intérêt que le salaire par exemple, sera moins compétente qu'une personne qui aime son travail et qui y prend du plaisir.


Ce phénomène sera d'autant plus flagrant pour l'enfant qui n'est pas encore pris dans la réalité des contraintes économiques et sociales….L'enfant vit dans un monde où seul son plaisir est roi. Si on force l'enfant à apprendre à lire, à écrire, à calculer alors qu'il n'est pas prêt, qu'il n'y voit pas d'intérêt, et en retire aucun plaisir, il risque de se braquer, de détester la matière qu'on cherche à lui enseigner et ne réussira pas à obtenir de bons résultats…. Alors qu'à l'origine il aurait pu être très doué, pour cette matière. Il aurait juste fallu exciter sa curiosité et son plaisir.

L'instituteur est donc là, avant tout pour éveiller le plaisir de l'enfant face aux différentes matières que l'école cherchera à enseigner à l'enfant.

La méthode la plus simple, pour permettre d'éveiller l'intérêt de l'enfant, et du même coup son plaisir, reste le jeu.

L'école est souvent perçue par l'enfant comme un moyen de se valoriser. Le travail, à de rares exceptions près, est d'abord pour lui une source de joie, confirmation de sa valeur et son pouvoir par une œuvre : dessin, modelage, danse, page d'écriture,...

Le travail est également le signe de croissance, "moi aussi comme papa je travaille", ce qui peut être pour l'enfant source d'une grande fierté. C'est souvent par la pression sociale et familiale que l'école et le travail scolaire deviennent déplaisant pour l'enfant. Il ressent et comprend l'importance que l'entourage porte à l'acquisition des différentes connaissances, et cela l'effraye… Ce n'est plus un jeu cela devient une contrainte, un devoir. Les pressions sociales et familiales risquent de détourner l'enfant du désir d'apprendre. Le "travail-joie" se transforme alors en "travail-forcé".

On a observé et souligné très souvent que la rigidité de l'école classique effraye et désoriente beaucoup d'enfants fragiles. L'école est ressentie comme un mal et le travail comme une corvée. Ces enfants peuvent se mettre en échec scolaire, avoir des troubles du comportement, un niveau d'anxiété très fort,…
Par exemple, chacun peut faire un dessin libre ou chacun doit dessiner un arbre qui sera noté et jugé.

Il faut remplacer l'obligation d'apprendre par le désir d'apprendre. Il suffit que les premières acquisitions scolaires soient trop difficiles, pour compromettre tout l'avenir scolaire de l'enfant.

Si on demande à l'enfant d'effectuer des tâches trop difficiles, alors qu'il n'en a pas encore les capacités, l'enfant se sentira impuissant, se découragera et se placera dans une situation d'échec. Il faut adapter à la demande aux capacités de l'enfant pour que celui-ci puisse réussir la tâche. Ce qui le stimulera, lui donnera du plaisir, de la fierté et l'envie de continuer à apprendre.

GG : Résoudre l'équation suivante :

10x+5y+Ln1=100+2x
5y +200+4x =120 +Ln 3
X+5 =15

Il est important de noter que l'enfant travaille aussi pour faire plaisir. Exactement comme à 15 mois l'enfant essayait d'être propre pour faire plaisir sa mère, à 6 ans il travaille pour mériter l'approbation de ses parents et garder leur amour. Il cherche ainsi à plaire à son maître à qui il s'attache, et si maître et parents sont d'accord pour féliciter tout effort lui apparaît comme la source d'un bonheur complet (idée de renforcement positif).

La curiosité intellectuelle de l'enfant joue également un rôle fondamental pour l'apprentissage. Le bébé en effet, armé d'une volonté bien ancrée d'explorer le monde qui l'entoure et d'acquérir un certain nombre de talents et de techniques qui l'aideront à s'y débrouiller.
Il désire marcher, manger seul, comprendre comment il est né, imiter le comportement quotidien des adultes qui l'entourent. Ce besoin d'imitation le poussera plus tard vers des apprentissages plus complexe tels que la lecture, l'écriture,…La curiosité intellectuelle est sans aucun doute une motivation pour l'enfant, elle pousse à la découverte et rend l'effort si léger qu'il passe inaperçu.

Quelles sont les questions que les enfants aiment poser ?

Suivant l'âge de l'enfant ces intérêts vont différer, et sa curiosité se portera sur des objets, situation, événements différents. Avant 3 ans, on observe ce que l'on pourrait appeler le premier âge des questionnements. Les questions sont principalement le "où?" et le "Qu'est ce que c'est?". Les questions posées intéressent alors le lieu et la dénomination.

A partir de 3 ans, apparaît le deuxième âge des questions : "pourquoi" ? . Cette période du pourquoi a bien sûr une fonction intellectuelle d'information mais elle a également une fonction affective. Elle permet à l'enfant de se rassurer, de calmer son anxiété, dans une recherche de compréhension du monde qui l'entoure.

Mais de 3 à 7 ans la curiosité va également s'orienter vers des questions : "Comment ?", "Avec quoi?" et d'autres part vers des questions de la forme "Est-ce ?". Exemple : Les papillons, ils ont des veines ? Les papillons ça pique ?"
On va également voir émerger la forme ("Est ce que c'était comme ça ?" ) qui marque le début de l'intérêt pour le passé et pour l'histoire.

De 1 à 3 ans, on sait également que l'enfant a essentiellement des intérêts sensoriels, il faut donc utiliser ses sens pour qu'il apprenne. De même, entre 3 et 7 ans, c'est essentiellement l'âge du jeu. Pour que l'apprentissage soit intéressant et pour qu'il soit optimum il faut passer par un apprentissage ludique.

Il est donc important de connaître ce qui questionne l'enfant pour lui transmettre des connaissances susceptibles de l'intéresser. Ceci permet aussi de savoir comment aborder les différents domaines. Par exemple entre trois et sept ans, l'enfant sera plus attentif si on cherche à lui expliquer comment ça marche. Pour lui expliquer la croissance on peut par exemple lui faire pousser une graine dans un pot.

Il est également intéressant de cheminer avec les enfants et de découvrir leur préférence pour un sujet particulier. On peut alors unifier l'instruction, on combine par exemple l'information sur une plante avec son histoire, le climat de la région …. De cette façon non seulement il stimule l'intérêt de l'enfant dans des matières qui sous d'autres conditions l'ennuierait, mais il leur donne également une approche ordonnée et synthétique des choses, ce qui est le but final de toute éducation.

