PRATIQUES - urbain - Santé / Social: stimulation précoce

RÉSUMÉ DU RAPPORT DE L'ÉTUDE SUR
LA STIMULATION DU DÉVELOPPEMENT INFANTILE :
répercussions sociales et adaptatives dans la vie des enfants des quartiers périphériques de Fortaleza (Brésil)

ESSOR / GACC *
janvier 2001

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AVIS IMPORTANT

Les fiches et récits d'expériences "Pratiques" sont diffusés dans le cadre du réseau d'échanges d'idées et de méthodes entre les ONG signataires de la "charte Inter Aide".
Il est important de souligner que ces fiches ne sont pas normatives et ne prétendent en aucun cas
"dire ce qu'il faudrait faire"; elles se contentent de présenter des expériences qui ont donné des résultats intéressants dans le contexte où elles ont été menées.
Les auteurs de "Pratiques" ne voient aucun inconvénient, au contraire, à ce que ces fiches soient reproduites à la condition expresse que les informations qu'elles contiennent soient données intégralement y compris cet avis .

Purpose

The purpose of this manual of use is to have a clear idea of the Family Development as well as the mehtodology used in order to make this program efficient.


1. The aim of the program

Le GACC (Groupe d'Appui aux Communautés défavorisées -- ONG brésilienne basée à Fortaleza dans l'état du Ceara) met en place des activités dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la formation professionnelle et de la formation des leaders communautaires depuis 1985 dans les quartiers périphériques de Fortaleza et dans les zones rurales défavorisées.

L'une des activités réalisées dans le domaine de la santé est la stimulation du développement infantile démarrée en avril 1992 sous le nom de " Stimulation précoce et prévention des handicaps " avec l'appui de la fondation Michelham, Genève.

La nécessité de mettre en place cette activité est née des constatations faites par les agents de santé après plusieurs années de travail dans les quartiers périphériques. Durant leurs visites à domicile ils se sont rendu compte que les enfants de moins de deux ans restaient le plus souvent dans leurs hamacs ou dans des poussettes de fortune, avec peu d'opportunités de bouger et de découvrir - ceci du fait de la nature des sols des habitations, le plus souvent humides (terre battue) et de la méconnaissance par les parents des principes du développement de l'enfant et de ses besoins.

D'autres facteurs comme la malnutrition, les conditions sanitaires et les maladies favorisent l'apparition de retards de développement psychomoteurs et des troubles psychoaffectifs des enfants de ces quartiers.

Le choix a été fait de démarrer l'activité avec une association du quartier du Genibaû en 1993. Différents supports ont été utilisés : la fiche de développement infantile de Heloïsa Marinho, le test de Denver et une fiche d'anamnèse. Les enfants ont bénéficié d'un suivi adapté à la situation de chacun. Des rencontres éducatives avec les parents et des visites aux domiciles sont venues compléter le travail. Du fait des bons résultats obtenus et des besoins existants l'activité a été étendue à d'autres quartiers Jardim Uniâo en 1995 et Granja Portugal en 1996.

En 6 ans, entre 93 et 99, les activités de stimulation du développement infantile ont touché 1022 enfanté identifiés au travers de 1878 bilans. 337 enfants (33%) ont été réévalués de façon très positive par rapport aux problèmes qu'ils présentaient initialement.

Le travail s'intensifiant et répondant de plus en plus à une demande locale (parents, postes de santé, crèches..) il a semblé nécessaire d'évaluer de façon plus scientifique l'efficience de cette activité, en s'appuyant sur plusieurs éléments:

1) L'identification des difficultés de développement des enfants de ces quartiers;
2) La vérification du type de réponses manifestés par les enfants quand ils sont suivis;
3) L'évaluation des changements au niveau de la socialisation chez les enfants suivis;
4) L'évaluation de l'impact de la stimulation sur l'adaptation scolaire des enfants.

Ce travail d'évaluation a été réalisé en 1999 et 2000 par le biais d'une enquête dans le cadre d'un mémoire de fin d'études du cours de spécialisation en santé mentale que suivait la coordinatrice technique de l'activité au sein du GACC à l'université d'État du Ceara.

Deux types de questionnaires ont été élaborés avec des questions destinées aux agents de stimulation, aux parents et aux professeurs des enfants. Ils ont été appliqués d'une part auprès de 46 enfants ayant bénéficié des activités de stimulation, et d'autre part à 48 enfants n'y ayant pas participé, et ce afin de pouvoir mener une étude comparative. Les enfants devaient avoir entre 3 et 9 ans, habiter dans les quartiers où ont été menées les activités de stimulation et être inscrits à l'école maternelle ou primaire.

Sur les 94 enfants 84 questionnaires (42 d'enfants suivis et 42 non suivis) ont ensuite été traités et analysés au niveau paramétrique (mode, médiane, variance) et non paramétrique.

