PRATIQUES urbain- 2.2. éducation préscolaire - Fiche URBAIN-2.2.2.

L'autonomisation du préscolaire à Pune en Inde :
semi-privatisation des maternelles et création d'un collectif d'éducateurs
L'expérience en cours avec Snehdeep , deuxième partie.

Frank Wiegandt*
janvier 99-(réédition juillet 00)

Avertissement : cette fiche a été écrite en 1999. Depuis, l'action continue d'évoluer. Cette fiche constitue donc une part des archives du programme éducation de Pune.

Première partie :
1. La situation à la veille de l'autonomisation:
2. Les objectifs
:

Deuxième partie:
3. Les activités mises en oeuvre pour atteindre les objectifs:
3.A. La création d'une association d'éducateurs
3.B. La création d'un environnement pédagogique favorisant l'apprentissage actif
4. La situation créée au lendemain de l'autonomisation:
4.A La logique de transfert des responsabilités à l'association des éducateurs
4.B. Les résultats actuels

fiche 2.2.1 retour au sommaire Urbain / éducation
Liste de diffusion

3. Les activités mises en oeuvre pour atteindre les objectifs

3.A. La création d'une entité juridique distincte pour assumer la gestion du préscolaire

Les différentes alternatives : "la semi-privatisation pure"

Une fois que le concept et l'intérêt de la semi-privatisation ont été bien compris et partagés par les éducateurs, différentes formules ont été évoquées pour atteindre les objectifs fixés.

Nous avions d'abord proposé de semi-privatiser chaque balwadi (cf. URBAIN.2.2.1. Préambule) : les éducateurs seraient des entrepreneurs indépendants dans le domaine de l'éducation (seuls ou associés à deux ou trois) qui conduiraient leur classe sans être salariés d'une école ou d'une ONG, et se rémunérant sur les cotisations parentales.

Ces cotisations étant insuffisantes dans les quartiers pauvres, les éducateurs indépendants recevraient un soutien de l'ONG locale : les éducateurs accepteraient de prendre en charge des enfants identifiés par l'équipe de l'accompagnement familial, et l'ONG verserait une subvention complémentaire en fonction du nombre de ces enfants. En contrepartie, l'ONG exigerait un certain nombre de garanties quant au niveau des enseignants (formations obligatoires organisées par l'ONG), à la qualité de l'enseignement (contrôle de qualité, adhésion à une charte) et à la rigueur des comptes (contrôle des comptes).

Nous proposions également la labélisation des maternelles garantissant leur qualité, et prônions la mise en réseau des écoles labélisées (un tel réseau de maternelles semi-privées serait en meilleure position pour négocier avec les autorités et obtenir un appui, ou pour résister en cas de diminution des ressources en provenance de l'extérieur via les ONG partenaires).

Mais ce modèle a été rejeté par les éducateurs préscolaires de Snehdeep, pour les raisons suivantes :
- un enseignant seul aurait du mal à s'imposer vis-à-vis des leaders locaux, de l'ONG partenaire (Snehdeep) et de certains parents ;
- certains éducateurs, très capables quand il s'agit d'enseigner, n'ont pas de compétence comptable, tandis que d'autres s'en désintéressent complètement ;
- identifier et obtenir individuellement des sources alternatives de financement leur paraissait excessivement difficile ;
- ils risquaient être complètement débordés, etc..

Une notion qui revenait fréquemment dans le discours des éducateurs était celle d'entraide : chaque enseignant, conscient de ses propres limites et lacunes, était désireux être associé à d'autres éducateurs pour partager et échanger sur des sujets pédagogiques et financiers. Ils ont alors proposé de constituer une association d'éducateurs semi-privés.


La décision des éducateurs de se constituer en association : Ratnasagar Shishu Vikas Kendra

La décision des éducateurs de se constituer en association inaugurait bien d'une dynamique désormais portée par les éducateurs eux-mêmes. Cette formule paraissait possible dans la mesure ou il y a une forte homogénéité au sein de l'équipe d'éducateurs de Snehdeep et que la plupart se connaissent et travaillent ensemble depuis de nombreuses années.

En considérant la longue période pendant laquelle ces éducateurs (toutes des femmes issues d'un milieu très modeste et vivant soit en périphérie ou dans un bidonville avec un capital culturel faible) ont été employées par Snehdeep (10 à 15 années pour certaines), il paraissait évident qu'elles auraient eu, individuellement, énormément de mal à échapper à la tutelle paternaliste de leur ancien employeur, le Dr. Bhandari.