L'expérience montre qu'il est toujours possible d'éduquer les enfants si l'on connaît leurs intérêts et les matières dans lesquelles ils peuvent réussir. Le succès appelle le succès. Cela signifie qu'un enfant intéressé par une matière y acquerra une certaine compétence et se trouve stimuler pour continuer dans d'autres secteurs. Il revient au maître d'utiliser les réussites des élèves comme tremplin pour accéder à une plus grande connaissance.

Il faut garder à l'esprit que la curiosité est changeante, toujours sollicitée pour de nouvelles expériences ; il faut la diriger, la transformer, la rendre active. Il faut que chaque découverte conduise à un résultat et que l'on puisse recommencer ; ainsi naît l'idée de compétence : acquérir une compétence c'est à dire un nouveau moyen d'agir sur ce qui l'entoure et pour l'enfant une fascinante raison d'apprendre. Et l'envie d'apprendre est d'autant plus forte que la compétence augmente ; battre son propre record (pour sauter, pour construire une tour de plus en plus haute a toujours été une puissante motivation pour les enfants).

Mais l'enfant ne peut pas apprendre n'importe quoi, à n'importe quel moment. Les possibilités de l'enfant sont conditionnées, liées à la croissance du système nerveux. Vouloir apprendre à lire à un enfant de 4-5 ans demande normalement un an alors qu'à 6-7 ans il peut apprendre en 6 mois. On voit ici l'importance de la maturation dans les apprentissages (Ex de la banane mûre et de la banane verte). On ne demanderait pas par exemple à un nourrisson de 6 mois d'être propre, on sait qu'à cet âge l'enfant est incapable sur un plan neurologique, de contrôler ces sphincters.

Est-ce que vous connaissez d'autres apprentissages que l'on ne peut pas apprendre tout de suite à un bébé ?
Il en est de même pour de nombreux apprentissage comme la marche, le langage, … ainsi que la lecture et l'écriture et le calcul… Pour que ces apprentissages soient possibles, il faut que l'organisme ait atteint un certain stade d'évolution.
S'adapter au rythme de croissance de l'enfant, c'est éviter de le soumettre à un travail non adapté à son âge. Exemple : demander à un enfant de 3 ans de classer des objets par ordre croissant et décroissant.

Si l'enfant éprouve un intérêt, il sera attentif, et s'il est attentif, l'enfant apprendra plus rapidement et facilement. Évidemment on ne peut pas limiter l'apport de l'éducation au seul domaine qui intéressera l'enfant, et donc l'abandonner à ces seuls intérêts spontanés.

Ce qu'il faut c'est exploiter ces intérêts, c'est rattacher à ces intérêts c'est à dire à sa vie, ce qu'on désire lui apprendre. D'où l'intérêt de rattacher l'apprentissage au vécu de l'enfant pour qu'il puisse se l'approprier, lui donner des exemples concrets pour que cela lui parle, lui montrer dans la réalité extérieure et dans la réalité de sa vie. Importance de rattacher un savoir théorique avec un savoir empirique.

L'enfant rapporte tout à lui et il se considère comme le centre du monde c'est ce que l'on appelle l'égocentrisme enfantin. Les manifestations de l'égocentrisme sont multiples ; on les retrouve au nouveau spatial, temporel, physique, social, affectif,…
Au niveau temporel, la manifestation la plus nette de l'égocentrisme se caractérise par le fait que l'enfant a beaucoup de difficultés à avoir l'idée que des choses ont commencée à exister avant que lui-même ne soit né.

L'égocentrisme est un des éléments de base de la structure mentale de l'enfant. Ce qu'il est important de retenir, c'est que l'enfant appréhende et comprend le monde qui l'entoure par rapport à son propre vécu, à ses propres expériences. Il est incapable de considérer les choses, les événements…sous le point de vue d'une autre personne, il ne peut les considérer que sous son propre point de vue.

Est-ce que vous avez des exemples d'égocentrisme enfantin ?

Un exemple concret de ce phénomène d'égocentrisme est la différenciation gauche / droite. Si on se place en face d'un enfant (qui est lui-même capable de distinguer sa gauche et sa droite), il est incapable de reconnaître la droite de la gauche sur l'autre personne.

Un autre exemple : Un rendez-vous de médecin raconté par un adulte et par un enfant. L'adulte dirait : Ce matin on est allé voir le médecin car il a une fracture de la jambe suite à son accident. L'enfant dirait : Le monsieur, il est pas gentil. Il m'a fait mal à la jambe. Il sent mauvais.

Il ne peut donc pas se placer sous l'angle et le point de vue d'une autre personne. L'enfant pour s'approprier des connaissances a donc besoin qu'elles soient le plus possibles rattachées à son vécu, à son monde,… puisqu'il est encore incapable d'intégrer le réel de façon objective.

Exemple : nous pouvons expliquer ce qu'est le calcul à un enfant de façon objective et de définir comme étant "une opération ou un ensemble d'opérations effectuées sur des nombres, des grandeurs". Cette définition même si elle est juste n'aura aucun sens pour l'enfant et il sera incapable de la comprendre… Et ne saura toujours pas à quoi sert le calcul. Pour qu'il comprenne, il faut le rattacher à son vécu : "le calcul c'est ce qui va te permettre, quand tu vas au marché avec ta maman de savoir combien tu vas donner de sous à la marchande".

Nous avons vu que c'est parce que l'enfant prend du plaisir, et qu'il est curieux que l'enfant est prêt à apprendre. C'est parce qu'il aime jouer à la marchande qu'il va apprendre à compter ; c'est parce qu'il aime qu'on lui raconte des histoires et feuilleter des livres qu'il veut apprendre à lire et à écrire…Mais tous les enfants ne sont pas confrontés à ces premières expériences, et cela dépendra beaucoup du milieu social, économique et familial auquel l'enfant appartient.

L'enfant d'un milieu peu stimulant aura peu de possibilités de feuilleter des livres par exemple. Un milieu qui stimule l'enfant, c'est à dire qui met à la disposition des enfants, dès le plus jeune âge, une foule de connaissances et d'expériences, développe plus l'intelligence de l'enfant. Par contre, l'enfant d'un milieu qui le stimule peu sera moins évolué sur le plan intellectuel. C'est grâce à cette richesse de stimulations que lui offre l'environnement, que l'enfant paraît plus vif plus éveillé, plus fait pour apprendre.