Les résultats de cette analyse ont été présentés sous forme de tableaux et graphiques dans une étude plus complète et peuvent être résumés comme suit.

1) Selon les parents les difficultés de développement psychomoteur des enfants, stimulés ou non, sont nombreuses. Elles se situent, d'après eux, essentiellement au niveau de l'acquisition du langage, de la socialisation, de l'affectivité et au niveau moteur. Ce qui varie entre les deux groupes enquêtés c'est l'intensité de ces difficultés qui est plus importante chez les enfants non stimulés.

2) Selon les auxiliaires de stimulation les difficultés des enfants sont nombreuses lors de leur arrivée, ce qui confirme la nécessité de cette activité. Les retards identifiés lors des bilans découlent de problèmes d'ordre nutritionnel, environnemental et social.

90% en moyenne des enfants qui passent un bilan présentent des retards de développement. Les difficultés principales se situent au niveau du langage, de la socialisation, au niveau moteur global et plus fin (graphisme), moteur adaptatif, affectif, et pour l'autonomie dans les activités quotidiennes. Ces difficultés sont dues, d'après ces professionnels, en grande partie à la pauvreté du milieu (peu de dialogue et d'échanges) à l'absence de terrain d'expérimentation et de contacts extérieurs avec d'autres enfants et d'autres ambiances.

3) Durant le temps où les enfants participent aux activités de stimulation des changements interviennent, la plupart des parents disent s'en rendre compte ce qui est important car percevant des changements positifs chez leur enfant et l'attribuant aux activités menées par le projet, ils se mettent eux aussi à accorder plus de soins et d'attention à leurs enfants, les considèrent plus comme sujets, participent de façon régulière aux réunions de parents et renforcent encore l'évolution de leurs enfants.

Pour les agents de stimulation l'un des principaux défis est justement de sensibiliser les parents sur l'importance de l'activité pour l'enfant, et de les amener à participer aux réunions de parents où ils peuvent prendre conscience des bases du développement infantile. Cette participation des parents génère chez eux des changements de comportement dans la façon de traiter leurs enfants, elle est la garantie de la bonne assiduité des enfants aux activités.

4) Selon les agents de stimulation, les changements les plus significatifs se situent au niveau de la socialisation et des facilités d'adaptation aux nouvelles ambiances, ce qui correspond à l'objectif principal de l'activité. Ceci se perçoit nettement lors des activités ludiques, des sorties et des fêtes à l'occasion des dates commémoratives.


5) Afin de vérifier l'impact du travail nous avons effectué une étude comparative des deux groupes d'enfants lors de leur entrée à l'école.

  • Selon les parents et les professeurs, les deux groupes d'enfants présentent des difficultés lors de leur entrée à l'école, mais celles-ci sont plus intenses, fréquentes et lentes à se résorber chez les enfants non stimulés.

  • Pour les parents des enfants qui ont bénéficié du service les difficultés se situent au niveau de l'adaptation au nouveau milieu (école), de la socialisation et au niveau moteur, mais celles ci se résorbent rapidement, les parents en prennent vite conscience et sont plus à même d'aider leurs enfants.

  • Pour les parents des enfants non stimulés les difficultés se situent au niveau de l'adaptation scolaire, de la socialisation et au niveau de l'habileté à réaliser les tâches scolaires. Elles sont plus fréquentes, plus intenses et aussi bien plus longues à se résorber.

  • Pour les professeurs les enfants suivis présentent des difficultés d'adaptation, de socialisation, de langage et des difficultés dans la réalisation des tâches scolaires. Les enfants non stimulés présentent ces mêmes difficultés alliées à une importante difficulté sur le plan affectif. Ce qui différencie les 2 groupes est ici aussi que pour les enfants non suivis les difficultés mettent beaucoup plus de temps à se résorber.

Cette étude confirme l'impact de l'activité sur le développement psychomoteur des enfants à court et long terme et nous conforte dans l'idée de l'importance d'un travail précoce en lien avec les parents, bien souvent démunis et isolés (nombreux sont les enfants de mères adolescentes) ainsi qu'avec les structures sanitaires et sociales. Si l'adaptation à un nouveau milieu reste la plupart du temps source d'angoisse et de frustration pour les jeunes enfants, ceux qui y ont été préparés sont bien plus vite à même de dépasser ces difficultés, de créer de nouveaux liens et de profiter de la richesse qu'une nouvelle ambiance scolaire (ou autre) peut leur apporter.

Nous espérons que ce travail pourra aider beaucoup d'enfants, tant dans notre pays, le Brésil, que dans d'autres endroits du monde.

GACC, Brésil
Karla Roberta Rocha de Lima
Responsable technique du travail de stimulation à Fortaleza
Veronica Maciel Ribeiro
Responsable du Projet en partenariat avec ESSOR, France

Traduction Essor / 0I.2001

 

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le GACC est le partenaire d'ESSOR dans l'état du Ceara au Brésil