Le fait de former une association semblait aussi créer les conditions d'une réelle autonomisation et d'un transfert de responsabilités.

Cette formule présentait aussi l'avantage de permettre une meilleure division du travail, avec la formation d'un comité pour le travail sur la qualité de l'enseignement, et d'un autre comité pour les aspects financiers et comptables. Ces comités se spécialisent alors sur certains aspects très techniques, pédagogiques ou financiers, puis soumettent au " Board " (composé d'un Président, d'un vice-président, d'un Secrétaire et d'un Trésorier) et au " Général Body " un ensemble de propositions. L'Association d'éducateurs a opté pour un mode de fonctionnement réellement démocratique.


Dans mon idée, le fait d'appuyer la création d'une structure auto-gérée par un collectif d'éducateurs (les membres sont obligatoirement éducateurs à plein-temps) présentait, plusieurs autres avantages :

- permettre à certains éducateurs, capables mais n'ayant pas l'esprit d'entreprise nécessaire, de continuer à enseigner dans les bidonvilles, en même temps que s'établissait une relation de concurrence entre la nouvelle structure, l'Association d'éducateurs, et l'ancien employeur, Snehdeep;
- permettre, en cas de rupture avec Snehdeep, une interaction directe entre Inter Aide et l'association d'éducateurs, et d'identifier éventuellement une autre ONG intermédiaire sans que les activités d'éducation s'arrêtent ou périclitent - l'association d'éducateurs étant une unité mobile et souple.
- Sur le plan de l'autofinancement souhaité, une petite association enregistrée, ayant développé une identité propre, opérant à un coût très compétitif, et de surcroît uniquement composée d'éducateurs issus du bidonville et travaillant pour les enfants du bidonville, peut être un objet de financement très attractif pour des donateurs potentiels.

Ce choix d'appuyer la création d'une association d'éducateurs n'exclut pas l'option de travailler, parallèlement, avec des éducateurs entrepreneurs indépendants. (Les éducateurs des classes de soutien scolaire de Snehdeep, qui sont recrutés sur une l'année scolaire, et qui changent du coup d'une année à l'autre, s'intègrent plus facilement dans ce concept - voir présentation du soutien scolaire à Pune).

Cette formule d'association d'éducateurs pourrait également (notamment en cas d'échec ou de dysfonctionnement de l'association) être une phase de transition vers la semi-privatisation à proprement parler, les éducateurs pouvant se regrouper ensuite en réseau labélisé de "balwadis" semi-privés (et décider de partager des services communs, tels que commandes de fournitures, audit comptable, etc.).

Enfin, passer par la case association paraît être une bonne option, étant donné l'ampleur et l'ancienneté du programme et la tendance au paternalisme de l'ONG locale - et l'expérience menée avec Snehdeep cette année semble le confirmer : pour l'instant, tandis que l'association d'éducateurs bénéficie d'une réelle autonomie (les membres de l'association ont organisé leur propre voyage d'études à Bangalore, par exemple), les quelques éducateurs semi-privés (indépendants) sont véritablement des "RMIstes" du travail social, avec tous les inconvénients d'une autonomie relative et tous ceux d'un rattachement aléatoire à Snehdeep (ils sont rattachés à Snehdeep quand tout va bien, et sont "à leur compte" quand il y a des problèmes !).


Fin mai 1999, 14 éducateurs et 14 aides (helpers) de Snehdeep ont remis leur lettre de démission et touché une indemnité compensatoire calculée au prorata des années de service. Les éducateurs ont accepté de reverser une partie de ce montant sur un compte commun bloqué. L'association à but non lucratif, créée par les éducateurs, "Ratnasagar Shishu Vikas Kendra", a été enregistrée auprès du Charity Commissioner de Pune en juin 1999.

Son but est d'assurer la préscolarisation ainsi que - partiellement (certains éducateurs conduisant également ce type de classe) - le soutien scolaire des enfants de 4 bidonvilles de Pune : Kashewadi, Lohia Nagar, Patil Estate et Janawadi, avec pour mots d'ordre : proximité et qualité.
L'association compte 14 membres (tous anciens éducateurs salariés de Snehdeep, qui recrutent des aides/assistants non membres) et conduit 24 classes (18 maternelles et 6 classes de soutien) pour un total de 626 enfants.