Le rôle de l'école préscolaire serait aussi de permettre aux enfants défavorisés, d'accéder à un certain niveau de stimulations, d'expériences,…pour qu'il puisse combler cette différence et entrer en primaire avec un bagage plus riche.

En effet, un enfant par exemple qui a l'habitude de manipuler les livres aura plus de facilités pour apprendre à lire puisqu'il aura déjà quelques connaissances sur la lecture ; comme le sens de la lecture, faire le lien entre l'image et l'écriture, l'association entre ce qui est écrit et ce que la personne lit, l'habitude de voir des lettres, le lien entre écriture et mots, …qui sont à la base de la lecture.

Pour mieux comprendre l'importance de ce qui vient d'être dit, c'est la même chose pour une personne qui apprend à conduire. Une personne qui connaît les voitures et qui a déjà des connaissances avant même d'apprendre à conduire, apprendra plus facilement et plus rapidement. Ces connaissances peuvent être très simples : savoir à quoi sert une voiture, comment elle est construite (pédale, volant, levier), connaître quelques éléments spécifiques; une pédale pour freiner, une pour accélérer, une pour changer de vitesse…

Par contre, un individu qui n'a jamais vu de voiture, qui ne sait peut être même pas à quoi ça sert, aura beaucoup plus de difficultés à apprendre à conduire.

Est-ce que vous avez d'autres exemples pour illustrer ce phénomène ?

Le préscolaire, pour les enfants défavorisés, va leur permettre de mieux réussir l'école primaire. L'objectif du préscolaire devrait être d'amener l'enfant à s'épanouir.


b. La variété dans les activités.

Le temps de concentration d'un enfant :
- de 3 à 4 ans : 15 minutes
- de 5 ans : 20 minutes
- de 6 ans : 25 minutes.
- Et de l'adulte trois quarts d'heure à une heure.

C'est pour cela qu'il est capital de faire varier les activités aux enfants. Un enfant de 4 ans qui au bout de trente minutes d'écoute de vos explications se met à gesticuler n'est pas "maditra", il ne peut plus vous écouter.

Il est donc nécessaire de faire varier les activités et ceci très souvent. (En tenant compte de la préparation des activités, on peut prendre 20 à 30 minutes avant de changer).
Un enfant fatigué est un enfant inattentif. Quand vous sentez votre classe fatiguée, ça ne sert à rien de vouloir continuer l'activité car les enfants ne peuvent plus retenir, assimiler. Il est préférable de changer d'activité (plutôt une activité physique).
La variété des activités permet de maintenir l'attention de l'enfant en éveil. La récréation est quelque chose de capital pour maintenir l'attention de l'enfant (Il se recharge pendant la récréation).

En tenant compte des différents types d'intelligence, il faut passer par des canaux différents et variés pour faire passer de nouvelles notions.
Et plus on confronte l'enfant avec des situations nouvelles, plus il doit s'adapter et trouver des solutions et plus on développe son intelligence.


c. Mécanismes d'apprentissage

Comment ça marche ?

Quand on observe un enfant en train d'apprendre, on voit qu'il explore, ça l'amuse et c'est plaisant, il le répète. Un enfant a réellement besoin de répéter, c'est pour lui l'occasion de consolider, d'assimiler, de maîtriser. Parce qu'il pourra mémoriser cette nouvelle acquisition, il pourra l'utiliser une fois suivante, il pourra alors la modifier et l'adapter à d'autres situations.

A quoi sert le cerveau ?

Le cerveau est un organe très complexe qui nous permet de vivre.
Voici quelques-uns de ses rôles :
- Comprendre les mots, le langage oral.
- Comprendre le langage écrit
- Comprendre ce que l'on voit
- Coordonner les mouvements c'est-à-dire faire fonctionner nos muscles ensemble pour pouvoir s'asseoir, se mettre debout.
- Contrôler les muscles faire fonctionner le cœur, la digestion, et les jambes, les bras, faire fonctionner la langue, les cordes vocales, la mâchoire et adapter sa respiration pour pouvoir parler.
- Comprendre les sensations c'est-à-dire reconnaître les informations reçues du monde extérieur et les comprendre : la douleur, la chaleur, le sens de la position des membres dans l'espace, …
- Garder notre équilibre
- Contrôler la personnalité, les émotions et pouvoir s'adapter aux règles de la société.
- Garder en mémoire
- Être logique (compter, calculer,…). Faire abstraction…
- Penser,
- Éprouver et donner de l'affection, la compassion.
- Sens du rythme.

…..Le cerveau est ce qui nous permet de vivre et d' " être intelligents "….

C'est pendant les 3 premières années de la vie que le cerveau se développe le plus. C'est pour ça que le bébé a des os du crâne non soudés (fontanelles) afin de permettre au cerveau de grandir et de se développer. Un bébé de un mois ne sait pas encore parler, marcher… Il doit tout apprendre. Il faut que son cerveau se développe, il faut qu'il fasse des liens entre les choses. Et cela se fait petit à petit au fur et à mesure que l'enfant peut faire des expériences avec son environnement. Il est donc très important d'offrir à l'enfant un environnement varié en stimulations, en situations, afin que le cerveau se développe pleinement.

90 % des capacités du cerveau sont mises en place au cours des cinq premières années d'existence. C'est pour ça que le préscolaire est capital et qu'il est impératif de faire varier les activités pour développer au maximum le potentiel de l'enfant..

Avec quoi apprenons-nous ?
- Avec sa tête
- Avec le mouvement c'est-à-dire en bougeant.
- Avec les organes des sens c'est-à-dire : en regardant, en explorant, en sentant, en écoutant, en goûtant.
- En s'exprimant
- Avec nos émotions c'est-à-dire en s'exprimant, en ressentant…

Pour apprendre, on pense souvent que l'être humain doit rester assis sans bouger, de regarder devant soi, prendre des notes et recevoir beaucoup d'informations soit oralement, soit sous forme écrite.
Or si l'on regarde le fonctionnement du cerveau il n'en est rien. L'apprenant a besoin de bouger, c'est-à-dire de faire des liens entre message et corps, message et émotions, message et toucher, message et sens.

