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PRATIQUES
- AF - formation ASMAE / LINGAP
Formation sur l'approche familiale systémique
Formation ASMAE
/ Lingap, Manille
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Sandrine Coutancier & Gwen Dorflinger
Les Amis de Soeur Emmanuelle
Rencontre Pratiques
/ Impact Déc. 99
AVIS
IMPORTANT
Ces
fiches et récits d'expériences sont diffusés
dans le cadre des réseaux d'échanges d'idées
et de méthodes "Pratiques " & "Impact"
.
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives
et ne prétendent en aucun cas "dire ce qu'il faudrait
faire"; elles se contentent de présenter des expériences
qui ont donné des résultats intéressants dans
le contexte où elles ont été menées.
Ces fiches sont mises en ligne en accès libre pour le bénéfice commun. Pour autant, les méthodologies et outils présentés appartiennent aux ONG qui les ont conçus et les utilisent.
Ainsi, les auteurs espèrent que ces fiches puissent servir à d'autres opérateurs de terrain: c'est pourquoi elles peuvent être utilisées et réproduites à la condition expresse
que les informations qu'elles contiennent, le nom des auteurs et des ONG opératrices soient données
intégralement y compris cet avis, et en demandant l'accord préalable de Pratiques. |
Voir aussi l'intervention
de Cécile Bizouerne à l'atelier
AF de décembre 2002
Voir
aussi le compte-rendu rédigé
par Anne Carpentier de l'intervention sur la Systémie et la thérapie
Familiale par Processus
Recherche, atelier
AF 2005,
Voir aussi Biblio
social et psychosocial
Préambule 
Dans le cadre du
partenariat avec LINGAP, l'association Les Amis de Soeur Emmanuelle (ASMAE)
a proposé une première formation aux assistantes sociales
de Lingap, animée par Sandrine Coutancier (psychologue) et Gwen
Dorflinger (éducatrice spécialisée en charge du programme
de réunification familiale au sein de la Fondation Virlanie, partenaire
d'ASE accueillant des enfants des rues) fin 99.
La première partie de la formation fut consacrée à
l'apport théorique de l'approche systémique
de la famille et à la technique du génogramme. Le but
était de former les assistances sociales à cet outil afin
qu'elles puissent, si nécessaire, l'utiliser ponctuellement pour
aider les travailleurs sociaux ("field workers" ou accompagnatrices)
à débloquer une situation avec une famille suivie, ou à
identifier des problématiques cachées. En aucun cas cet
outil n'a été présenté comme une "formule
magique" permettant de résoudre tous les problèmes.
La deuxième partie
était consacrée à l'application concrète du
génogramme à travers l'analyse de cas de certaines
familles suivies par le programme d'accompagnement familial.
Bénéficiaires : les assistantes
sociales de LINGAP (ex- partenaire d'IA à Manille)
Objectifs : donner aux assistantes sociales un outil qui puisse
les aider dans la supervision des agents de terrain (accompagnateurs)
Comprendre la problématique familiale et faciliter l'identification
des problèmes
Emploi du temps
deux demi-journée de formation de 9 heures à 13 heures
Première partie: 
- Base théorique sur l'approche systémique
- Introduction à
la technique du génogramme
- Illustration avec un cas concret choisi par les assistantes sociales
Deuxième partie:
- application concrète de la technique du génogramme
- construction et interprétation des génogrammes personnels
des assistantes sociales
- construction et interprétation de génogrammes sur des
cas complexes
Lieu: Bureau de la Fondation Lingap
Formatrices : Sandrine Coutancier (psychologue) et Gwen Dorflinger
(éducatrice spécialisée)
L'approche
familiale systémique 
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La famille est un système de relations continues qui s'interconnectent
en permanence. Quand un changement survient dans la vie d'un des membres
de la famille, il y a changement pour toute la famille. Ces interactions
sont exprimées par les mots, les contacts physiques, les attitudes
et comportements verbaux et non-verbaux.
Chaque personne vit dans plusieurs systèmes à la fois.
Ces systèmes s'influencent les uns les autres.

Quels sont les différents éléments qui compose
le système familial?
1. But / justification
Pourquoi le système familial existe-t-il?
La famille est un lieu où l'enfant peut identifier la différence
entre les hommes et les femmes, entre lui-même et les autres. Je
suis différent de ma mère...
C'est aussi le lieu où l'enfant va construire son estime de soi,
apprendre à réaliser ses propres désirs et apprendre
à être parent à son tour.
2. Alliances et coalitions:
Une alliance est un accord, souvent non-dit, entre deux (ou plus) membres
de la familles, utilisé pour exercer le pouvoir ou contrôler,
pour protéger un membre de la famille ou pour maintenir le "statu
quo".
Qui forme quelle alliance à quel propos?
Dans quelles circonstances les alliances sont-elles modifiées?
3. Espace
Quel espace (physique et émotionnel) il y a-til entre chaque membre
de la famille ?
Qui est proche, qui est distant?
Qui est isolé / seul?
4. Forces gravitationnelles
Qui sont ces personnes?
Vers qui se retourne-t-on dans la famille?
Quelles sont les caractéristiques de ces personnes?