L'association a décidé de fixer à 12 roupies (1.70 FF) le montant demandé par mois et par enfant aux parents pour l'année scolaire 1999-2000. Snehdeep s'est alors engagé à couvrir la différence de 33 roupies sous forme de " tuition fees " et de la verser sur un compte ouvert par l'association d'éducateurs.


Les termes de l'accord doivent évidemment être revus chaque année. Pour l'année scolaire 2000-2001, il est ainsi prévu de porter le tarif de 12 à 25 roupies (3.60 FF) par enfant par mois, après avoir mis en pratique cette année (1999-2000) un recouvrement strict des cotisations et travaillé à la qualité du service.


3.B. La création d'un environnement favorisant l'apprentissage actif

La décision d'affecter les cotisations collectées à l'amélioration de l'environnement éducatif

L'association indépendante d'éducateurs " Ratnasagar Shishu Vikas Kendra " a décidé lors d'une réunion extraordinaire d'affecter une partie substantielle du montant des cotisations parentales collectées à l'amélioration de l'environnement des classes.

Par environnement des classes, nous entendons bien sur environnement physique - toujours susceptible être amélioré - mais aussi environnement intellectuel ou stimulation intellectuelle : il s'agit de faire en sorte que l'enfant puisse manipuler un matériel toujours à proximité en fonction de choix personnels, en se servant de l'enseignant comme guide et en utilisant un langage adéquat (le parler fort et de manière " infantilisante " est à bannir).

Les éducateurs veulent aussi tenter, en vertu des thèses du pédagogue russe Vygotsky, d'identifier pour chaque enfant - et là c'est totalement nouveau - " la zone de développement à proximité ", c'est-à-dire de repérer exactement le stade auquel est l'enfant dans sa progression cognitive, pour le guider vers le stade suivant.

Ceci nécessite bien sûr un suivi continu, rapproché et bien documenté (fiches de suivi personnalisées, bien négligées pendant des années…).

Il a aussi été décidé de diviser la classes en zones (apprentissage, jeux, repos, collation, etc.) et de diviser le temps en séquences. Le " syllabus " ou " curriculum " pour l'année scolaire 1999-2000 fut fixé pour la première fois par le personnel concerné de Snehdeep en collaboration avec les éducateurs membres de l'association.

Si cette décision d'affecter une partie des écolages à l'amélioration de l'environnement éducatif a eu l'effet positif de motiver les éducateurs, qui s'approprient ainsi l'action en la dynamisant, et de légitimer, auprès des parents, l'augmentation des écolages, elle présente aussi le risque - si elle est renouvelée chaque année - de vider la semi-privatisation de son sens, dans la mesure où la rémunération des éducateurs est, de fait, financée par Snehdeep. (Le schéma proposé de semi-privatisation prévoyait que les éducateurs se rémunèrent, à terme, sur les écolages - la subvention complémentaire de l'ONG ne servant plus qu'à préserver l'accès des plus pauvres aux balwadis, et au suivi et à la formation des éducateurs).


La création d'un " programme committee "

L'association d'éducateurs a constitué un " programme committee " chargé d'étudier les problèmes liés à la pédagogie, l'environnement de la classe, le développement de l'enfant, la préparation de cessions de formation, etc..

Ce "programme committee" composé de 3 membres (Mesdames Chawan, Totekar et Budhkar) travaille en collaboration avec madame Bhaosar, le superviseur qualité de Snehdeep. Madame Bhaosar visite toutes les classes à intervalles réguliers et rend un rapport sur la qualité (matérielle et pédagogique) du travail avec une série de recommandations à Snehdeep (à son coordinateur, Monsieur Patil) et à la Présidente de l'association d'éducateurs (Madame Balgohire).

Cette dernière remet le rapport d'évaluation au "programme committee" qui agit et réagit en fonction des recommandations et interrogations formulées. L'enjeu à terme étant de faire réaliser un contrôle de qualité par les membres de l'association eux-mêmes. Puis de confronter les 2 rapports, et d'agir en conséquence (pour de ne pas laisser à Snehdeep le monopole de la définition des critères de qualité et d'évaluation, afin de favoriser l'autonomie de l'association d'éducateurs).

 

4. La situation créée au lendemain de l'autonomisation

4.A. La logique de transfert des responsabilités à l'association d'éducateurs

Sur le plan de la gestion financière

En mai 1999, avant même son enregistrement officiel, l'association (les membres du Board en fait, le "finance committee" ayant été constitué plus tard) a proposé à Snehdeep un budget pour l'année scolaire 1999-2000.