Et plus une information que vous voulez faire passer à un enfant inclura l'expérience motrice, sensorielle, auditive, visuelle, tactile et affective, plus vous aurez de chance que l'enfant intègre la nouvelle notion que vous souhaitez enseigner.
Les activités pédagogiques qui demandent une classe calme et en ordre sont les moins appropriées pour la réflexion et la compréhension de l'enfant.


Car ce qui est retenu par le cerveau, c'est tout ce qui intéresse l'individu dans sa globalité (c'est à dire d'un point de vue corporel, émotionnel, sensoriel). L'expérience globale permet de produire du sens chez l'apprenant.


Comment faire pour que le cerveau fonctionne mieux ?

- Il faut que notre cerveau soit réveillé pour que nous puissions apprendre. C'est pour ça que le sommeil est important, il faut s'être bien reposé pour pouvoir être bien éveillé.
Or on sait qu'une des choses qui met notre cerveau en éveil c'est le mouvement. Quand nous ne bougeons pas nous sommes moins réceptifs, moins attentifs à l'environnement .
Ex : de l'enfant de 4 ans qui gesticule au bout d'une demi-heure d'explications du prof.

Les enfants ont un besoin essentiel de bouger. Et l'enfant a besoin de bouger et de toucher pour apprendre.

Il est donc important de faire bouger les enfants (principalement à travers les exercices d'équilibre comme tourner la tête, tourner sur soi-même, marcher sur une bordure, sauter, grimper, se pencher en avant en arrière, courir, la marche et également des exercices qui font bouger les yeux…).
Quand vous sentez votre classe fatiguée, n'hésitez donc pas à faire bouger les enfants, ça met leur cerveau en éveil.

- La consommation d'eau améliore le transport de l'oxygène au cerveau . Or le cerveau est un très grand consommateur d'oxygène. C'est-à-dire que pour fonctionner, il a besoin d'énormément d'oxygène. L'eau aide à penser et à apprendre. On a donc besoin de boire beaucoup quand on apprend. Le bâillement qui peut être interprété comme un manque d'intérêt est en fait un réflexe naturel qui vise à améliorer l'apport de sang et d'oxygène au cerveau. Il permet en même temps d'équilibrer les os du crâne et de relâcher la tête et la mâchoire…
Le cerveau a également besoin d'une alimentation variée et équilibrée pour bien fonctionner. Le sucre est un aliment nuisible. Avant cinq ans, les enfants ont particulièrement besoin d'un apport généreux en protéines puisqu'elles sont indispensables pour le cerveau en pleine croissance.

- On a découvert que si l'enfant se sent en sécurité, il apprend mieux et que tout son cerveau est disponible et fonctionne mieux.

Qu'est ce qui n'est pas sécurisant ? Les peurs : peur de ce qu'on ne connaît pas, peur d'avoir mal ou que ce soit désagréable. Et aussi, si je n'ai pas confiance en l'autre ou en moi, je ne me sens pas en sécurité.

Qu'est ce qui favorise la sécurité de l'enfant ?

  • De lui parler, d'expliquer tous les changements qui peuvent survenir pour lui (quelqu'un de nouveau qui entre dans la classe, la fin et le début d'une activité, ce qu'ils vont faire).
  • De l'encourager dans ce qu'il fait, de le soutenir. En lui parlant et également en le touchant. En plus on sait que des contacts doux et sécurisant stimulent le fonctionnement du cerveau. Si l'on touche doucement un enfant quand il fait du graphisme par exemple, l'enfant associera le graphisme avec le plaisir et l'encouragement qu'il aura reçu. A chaque fois que l'enfant renouvellera ce travail, il l'associera à cette première expérience positive. Ne pas hésiter à encourager un enfant en difficultés.
    Ce qui lui permet d'avoir confiance en lui, d'avoir moins peur et d'être pleinement ouvert à l'apprentissage.
    Ne pas hésiter à avoir des relations plus individuelles avec les enfants.

  • L'apprentissage par soi-même. C'est important de laisser l'enfant se débrouiller seul, faire des erreurs et trouver les solutions par lui-même. Car si c'est vous qui donnez la solution, l'enfant ne retiendra pas. (Ne pas laisser non plus un enfant trop longtemps en situation d'échec).
    On n'apprend que par l'expérience. L'expérience est directe et vivante. Elle fait intervenir les sens, les émotions , les mouvements et implique pleinement l'enfant. L'expérience passe essentiellement par la manipulation.
    Ce qui est important c'est que l'enfant participe et soit actif dans son apprentissage. Il est important que l'enfant manipule. Nous apprenons d'abord par les sens. Surtout en préscolaire. Le toucher apporte une pleine compréhension de ce que l'on voit. L'enfant a besoin de réaliser des expériences concrètes. Le maître doit donc, pour commencer, se servir un maximum d'objets réels pour faire comprendre les notions. Il est nécessaire de faire voir et faire toucher les choses.
    Ex : Notion de beaucoup et de peu. Faites participer et pratiquer tous les enfants ensemble.

  • On privilégie bien souvent trop le langage comme moyen d'instruction. Les mots sont une information et ils ne constituent pas une expérience. La mémorisation pure ne demande aucune réflexion. Elle fait travailler la mémoire pure. On peut apprendre par cœur sans comprendre mais cela n'apportera rien à l'enfant. Or la réflexion développe beaucoup plus l'intelligence que la répétition pure et simple.
    Dans la mémorisation pure, l'enfant ne s'engage pas de manière globale (sensoriel, moteur, émotionnelle), et la mémorisation est beaucoup plus difficile. Car on sait, d'après les recherches sur le cerveau, que la mémorisation est facilitée par son association avec l'émotion et le mouvement.

    Ex : Si on apprend une comptine à des enfants, et que l'on explique les mots à l'enfant en ramenant des objets de l'extérieur, en leur permettant de manipuler ces objets et en leur faisant mimer corporellement la comptine on a beaucoup plus de chance de stimuler l'intelligence et de favoriser les processus de mémorisation que si l'on fait répéter à l'enfant la comptine tout simplement.

