D’une approche EHA à HAE

Ou pourquoi les questions d’amélioration des conditions d’hygiène et d’utilisation d’une latrine sont prioritaires ?

Inter Aide a réalisé de nombreux points d’eau depuis 1983 dans différentes zones du pays.

Le massif des  »Montagnes Noires » où Inter Aide est revenu aujourd’hui après une intervention entre 1990 et 2007, est une des zones de mornes les plus démHaïti EHA Juillet 2014 007unies d’Haïti. Les populations descendent d’anciens esclaves exploités dans les plantations des plaines et ayant trouvé refuge dans ces zones isolées (‘’marronage’’). De fait, il y règne un certain rejet et une certaine méfiance vis-à-vis de toute structuration sociale hiérarchique. Si la densité de population est forte, l’habitat est néanmoins dispersé et il s’agit plus de regroupements de foyers (lakou) que d’organisations villageoises à proprement parler. Tous les déplacements se font à pied et les distances entre communautés se comptent en 2 ou 3 heures de marche abruptes.

Par ailleurs, il s’agit d’un contexte à la géologie karstique où les sources d’eau ne sont pas rares mais le risque de contamination important du à une porosité entre surface et sous-sol.

Les programmes à l’époque se focalisaient sur la réalisation d’ouvrages hydrauliques, mais pour les raisons contextuelles évoquées, la stratégie a évolué vers une approche contractuelle et progressive pour plus d’appropriation et de pérennité des actions :

En effet, la priorité est mise sur l’assainissement de l’environnement : appuyer les familles pour la construction de latrines et l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène qui vont leur garantir un espace assaini et leur permettre de lutter contre les maladies diarrhéiques.

Ainsi, si les communautés font preuve de participation active aux ateliers de sensibilisation et adhèrent aux messages et pratiques, pourra alors se déclencher une phase suivante de collaboration qui est la réalisation d’un point d’eau aménagé – si cela fait partie des requêtes des communautés.

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L’engagement de la communauté est donc mesuré à chaque pas pour s’assurer qu’il s’agit d’une réelle adhésion et que les pré-requis pour la lutte contre les maladies hydriques sont atteints.

Voir également la fiche pratique suivante : www.interaide.org/pratiques/sites/default/files/ia_presentation_approche_hae_haiti_06-2014.pdf