Pour conduire 24 classes pendant 12 mois (le mois de vacances en mai étant consacré à la formation et à la préparation de l'année scolaire suivante), le budget de l'association est de 417.600 roupies (environ 59 655 FF).

Dépenses
Dépenses en Roupies
équivalent en FRF
18 classes de présco * 1600 Rs * 12 mois (dont 400 Rs de locaux mis à disposition)
345 600 INR dont 86 400 d'apport local valorisé (ALV)
49 370 FF (7525 €)
6 classes de soutien * 1000 Rs * 12 mois (dont 400 Rs de locaux mis à disposition)
72 000 INR dont 28 800 d'apport local valorisé
10 285 (1570 €)
TOTAL
417 600 INR
dont 115 200 d'ALVet
302 400 de dépenses monétaires
59 655 (9095 €)
dont 16 457 (2500 €) d'ALVet
43 198 (6595 €) de dépenses monétaires

NB : les classes de soutien coûtent moins cher car il n'y a pas d'assistnat et moins de fournitures à acheter que pour les maternelles

Ayant fixé le niveau de la cotisation parentale à 12 roupies par mois par enfant pour l'année en cours, et en attendant une moyenne de 25 enfants par classe (25 enfants x 24 classes = 600 enfants), avec 80% d'enfants qui doivent payer (20%, soit 120 enfants étant supposés être issus de l'accompagnement familial et donc sponsorisés par l'ONG), on obtient 72 960 roupies de recettes d'écolages ( 10 420 FF), + 10 560 roupies ( 1500 FF) en donations diverses (collecte lors de la fête de Diwali notamment) soit un total de 83 520 roupies ( 11 930 FF) que l'association d'éducateurs s'engage à collecter auprès des parents.

Snehdeep doit donc apporter une contribution financière complémentaire de 218 880 roupies (31 270 FF) sur la période allant de juin 1999 à mai 2000.

RECETTES LOCALES
Recettes monétaires en Rs
Recettes Valorisées en Rs
Total recettes en Rs
Total FRF
480 enfants * 12 Rs * 11 mois + 20 Rs d'inscription
72 960
72 960
10 420 (1590 €)
Donations diverses
10 560
10 560
1 500 (230 €)
Mise à disposition de locaux
115 200
115 200
16 457 (2500 €)
TOTAL
83 520
115 200
198 720
28 387 (4320 €)
% d'autofinancement
20%
27.58%
47.58%
Suvbvention complementaire de Snehdeep
218 880
31 270 (4770 €)

Le "finance committee" composé de 3 membres de l'association (qui enseignent par ailleurs: il n'y a pas, à Ratnasagar, de salaire pour ce type d'engagement) remet chaque mois au superviseur administratif de Snehdeep un rapport comptable (nombre d'enfants, assiduité, montants collectés, etc.) donnant des informations sur l'utilisation de l'argent collecté et une demande d'argent pour le mois à venir. Le superviseur administratif évalue lui-même au cours de visites régulières la qualité de la ponctualité, de la documentation (respect des procédures comptables, etc.) et du niveau de collecte. Il établit un rapport qu'il remet à son coordinateur et à la présidente de l'association.

L'association a son propre compte en banque sur lequel est transféré la subvention complémentaire de Snehdeep, et où est déposé l'argent collecté auprès des parents. Snehdeep a accès aux relevés de compte bancaire. Les rémunérations des éducateurs sont payés par l'association d'éducateurs qui puise dans les fonds transférés par Snehdeep comme dans les fonds collectés auprès des parents.

Le niveau de rémunération des assistants est fixé par les éducateurs, celui des éducateurs est fixe par décision consensuelle de l'association (le critère choisi est l'ancienneté : la rémunération s'échelonne entre 400 et 700 roupies - 10 à 15 €- par mois et par classe pour les éducateurs, et entre 150 et 300 roupies - 3 à 6 € - par mois et par classe pour les assistants). Les salaires sont payés en liquide aux helpers par les éducateurs, et transférés sur le compte des éducateurs par l'association une fois par mois.

Les sommes transférées par Snehdeep sont dénommées "tuition fees". C'est le soutien de "l'organisme de promotion de l'éducation" de Snehdeep à une Association qui préscolarise des enfants très pauvres du bidonville (complètement sponsorisés), et d'autres moins pauvres (partiellement sponsorisés, en attendant que - par étapes - les parents s'habituent à payer davantage).