    Et si l'on regarde les différentes formes d'intelligences, il est important d'utiliser les différents canaux d'apprentissage, car vous aurez beaucoup plus de chance de vous faire comprendre et entendre par un plus grand nombre d'enfants car chacun y trouvera son "compte". (Ex : Enfant kinesthésique).

    Associer la mémorisation à l'émotion et au mouvement aide l'apprenant à "épingler", à se souvenir d'une idée (c'est pour ça que bien souvent lorsque l'on apprend, on a besoin de réaliser un mouvement répétitif).

Avant l'âge approximatif de 7 ans, l'enfant n'élabore pas encore de discours intérieur. Il pense presque littéralement tout haut. L'enfant parle en continu car il explique et s'explique le monde. Penser tout haut (il ne peut pas le faire tout bas), l'aide à comprendre le monde et les relations qui l'entourent. Parler permet à l'enfant d'élaborer des idées et de les organiser.

L'intelligence humaine se distingue de l'intelligence animale par le fait que l'être humain est capable de mettre de la distance par rapport au réel.
Par exemple, l'être humain est capable de faire des hypothèses de ce qui est possible (Si je fais ça, j'aurais ça mais si je fais ça j'aurais ça), de voir ce qui est logique et ce qui ne l'est pas, ce qui est possible ou pas. C'est ce que l'on appelle l'abstraction.

Au départ, l'enfant est en prise avec ces perceptions, avec la réalité, puis, petit à petit, il mettra de la distance par rapport au réel. L'abstraction est un processus qui se met très lentement en place chez l'enfant et c'est du langage que naît l'abstraction.

Ce qui est réel et concret c'est ce que l'on peut toucher comme par exemple une tomate. L'abstrait ce n'est pas palpable, c'est par exemple une pensée, le fait de prévoir, d'anticiper, d'imaginer. C'est pour cela qu 'il est important d'expliquer aux enfants les changements d'activités, ce qui va se passer car ça les aide non seulement à s'orienter dans l'espace, dans le temps et à se sécuriser mais également à anticiper, à imaginer (abstraction).

Le langage est très important pour mettre de la distance par rapport au réel et faire des abstractions. Ces facultés d'abstraction permettent l'adaptation à des situations nouvelles. L'abstraction est nécessaire pour la logique et les mathématiques. Ex : la lecture : on peut lire un texte sans le comprendre car la personne ne saura pas mettre de distance entre le mot lu et le sens du mot.

Il est donc important de proposer des activités qui offrent aux enfants la possibilité de s'exprimer. Au plus on parle à l'enfant et au plus on le laisse s'exprimer, et plus on l'aide à construire son langage, à l'enrichir et à le développer.
L'acquisition du langage est complexe et demande de gros efforts. La phrase est un mécanisme très compliqué.
L'enfant parle d'abord des choses affectives, les désirs, les menaces, les demandes. Il est essentiel de le laisser s'exprimer librement, donner ses idées, sur ce qu'il imagine. L'expression orale est importante car elle permet à l'enfant de communiquer avec l'autre, et d'être à l'aise dans un groupe. Il est nécessaire de le laisser dire et raconter, et de l'inviter à dire et à raconter.
Au départ, le dire est bien plus important que le bien-dire.

Pour que le langage se développe pleinement, il faut que les mots aient du sens. Ex : Au lieu de dire c'est un stylo. Lui montrer, lui dire à quoi ça sert, lui montrer, le laisser essayer et toucher.


Les facteurs qui favorisent les mécanismes d'apprentissage sont :

  • Une démarche pédagogique qui inclue l'expérience active de l'enfant. Une démarche pédagogique globale (c'est-à-dire sensorielle, motrice, émotionnelle), et qui intéresse l'enfant, lui fait plaisir.
  • La réflexion au-delà de la mémorisation pure.
  • L'expression de soi, verbalement, corporellement …
  • La variété des expériences, un environnement sensoriel riche
  • L'eau, la nourriture, le sommeil.
  • Un environnement sécurisant


Au regard de l'approche globale de l'enfant, trouver différentes manières d'aborder la notion "Petit / Grand".
- Se faire petit / se faire grand Intégration corporelle et émotionnelle de la notion.
- A l'écoute d'un rythme spécifique, se faire petit / Se faire grand Intégration auditive corporelle et émotionnelle de la notion.
- Classer des petits / grands objets dans des pots séparés Intégration par la manipulation et intégration visuelle, logique.
- Prendre des enfants dans la classe et dire s'il " est plus grand ou plus petit que " Intégration verbale / Visuelle / Intelligence inter personnelle.
- Dessiner un petit et un grand objet Intégration visuelle / kinesthésique.
- Raconter une histoire où il y a un petit et un grand. Intégration émotionnelle et auditive et visuelle.
- ….

d) Le jeu et l'apprentissage

Pourquoi un enfant joue ?

L'enfant apprend par le jeu.

L'enfant joue pour :
- Apprendre
- Comprendre
- Le plaisir
- Grandir
- Se développer
- Devenir autonome
- Se maîtriser, se contrôler
- S'exprimer
- ….

L'enfant apprend de différentes manières :

- En expérimentant
- En explorant
- En répétant
- En imitant
- En ressentant
- …..

A l'école, il est donc essentiel de répéter les activités en les faisant varier.

Un enfant de 5 ans qui fait un puzzle, qu'est ce qu'il apprend ? Un enfant qui joue à la maîtresse qu'est ce qu'il fait ? Un enfant qui joue avec de l'eau qu'est ce qu'il apprend?

En jouant, l'enfant développe plusieurs compétences :

Au niveau de la socialisation et du langage, l'enfant
- apprend à parler et à comprendre le langage
- Apprend les règles de la société (quels sont les comportements acceptés ou refusés par le groupe), et les valeurs.
- Se socialise (à deux ans, l'enfant joue à côté des autres enfants mais pas avec eux. A trois ans, l'enfant commence à jouer avec les autres enfants).
- Apprend à se comprendre et à comprendre l'autre.
- il développe sa personnalité, son imaginaire et sa créativité
- Apprend à se maîtriser, se contrôler. Il apprend à maîtriser son angoisse en rejouant des situations anxiogènes.
- Se décharge de ses tensions, de ses frustrations. Il inverse les rôles et change la réalité.
- Apprend à se faire confiance et à avoir confiance en l'autre.
- ….