5. Limites et frontières
Définissent les limites de la famille et de ses membres. Chaque
personne a sa propre frontière, qui lui permet d'être autonome.
(Frontières entre les générations, les rôles...)
6. Rôles
Un rôle est une position dans la famille qui implique des attentes
réciproques
Qui nourrit?
Qui met des limites?
Qui autorise ? Qui donne la permission?
Qui souffre?
Qui est différent de qui?
Qui est le héros? le mouton noir? le bouc-émissaire?
7. Positions
Chaque personne a une position qui lui permet d'être reconnue par
les autres et qui lui permet de grandir et de devenir adulte.
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Père
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Mère
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Système parental (1) |
| ----------------------------------------------------------------- |
Frontière (ligne discontinue) |
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Enfant 1 Enfant 2 Enfant 3 Enfant 4
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Système des enfants (2) |
Ces 2 systèmes composent la famille.
1. Si il n'y a pas de limite ou frontière, les deux systèmes
sont en danger car un enfant peu prendre la place des parents ou le contraire
(une fille qui prend la place de la mère, un garçon qui
prend la place du père).
2. Si la frontière est fermée, le seul moyen de communication
entre les deux systèmes est la violence.
8. Les règles
La plupart du temps, il y a des règles implicites, auxquelles tout
le monde a donné son accord de manière verbale ou non verbale,
et qui gouvernent les actions et réactions de la famille.
Par exemple: règles de vie : à quel
moment on mange, on dort...
Règles de communication: qu'est-ce qu'on a le droit de dire,
d'exprimer: émotions, douleur, besoin de parler des problèmes...
Il y a généralement des règles non-dites. Si un
membre de la famille ne peut pas exprimer ses sentiments parce que c'est
la règle familiale, il s'exprimera par la douleur, ou par des comportements
répréhensibles.
Par exemple:
Un enfant rentre de l'école avec un beau dessin. Il est heureux
et fier. Il le montre à sa mère. A ce moment là il
a probablement envie que sa mère lui dise "c'est un très
beau dessin, je suis fière de toi". Mais la mère est
occupée, elle doit finir de faire le ménage avant que son
mari rentre, elles un peu énervée et ne regarde même
pas le dessin "je n'ai pas le temps, tu ne vois pas que je suis occupée,
va-t'en". L'enfant est blessé mais ne peu pas le dire.
Le jour suivant, il revient de l'école le pantalon déchiré.
La mère le regarde et crie "mais qu'as-tu fait? Méchant
garçon !..." L'enfant est peut-être en colère
et essaie de répondre, mais sa mère s'énerve de plus
en plus. L'enfant pense alors que pour que sa mère le prenne en
compte, le reconnaisse, il doit faire de mauvaises choses.
Une autre règle de communication:
Quand j'exprime un sentiment, il soit être en phase avec mon
comportement et mon attitude.. En d'autres termes, le message que
j'envoie doit être le même que celui que mon corps, mon attitude
envoie.
Par exemple:
Un enfant est envoyé dans une institution (ou pension), et ses
parents lui écrivent des lettres "tu me manque, je t'aime".
Quand les parents rendent visite à l'enfant, il court vers sa mère
mais elle recule et se met à parler de choses matérielle
avec l'assistante sociale et ne regarde pas son enfant.
Dans cette exemple, il y a contradiction entre son discours, ce qu'elle
dit dans ses lettres, et son comportement. C'est très dur pour
l'enfant, qui se sent coupable et se dit "qu'est-ce que j'ai fait
de mal pour que ma mère ne m'aime plus?" . Il ressent douleur
et désarroi, et n'a plus confiance dans ses propres sentiments.
"Ce que je ressens n'est pas bien", son estime de soi baisse
et il ne peut pas dire à ses parents qu'il ne comprend pas, ni
ce qu'il ressent à ses parents.
On trouve ce scénario de communication dans les familles abusives.
9. Valeurs.
Les valeurs sont des représentations mentales et émotionnelle
qui permettent à quelqu'un de juger les choses, des idées,
des événements. Les valeurs sont plus orientées vers
l'action que les croyances.
Elles sont généralement en relation avec les systèmes
culturels et religieux.
Par exemple qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui est mal?
Les parents sont-ils proches des enfants ou pas, et comment? Si ils sont
proches, l'enfant est peut-être considéré comme un
adulte. Si ils ne sont pas proches, l'enfant peut se sentir seul.
10. Croyances
Chacun voit la réalité avec son propre regard.
La réalité n'est pas la vérité. La réalité
dépend de nos croyances.
Les croyances sont transmises par la famille, la culture, la religion.
Par exemple, une famille peut avoir la croyance suivante : "tous
les hommes sont violents", ou "les hommes sont inutiles"
ou "je ne suis pas capable d'être une bonne mère".
Nous construisons notre réalité et nos relations sur ces
croyances.

ASMAE
(les Amis de Soeur Emmanuelle) est le partenaire d'Inter Aide sur
le programme d'accompagnement des familles et d'éducation.
Voir aussi le compte-rendu
rédigé par Anne Carpentier de l'intervention sur la Systémie
et la thérapie Familiale par Processus
Recherche, atelier
AF 2005,
Voir aussi Biblio
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