Sur le plan de l'innovation pédagogique

Comme on l'a vu, les éducateurs ont fourni un effort particulier pour rendre les classes plus attractives : rénovations (coups de peinture, dessins, etc.), achat de matériel pédagogique en bois (plus longue durée de vie), division des effectifs en groupes en fonction de la phase de développement, division du temps de présence en séquences, etc.

Le plus important, sans aucun doute, aura été que, pour la première fois, les éducateurs ont pu eux-mêmes réfléchir à ce qui était nécessaire au bon fonctionnement de la classe et au développement des enfants, puis le mettre en œuvre.

Le fait de ne plus être salariés de Snehdeep, et de pouvoir faire suivre sans délais la formulation d'une idée par sa mise en œuvre, a libéré des quantités insoupçonnées d'énergie productive chez les éducateurs. La conception d'une "classe modèle" est prévue pour la rentre prochaine.


4.B. Les résultats atteints

Au niveau de l'autonomie financière

Comme on l'a vu ci-dessus, pour année scolaire 1999-2000, le degré d'autonomie financière est de 47,58% sur un budget de 417.600 roupies dès lors que l'on inclut dans le calcul le montant des loyers (400 roupies par classe) qui sont mis à disposition gratuitement par les associations de quartiers.
Sur les premiers 7 mois de l'année scolaire en cours (de juin 1999 à décembre 1999), les éducateurs se sont proposés de collecter 48 720 roupies (1060 €). A fin décembre 1999, 39 953 roupies (870 €) ont été effectivement collectées, soit 82% de l'objectif. Les raisons de ce léger déficit dans la collecte sont les suivantes :

- le niveau de collecte pendant le mois de la rentrée (rentrée qui s'échelonne de la mi-juin à la mi-juillet) est traditionnellement faible ;
- le niveau de collecte pendant la période de fêt Diwali est également traditionnellement faible (les parents dépensent leur argent pour la fête, les enfants ne viennent pas en classe pendant 2 à 4 semaines - retour au village -, etc.) ;
- certains parents payent, mais sont irréguliers. Tous ont déjà payé au moins une fois ;
- certains enfants sont sur la liste d'attente de l'évaluation du niveau de pauvreté par l'équipe de l'Accompagnement Familial .

Les résultats sont néanmoins encourageants, dans la mesure où l'association d'éducateurs cherche elle-même à résoudre le problème d'une collecte insuffisante par ses membres. Snehdeep soulève le problème, mais ne donne que le montant calculé en fonction du budget.


Au niveau pédagogique

Au niveau pédagogique, une réelle dynamique d'appropriation par les éducateurs du contenu de leur enseignement est en cours. Les efforts consentis sont en train de porter des fruits :
- le niveau d'assiduité des enfants a augmenté (classe plus attractive et parents plus soucieux d'envoyer l'enfant dès lors qu'ils ont payé),
- la ponctualité des éducateurs est meilleure : c'est devenu leur "affaire",
- les relations avec les parents sont plus régulières et denses,
- l'association d'éducateurs est plus exigeante vis-à-vis de ses membres que ne l'était Snehdeep vis-à-vis de ses employés : il y va de la survie de l'association d'éducateurs.


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Sur le préscolaire, voir aussi la synthèse de la rencontre de juillet 98 : participation des parents au coût des maternelles, et la fiche 2.1.1. d'ESSOR sur les crèches au Brésil.

Sur les actions d'éducation mené à Pune avec Snehdeep, voir aussi la description du volet soutien scolaire.

Sur la petite enfance, voir aussi Module de formation sur la petite enfance, Alexandra Lesaffre, Coopé Sud / Inter Aide

* Frank Wiegandt a été responsable du programme Social à Pune (accompagnement des familles et éducation) de l'automne 97 au printemps 2000. Il a ensuite travaillé au Malawi, ou sa femme, Katya Wiegandt était responsable du programme d'éducation à la santé dans les écoles à Zomba. Depuis avril 2001 il est basé à Addis Abeba où il apporte un appui aux programmes hydrauliques, agricole et de santé menés par Inter Aide dans le Wolayta.

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Les fiches et récits d'expériences "Pratiques" sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de la "charte Inter Aide".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives et ne prétendent en aucun cas "dire ce qu'il faudrait faire"; elles se contentent de présenter des expériences qui ont donné des résultats intéressants dans le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de " Pratiques " ne voient aucun inconvénient, au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à la condition expresse que les informations qu'elles contiennent soient données intégralement y compris cet avis .