Au niveau sensoriel, l'enfant
- apprend à distinguer, à reconnaître, et à identifier le poids, le volume, la forme, la distance, la température de l'objet, la texture, les odeurs, les bruits, …
- Apprend à s'orienter en évaluant les distances, et donc à écrire.
- Apprend ce qui lui est agréable ou ce qui ne l'est pas.
- Se construit une représentation de lui-même et construit ses limites corporelles.


Grâce à l'identification de la sensation, au niveau moteur, l'enfant
- Apprend à adapter sa réponse motrice (ex : je touche le feu j'ai mal c'est chaud et ça me brûle je retire ma main).
- Apprend à doser sa force
- A affiner ses manipulations
- A coordonner ses mouvements
- A maintenir son équilibre
- Apprend ce qui est utile de ce qui ne l'est pas.

Au niveau " intellectuel ", l'enfant
- Apprend à s'adapter à un nouveau problème et à trouver des solutions
- Apprend à faire des liens
- Apprend à s'organiser
- Développe ses aptitudes à la pensée
- Compare et distingue
- Apprend ce qui est logique et ce qui ne l'est pas
- Apprend les lois de la nature (ex : si je pousse l'objet, il tombe)
- Développe sa concentration
- Développe sa mémoire
- Développe sa conception du temps et de l'espace
- …..
Également, au travers du jeu, l'enfant construit, consolide son identité, sa manière d'être au monde.
Le jeu de l'enfant est nécessaire à sa croissance tout comme manger. C'est une activité très sérieuse où il s'engage affectivement avec tout ce qu'il est. C'est un véritable travail, un entraînement.

e) L'importance du jeu libre chez l'enfant de 3 à 6 ans

L'enfant a besoin de jouer librement à cet âge. Il a besoin de faire ses propres expériences. L'enfant à travers le jeu libre apprend par lui-même et intègre plus facilement. Il va à son rythme et selon ses besoins. Comme nous l'avons vu précédemment le plaisir est indispensable à l'apprentissage.
Par le jeu libre l'enfant apprend à se connaître, à connaître ses propres limites et ses capacités. Il trouve par lui-même ses solutions. Il apprend à se faire confiance.
Il développe sa créativité et sa manière d'être au monde. Quand l'enfant joue librement, il développe sa créativité, son imaginaire. L'imaginaire peut concerner tout ce qui existera, ce qui est nouveau (les inventeurs, les découvertes, les artisans, les métiers de la création…).La création nous permet de nous adapter à une nouvelle situation, c'est-à-dire d'imaginer, être inventif et créatif afin de trouver des solutions et ensuite choisir la bonne.
+ l'enfant est créatif et inventif, +il aura de solutions pour résoudre un problème. Par contre, un enfant peu inventif et créatif imaginera peu de solutions au problème posé et sa solution ne sera peut être pas la mieux adaptée. Créer c'est faire des liens nouveaux que l'on ne connaissait pas. La créativité et l'imaginaire sont des éléments essentiels de l'intelligence. C'est pour cela qu'il est important de développer et de laisser s'exprimer l'imaginaire chez l'enfant.

La création permet également d'avoir plus confiance en soi.
L'imaginaire et la créativité sont directement liée au plaisir. Or le plaisir est essentiel pour l'apprentissage.

Il est important de laisser aux enfants une demi-heure de jeux libre par matinée en plus de la récréation.

f. Relation enseignant / élève

La société que l'enfant découvre en entrant directement à la grande école est autoritaire et fortement hiérarchisée. Il faut obéir, donner des marques de respect à l'instituteur, se mettre en rang et se tenir tranquille suivant des règles paramilitaires.
Le passage du foyer familial à l'école, pose pour ces différentes raisons, très fréquemment des problèmes.
C'est pourquoi le préscolaire peut être une étape intermédiaire d'une grande importance. Le préscolaire apparaît plus libéral et moins conformiste (normatif) et donc plus souple. L'enfant va prendre conscience de ses possibilités et de son autonomie.

Découverte de la justice.

Il y découvre, mieux que dans sa famille, la nécessité de justice. A l'école tout le monde a le même âge, tout le monde est pareil.
Ce que Lova a envie de faire, Mike peut le vouloir aussi. De là naissent toutes les notions de partage, d'échange, de respect…
Lova peut peindre mais non barbouiller le tableau de Mike. Mike peut pousser un camion mais n'a pas le droit de faire tomber les cubes de Lova.
Dans les classes des petits, cet enseignement est très important. Ranger ses affaires, respecter les autres, arriver à faire quelque chose en commun, ce sont là les apprentissages nécessaires à la vie sociale.
Les acquisitions sociales se font au préscolaire, et ces acquisitions peuvent être difficiles pour certains enfants.

Séparation et affectivité.

Jusqu'à l'entrée à l'école, l'enfant ne dépendait en grande partie que de ses parents, et son monde se réduisait pour beaucoup à sa famille.
A l'école il se retrouve dans un univers social différent, qui lui apparaît au départ difficile…ceci est pour l'enfant un véritable " sevrage affectif ". Ce sevrage marque la séparation avec le milieu familial.
Il oblige l'enfant à sortir de la coquille protectrice de la famille pour faire l'apprentissage de la vie en société.
Pendant toute la période du préscolaire, l'institutrice est un substitut de la mère. L'enfant noue avec elle des rapports d'affection, il l'embrasse, il veut lui apporter des cadeaux.
Malgré tout, l'instituteur(trice) a un rôle tout à fait différent de celui de la mère, dans la mesure où il doit partager son attention entre un grand nombre d'enfants.
L'enfant éprouve encore le besoin de trouver dans l'adulte non seulement un soutien, mais aussi secours et protection.

Pouvez-vous donner des exemples où l'enfant recherche un contact affectif sécurisant avec le maître ?
- L'enfant quitte sa place pour venir à côté du bureau.
- L'enfant qui ramasse systématiquement tout ce qui tombe pour avoir l'attention de la maîtresse.
- Prend la main de la maîtresse.
- En récréation vient se placer à côté de la maîtresse pour lui parler de son papa ou sa maman.

Le rôle du professeur dans la réussite scolaire de l'enfant.

Le professeur peut jouer un rôle dans la réussite scolaire de l'enfant, 3 aspects peuvent être mis en évidence :

  • L'efficacité plus ou moins grande de ses méthodes pédagogiques.
  • Le désir d'imitation par l'enfant d'un modèle admiré.
  • L'importance de l'échange affectif.

Pour qu'une compétence soit transmise d'une personne à une autre et bien acceptée, il faut toujours qu'entre elles existe un échange affectif, fait de confiance et de dispositions accueillantes de part et d'autre.
C'est pour cela qu'il est également important que l'enseignant comprenne l'enfant, qu'il le respecte…Il faut que l'enseignant lui-même puisse se mettre à la place de l'enfant, qu'il puisse comprendre le plaisir qu'a l'enfant à jouer et qu'il soit lui-même capable de prendre du plaisir à ces jeux…C'est à dire que l'enseignant laisse parler son côté enfantin, ce qui sera pour lui le meilleur moyen d'établir une relation agréable avec l'enfant.

Il est important de noter que le regard que l'on porte sur l'élève, ce qu'on pense de lui au niveau de ses capacités intellectuelles va avoir un impact important sur ses résultats (étiquetage).
Si un instituteur, pense que tel enfant est un bon à rien, qu'il est idiot, et qu'il ne réussira jamais rien, l'enfant peut se mettre en échec scolaire, alors qu'il avait toutes les capacités intellectuelles pour réussir, l'enfant va en fait perdre confiance en lui.
Si on traite continuellement un enfant de méchant, d'idiot…très rapidement il sera convaincu que l'on a raison et il n'aura plus le courage de faire une tâche qui se présente à lui. Il échoue alors dans toutes ses entreprises, et croit de plus en plus qu'il est bête. Il ne comprend pas qu'à l'origine c'est son entourage qui a détruit son assurance, et qu'il est en train de tout faire pour prouver aux autres le bien fondé de ce jugement (qui est à la base faux). La parole de l'adulte est très importante pour l'enfant, même si celui-ci dit des bêtises…L'enfant est persuadé que l'adulte a toujours raison.
L'homme se construit dans le regard d'autrui….
Il est donc essentiel d'encourager les enfants en échec scolaire, et non pas de les humilier.

Étude expérimentale.
On a formé 2 groupes d'élèves, de telle sorte que les 2 groupes soient composés d'enfants ayant le même niveau intellectuel et scolaire.
On les a confiés pour un an à un nouveau professeur, en faisant croire aux professeurs que l'on avait mis d'un côté les très bons élèves, et de l'autre les mauvais.
Au bout de quelques mois, le premier groupe avait réellement de très bons résultats, et l'autre des résultats médiocres (moyens).
On voit ici toute l'importance que le jugement du professeur peut avoir sur les résultats scolaires de l'enfant.

" Ils peuvent parce qu'ils pensent pouvoir ", Virgile.

Le cadre et les limites

Ce sont tous les repères (interdits et permissions) que l'on donne à un enfant. C'est important qu'ils soient toujours les mêmes (c'est à dire qu'ils ne changent pas d'un jour à l'autre, il est évident que les interdits évoluent avec l'âge). Sinon l'enfant n'a pas de repères, il ne sait pas ce qu'il peut faire ou ne pas faire. Il ne peut pas avoir confiance en son environnement.

Progressivement, l'enfant va intégrer ces repères et interdits en lui-même. Il va apprendre les règles de la vie en société, les valeurs de la société dans laquelle il grandit.
Un interdit doit être adapté en fonction de l'âge de l'enfant et doit évoluer en fonction de son âge. Les interdits doivent avoir un sens. Ne pas interdire juste pour le plaisir d'interdire. L'enfant a besoin de temps pour comprendre les interdits. Comprendre qu'un " non " dit une fois est un "non" permanent peut paraître évident pour l'adulte mais certainement pas pour l'enfant. C'est pour ça qu'un enfant réessaye souvent ce qui est interdit. Par exemple, l'enfant fait " non " de la tête en montrant quelque chose d'interdit. C'est pour savoir si c'est un " non " provisoire ou permanent.


Est-ce que vous pensez qu'il faut taper un enfant pour qu'il vous obéisse?
Qu'est ce qui s'est passé pour vous lorsque vous étiez enfant lorsque l'on vous tapait (quels types de comportement avez-vous eu)? Est-ce qu'on a le droit de taper un enfant?

Madagascar a signé la convention sur les droits de l'enfant. Taper un enfant est un abus de pouvoir. Juridiquement, c'est interdit. Essayons maintenant de comprendre pourquoi…

Lorsque l'enfant est tapé, il vit une expérience de peur, de douleur et d'impuissance. L'enfant ne se sent pas protégé. Il a un sentiment de méfiance et d'insécurité. Il développera peu de confiance en lui et en l'autre. L'enfant respectera ses parents mais par peur d'eux. Il risque d'associer l'affectif au douloureux. L'enfant et l'adolescent ayant vécu une situation de faiblesse et d'impuissance pourra rechercher à dominer certaines personnes plus faibles ou plus fragiles. C'est une manière pour la personne qui a été victime de combattre son sentiment d'impuissance. En plus, l'enfant grandit bien souvent en imitant ses propres parents. Une fois adultes, certains abuseront leurs propres enfants ou même leur conjoint car ils auront associé l'amour à la violence.

Ce que l'on observe chez un enfant abusé :
- De l'anxiété, du mensonge.
- De la timidité, un enfant extrêmement sage.
- De l'agressivité vis à vis des autres personnes.
- Peu de confiance en soi et en l'autre.
- Troubles de l'apprentissage.
- Dépression et timidité.
- Conduites autopunitives.

Pour un enfant abusé, les différentes manières de faire face à la situation sont :
- L'enfant se comporte extrêmement sagement et bien afin d'éviter les réactions violentes des parents.
- L'enfant montre un comportement méchant et désobéissant. C'est une manière pour l'enfant de justifier les coups des parents et leur attitude violente. L'enfant se sent coupable de la violence qu'il reçoit. Il se punit, s'injurie. Surtout si la violence vient des parents, l'enfant se sentira coupable. Un enfant veut toujours protéger ses parents car ils sont ses modèles, ils lui ont donné la vie et sa vie dépend d'eux.
- L'enfant peut aussi rechercher à être puni. Ce qu'il recherche en réalité c'est d'attirer l'attention en faisant des bêtises, même s'il sait qu'il va être puni, au moins on s'occupe de lui. Il préfère être taper plutôt que de passer inaperçu.


Comment peut-on alors mettre des interdits à un enfant ?

Dresser un enfant de manière autoritaire ou très contraignante n'est pas bon pour son développement. Dans le sens où l'enfant aura peu confiance en lui, il aura peu d'initiative et de créativité, peu de notion de tolérance et d'égalité. C'est plus un rapport de pouvoir de l'adulte sur l'enfant. Plus tard, l'enfant pourra faire payer cet excès d'autorité aux autres enfants. Il s'attaquera au plus faible pour avoir l'impression d'exister un peu ou alors l'enfant recherchera toujours un modèle, un maître. Un enfant recevant une éducation rigide et intolérante peut développer des troubles du comportement comme des accès de colère. C'est cet excès de frustration réprimée qui " éclate ".

De la même manière, laisser tout faire à un enfant n'est pas bon: l'enfant n'a pas de repères ni de stabilité intérieure. Il croit qu'il est tout puissant et qu'il peut tout faire. Les limites et les interdits permettent à l'enfant de se structurer, il sait ce qu'il peut ou ne peut pas faire, mais il apprend en même temps ce que les autres peuvent faire ou ne peuvent pas faire, ce qui est rassurant. L'enfant a besoin de règles comme l'adulte a besoin de lois pour vivre en société. Si la société n'avait pas de lois, les gens ne se sentiraient pas en sécurité.
Il y a un juste équilibre à avoir où l'on explique à l'enfant les interdits, où il ne subit pas les pleins pouvoirs de l'adulte et où il n'a pas non plus tous les pouvoirs.
Si on explique à un enfant le pourquoi des interdits, il en comprendra le sens et donc l'importance (dimension de sujet).

Il est important que les règles qu'on donne soient les mêmes pour tous les enfants, et donc de ne pas faire de différences. Ce qui est interdit pour un enfant, l'est aussi pour un autre enfant.

Comme nous l'avons déjà signalé, l'enfant prend modèle sur le maître, il s'identifie à lui. Si on interdit à l'enfant de frapper les autres enfants, le maître doit montrer l'exemple, et ne doit donc pas taper l'enfant. Le maître doit être le premier à respecter les règles.

On peut noter aussi que le fait de punir l'enfant en le frappant est très mauvais pour la relation professeur-élève et donc également pour la transmission des connaissances puisque l'enfant aura peur du maître ne sera pas dans un environnement sécurisant. Et comme nous l'avons dit, l'enfant a besoin d'être en confiance avec son professeur pour bien apprendre.

A la disposition des membres de pratiques sur demande: Classeur d'activités préscolaires
Organisation de la classe en ateliers (Alexandra Lesaffre)
- L'échec scolaire : les troubles de l'apprentissage, Alexandra Lesaffre, formation réalisée pou l'équipe du programme de Soutien Scolaire IA à Antananarivo.

Pour concevoir cette formation, Alexandra Lesaffre s'est inspirée des ouvrages suivants:

Bibliographie
Les 8 formes d'intelligence Interview Howard Gardner, professeur de cognition et éducation à la Harvard Graduate School of Education (Massachusetts). Sciences et Avenir Novembre 2008

Peut-on améliorer le QI des enfants en difficulté ?
une des 6 questions étudiées lors du "congrès des 30 cerveaux"
Sciences et Avenir Novembre 2008

"Le congrès des 30 cerveaux" : Trente spécialistes du cerveau se sont réunis afin de débattre de l'amélioration des performances cérébrales. Voici en six questions-réponses le résultat de leurs cogitations". http://sciencesetavenirmensuel.nouvelobs.com/hebdo/sea/p741/dossier/a387322-le_congr%C3%A8s_des_trente_cerveaux.html


- Au cœur des émotions de l'enfant. Isabelle Filliozat. +++
- Vies de familles. Un autre regard sur l'exclusion. Thérèse Potekov et Dr Maurice Titran. +++
- Les étapes majeures de l'enfance de Françoise Dolto ++
- Développement psychomoteur de l'enfant de R.S Illingworth
- Kinésiologie pour enfants Dr Paul Dennison
- La gymnastique des neurones. Le cerveau et l'apprentissage. Dr Carla Hannaford.+
- Le bébé est une personne. B.Martino ++
- L'éveil de votre enfant. Chantal Truchis Leneveu +
- Connaissance de l'Enfant : éducation et pédagogie, Rose Vincent +
- Un merveilleux malheur. Boris Cyrulnik, Editions Odile Jacob Poche ++ (sur la résilience).
- Le vilain petit canard. Boris Cyrulnik Editions Odile Jacob (sur la résilience)
- Les nourritures affectives. Boris Cyrulnik, Editions Odile Jacob
- Pour une naissance sans violence, Frédéric Leboyer +

Vidéos
- Le bébé est une personne. +++
- Plus que du jeu- Indépendemment tout seul- Se mouvoir en toute liberté Emmi Pikler Loczi
- Autour de la naissance. Frédérick Leboyer.

AVIS IMPORTANT

Les fiches et récits d'expériences "Pratiques" sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de la "charte Inter Aide".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives et ne prétendent en aucun cas "dire ce qu'il faudrait faire"; elles se contentent de présenter des expériences qui ont donné des résultats intéressants dans le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient, au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à la condition expresse que les informations qu'elles contiennent soient données intégralement y compris cet avis .

Annexes : Modules de formation pour l'équipe du programme Petite Enfance (élaborés à partir des sources citées ci-dessus):


1. Les découvertes sur la vie prénatale ( As descobertas da vida pré natal, traduction ESSOR)
2.a. Les étapes du développement psychologique de l'enfant
2.b. Séparation affectivité et hospitalisme
3. Enfant idéal et enfant réél
4. Accompagner un enfant dans son développement
5. Développement psychomoteur de l'enfant ( O desenvolvimento psicomotor da criança, traduction ESSOR)
6. Les troubles chez l'enfant.
Annexe : fiche d'observation et de suivi lors des ateliers d'éveil.


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fiche URBAIN 1.6.1 présentant le programme "petite enfance"à Tana. (
version portugaise, traduction Essor)
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Alexandra Lesaffre, ergothérapeute, fut responsable du programme Petite Enfance à Antananarivo, Madagascar, démarré par Coopé Sud et repris par Inter Aide de janvier 2002 à 2005.